‹ Contribution à l'étude du chancre mixte: Diagnostics clinique et bactériologique – Institution du traitementChapitre 6 sur 15 · D, TOR · texte numérisé non relu

D, TOR

mou, de rencontrer plusieurs ulcérations des parties génitales et de toute autre partie du corps.

A ce sujet deux éventualités sont à envisager. Ou bien le malade présentera plusieurs ulcérations dont les unes ressor-

tissent à la syphilis, les autres à la chancrelle ou bien on

constatera plusieurs ulcérations avec ou sans bubon suppuré et où existe l'association Ducrey-Tréponèmes.

Nous saisissons l’occasion de faire remarquer que la mul-. tiplicité du chancre est loin d’exclure l'origine syphilitique car

il arrive fréquemment, une fois sur cinq, que sur des parties préalablement infectées, par des piqûres de parasites par exemple, se développent plusieurs chancres syphilitiques.

III. D'après le contage. — Le tableau clinique se trouve également modifié et quelquefois bouleversé lorsque le chancre mixte est produit par deux confagions successives.

Un individu à la suite d’une première contagion contracte un chancre simple, ou bien un chancre induré. A la suite d’un nouveau contact peut survenir chez ce malade une nouvelle contagion différente de la première :

4° C’est ainsi que le chancre mou peut s’inoculer pendant la période d'incubation du chancre syphilitique, ce qui rend possible l’éclosion simultanée des deux chancres ;

20 Ou bien l'accident primitif évoluait lorsque le malade a contracté la chancrelle. ce qui est fréquent étant donné que le coït n’est pas douloureux dans le cas envisagé ;

3° Ou bien enfin la syphilis s’inocule, sur un ou plusieurs chancres mous préexistants et les signes de syphilisation apparaissent d'autant plus tardivement que la deuxième contagion est plus éloignée de la première. Ce dernier cas est beaucoup moins fréquent que le précédent, étant donné que l'individu éprouvera de la douleur à pratiquer le coït.

Diagnostic clinique

D'après ce que nous venons de voir, les signes qui permettent de soupçonner la syphilis masquée par un chancre mou seront :/nduration el bourrelet induré ; Phimosis, adénopathie caractéristique.

MS

Cependant s’ils semblent traduire d'une façon si nette les

caractères mixtes de notre chancre, ces symptômes peuvent être cliniquement la source de nombreuses erreurs.

L. L'induration est un signe inconstant, non caractéristique car il manque, comme nous l'avons vu dans certains chancres mixtes. D'autre part il peut exister dans le chancre mou simple en diverses circonstances. C'est ainsi qu’à la suite d'irritations mécaniques, de frottements, de caulérisations médicamenteuses (calomel, iodoforme, teinture d’iode. bismuth, etc..….), le chancre mou présente une base indurée, caractéristique et l’on sait combien d’ulcérations de ce genre peuvent en imposer pour un chancre induré.

De plus, il est bon d’être mis en garde contre les formes papuleuses et nobulaire du chancre mou étudiées par Ferrand.

Ges deux variétés siègent habituellementdans la région balano-

préputiale et ont toutes les apparences du chancre induré. Le chancre primitivement ulcéreux bourgeonne et atteint

la hauteur des bords pour constituer vers la troisième ou.

quatrième semaine un plateau nummulaire ou discoïde en saillie de forme irrégulière, de couleur jaune bistre, sans bords apperents, avec une base qui peut être ferme. C'est la forme papuleuse.

La confusion devient à peu près inévitable lorsque, par suite de sa tendance spontanée à la cicatrisation, l’ulcération chancrelleuse n’est plus évidente et conserve seulement une consistance nodulaire qui la fait considérer et traiter comme un chancre syphilitique.

Il peut arriver encore que l’induration conserve quelques traits de la physionomie des chancrelles et que la dureté et la limitation de la base soient alors interprétées comme une preuve de syphilisation secondaire.

Il. Quant au bourrelet induré, il encercle l’ulcération sur la totalité ou sur une partie de son pourtour, S'il est étroit, il se réduità un anneau encerclant tout ou partiedu chancre;s'il est large, le chancre a deux parties, l’une ordinairement exulcérée, saillante, d’apect syphilitique ; l'autre ulcérée suppurante, d'aspect chancrelleux. Il semble que l’on soit eu présence de deux chancres de nature différente accolés l’un à l’autre et

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