INTRODUCTION
Depuis un demi-siècle seulement la question du chancre mixte préoccupe les syphiligraphes.
Ce n’est qu’en 1865 que Rollet, dans son Zraité des maladies vénériennes, en donna la première étude clinique magis-. trale à laquelle doit se reporter tout clinicien soucieux. de, suivre pas à pas les modifications d'aspect, de consistance que présente l’évolution du chancre mixte. Ce grand souci de précision que l’auteur s'attache à apporter à sa description prend ia valeur d’un véritable cri d'alarme. Mais celui-ci est à peine entendu et pendant longtemps cette variété d’ulcération est considérée commé une rareté. Certains livres classiques comme Les maladies vénériennes de Diday n'en fait même pas mention. Fournier dans son Traité de la syphilis écrit : « Pour mémoire seulement, je signalerai une difficulté de diagnostic des plus exceptionnelles, à savoir la coexistence possible du chancre syphilitique et du chancre simple sur un même sujet. en fait, cetle coïncidence est des plus rares ».
Sous l’infuence de la dernière guerre, la situation change du tout au tout. Au cours de celle-ci Gaucher à Paris, Payenneville à Rouen montrent par leurs statistiques, que le chancre mixte est une des choses les plus fréquentes. De là à dire que sous toute ulcération simple se cache la syphilis, il n’y avait qu’un pas à faire et nombre d'auteurs ont érigé en loi le traitement antisyphilitique de tout sujet porteur de
chancre mou.
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De deux maux, il faut bien entendu s'’efforcer à n’en choisir aucun, mais s’employer avant tout à prévenir les inconvénients que pourrait présenter soit une abstention criminelle, soit un traitement préventif prolongé et onéreux. Pour cela, 27 est indispensable que l'examen clinique le plus minutieux soit complété par des examens de laboratoire répétés et prolongés. Ce sont ces derniers points sur lesquels nous allons insister dans ces quelques pages.
Tout d’abord nous décrirons l’évolution la plus habituelle du chancre mixte et ses différentes formes cliniques. A,
Dans les chapitres suivants, nous nous efforcerons d’en établir le diagnostic en passant succinctement en revue les caractères propres à cette ulcération, qui sont souvent pour le clinicien la source de nombreuses erreurs. Aussi insisterons-nous sur le diagnostic bactériologique et sur la séroréaction indiquant surtout le mode et l'époque les plus opportuns pour les pratiquer. Enfin, c’est seulement en nous appuyant sur ces dernières données que nous instituerons ou non le traitement antisyphilitique.
Qu'il nous soit permis avant d'aborder notre sujet d’exprimer toute notre gratitude à M. le Docteur Hudelo pour les enseignements qu’il nous a si patiemment prodigués durant le temps où nous avons eu l'honneur d’être son externe et pour les conseils qu'il nous a si obligeamment donnés en vue de mener à bien notre thèse.
Nous tenons à remercier ici M. le docteur Montlaur, chef de laboratoire à l'Hôpital Saint-Louis, qui nous a donné l’idée de notre thèse et dont les précieuses indications, surtout en matière bactériologique, nous ont été d'un grand secours pour établir le plan de notre travail.
Nous saisissons avec un vif empressement l’occasion qui nous est donnée de dire à M. le docteur Darré, médecin de l'Hôpital Necker, combien nous lui sommes reconnaissant pour l’indulgence qu'il n’a cessé de nous témoigner au cours de cette dernière année de nos études et que nous lui sommes redevable du meilleur de nos connaissances cliniques et thérapeutiques.