‹ Contribution à l'étude du chancre mixte: Diagnostics clinique et bactériologique – Institution du traitementChapitre 7 sur 15 · PAU · texte numérisé non relu

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l'erreur de diagnostic consistera à attribuer à l’ensemble les caractères d’une des deux parties.

III. Etant donné la fréquence du phimosis au cours du chancre mixte, la forme simple, inflammatoire peut faire suspecter la syphilis où elle n'existe paset inversement le phimosis dur, scléreux, mais donnant issue à du pus et creusé d’ulcérations chancrelleuses dans les plis préputiaux peut être rapporté uniquement au chancre mou et laisser la syphilis ignorée. Ce sont de tels faits qui nuisentà ce précepte énoncé par certains auteurs : l’œil plus souvent et plus sûrement que le doigt doit conduire à faire le diagnostic.

IV. Nous avons dit que dans nombre de cas l’étude de l'adénopathie fournit un des meilleurs éléments de diagnostic cliniqueet il est toujours indispensable d'insister sur les étapes de la généralisation de l’adénopathie syphilitique, inguinale d'abord, puis cervicale, puis épitrochléenne, cette généralisation s’associant à l’adénopathie régionale chancrelleuse quand la lésion est mixte.

Cependantil n’est pas toujours simple d'affirmer cette adénopathie mixte dans la région inguinale, lorsqu'une même pléïade ou même un seul ganglion présentent les deux caractères chancrelleux et syphilitique.

De plus il est de règle de rencontrer chez les habitants des villes eten particulierchez les individus detempérament scrofuleux desganglions durs, mobiles, indolents qui ressemblent aux ganglions syphilitiques. La même remarque peut être faite chez les jeunes soldats où cette polyadénite latente est entretenue par des excoriations répétées. Le mélange de ces ganglions par exemple à ceux du chancre mou pourrait faire croire à l'adénopathie mixte du chancre mixte.

Ainsi en s'appuyant sur les seules données cliniques, aussi tranchées que puissent paraître leurs caractères, on ne peut poser d’une manière trréfutable le diagnostic. À plus forte raison hésilera-t-on à le faire lorsque lesmodifications cliniques ne se manifesteront que très incomplètement.

« Si les accidents étaient toujours précédés de modification dans l'aspect du chancre, disent Thibierge et Legrain, si celui-ci, après avoir offert le type classique du chancre simple,

avec ses bords décollés et sa base souple venait à l'expiration 4e la période d’incubation de la syphilis, à s’indurer, à se transformer en un chancre huntérien plus ou moins net, le diagnostic du chancre mixte ne présenterait que peu de diffi- -cultés. »

Et ces auteurs montrent que même en observant avec précaution et avec suite les malades, en recherchant systématiquement l’induration de la base et le retentissement ganglionnaire, on ne parvient à trouver aucune modification. Les accidents secondaires éclosent inopinément au bout de quelques semaines et le malade a perdu le bénéfice qu’il eût retiré d’un traitement précoce.

Don: pour diagnostiquer de facon certaine et soigner effi-

cacement les chances, il faut en connaître dans le pius bref

délai l'agent pathogène, et seul un examen bactériologique

direct des ulcérations peut fournir immédiatement cette donnée fondamentale,

Mais avant d'entreprendre le diagnostic bactériologique, il est indispensable de faire remarquer que celui-ci peut être gèné par tout traitement général ou local. Par conséquent, tant que l’examen bactériologique n’a pas été fait, ne jamais traiter une ulcération génitale autrement que par des soins de propreté (pansements humides décongestionnant aux compresses d’eau bouillie par exemple) et cet examen devra être fait dans le plus bref délai.

Enfin, des prélèvements multiples doivent être faits au niveau de toutes les lésions suspectes malgré leur aspect clinique identique. Il ne faut pas s’exposer, en effet, en cas de chancres multiples, à laisser en dehors de cet examen celui des chancres qui sera précisément le mixte, les autres a’étant que de simples chancrelles.

P. Ledrain 2

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