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C'est probablement aussi l'absence de congestion qui fait que ce sommeil est si anodin, si calme et suivi d'un réveil aussi simple dans sessuiteset ses caractères.
Action sur la respiration.
Nous avons expérimenté sur un jeune chien pesant 18 kilos. A l'exemple de M. Guinard, nous lui avons injecté une solution d'apocodéine dans laquelle entrait 0 gr.65 centigrammes de principe actif. Trois minutes après l'injection, les mouvements respiratoires étaient de 30 à la minute, alors qu'avant l'injection, ils étaient de 16 en le même laps de temps. Cette accélération a duré sept minutes, puis a commencé à s’éteindre pour faire place à un ralentissement s’accentuant de plus en plus, de telle sorte qu’à la 25e minute, les mouvements respiratoires n'étaient plus que de 6. À ce moment l’animal était complètement endormi.
Nous voyons donc qu’au début, les mouvements respiratoires sont accélérés, mais qu’on observe bientôt un ralentissement qui atteint son maximum, lorsque le sujet en expérience est complètement endormi.
Action sur la température.
Lorsqu'on apocodéinise un animal, il est facile de voir, en comparant les températures prises avant et après l'injection, un abaissement assez considérable de la température. On constate, en effet, une différence de 1°5 environ.
Voici, du reste, quelques résultats de nos expériences ;
Avant, Après. Différence, SIL hicaienes TRS Pa de 1°2 3806 STE nas 1°4 AS A 3801 102 Im RAM 3703 19 et RS RE ER AT RARE NE ve 1°9 pus 6 RS RES 13
En faisant une moyenne des différences, nous obtenons le chiffre de 1°4, équivalent à un abaissement de température assez.considérable.
Pour nous mettre à l'abri d’une cause d'erreur, nous avons cherché si un chien simplement endormi, ou seulement en état d'immobiliié absolue, n’accuse pas une baisse de température. Nous avons vu seulement, dans ces cas, un abaissement moyen de 6 dixièmes. Il faut que nous disions cependant que nous opérions sur des chiens habitués à souffrir sur les tables de laboratoire et que leur repos n'était peut-être que relatif.
L'immobilité n’est donc pas le seul facteur de cet abaissement de la température; nous admettrions plutôt les deux autres causes que cite M. Guinard, c'est-à-dire : 1° le ralentissement du cœur et de la res-
piration; 2% Ja modération légère que subissent les
combustions intra-organiques.
Cette dernière cause peut être mise en évidence par la discussion du résultat des expériences de M. Gui-
nard relatives aux modifications dans les échanges gazeux,
Action sur les échanges gazeux.
Expérience A. — Chien, race commune, 18 kilos, température avant l'expérience 39°3.On récolte les gaz d'expiration et on extrait les gaz d’une prise de 25 c. c. de sang faite dans la jugulaire.
On injecte O gr.60 centigrammes dechlorhydrate d’apocodéine sous la peau.Après 7 ou 8 minutes,les effets habituels se manifestent et, au bout de peu de temps, le sujet est plongé dans un sommeil très calme.
Une heure après le début de l’expérience, la température est tombée à 37°2, On récolte les gaz expirés, et on fait une-nouvelle prise de sang, duquel on extrait, de nouveau, les gaz. (Voir le tableau ci-dessous.)
Expérience B.— Chien de berger, 20 kilos. Injection de Ogr.65 centigrammes d’apocodéine,;sous lapeau.On se livre aux mêmes investigations. (Voir ci-dessous.)
La température de ce chien est descendue jusqu’à 87°3 mais, quatre heures environ après le début de
‘l'expérience, elle est remontée à 37° et a continué sa marche ascensionnelle pendant que l'animal revenait à son état normal.
(Expérience À.)
Gaz expirés pour 100 C. c. Proportion d'oxygène et de gaz. d'acide carbonique pour 100 vol, de sang.
avant, C0 RAS vant, :
PUS PPT LAS SERRE TN 23,6 POS RD ue 49,6 Après.
(A SENS TPS LAS ER En 24,0
D 0Gee
(Expérience B.)
FR AS COR ET M ne 44,8 PER QE Er RS Rare à 21,2 ANS Co 9:78 ma 48,8 après. Gt A PE SE 22,8
Ces deux expériences nous apprennent, en somme, que, sous l'influence d’une injection de chlorhydrate d'apocodéine chez le chien, à dose somnifère, la température baisse progressivement et que, parallèlement, diminue la quantité d’acide carbonique rejeté par l'expiration et la proportion d'oxygène absorbé par le poumon. Dans les mêmes conditions on voit augmenter la proportion d'oxygène et d’acide carbonique,
contenus dans le sang veineux et aussi s'élever le
rapport Le qui de 1,96 passe à 1,98 dans l’expé-
rience A et de 2,11 à 2,14 dans l'expérience B.
Dès le début, les résultats sont fort embarrassants. car on s’atitend, au contraire, à voir diminuer la pro-
portion des gaz du sang. Il semble illogique de voir. . Mais on trouve dans la thèse
s'élever le rapport
de M. Arloing, sur les anesthésiques, au chapitre de l'hypnose par le chloral, des faits ayant une grande analogie avec ceux rapportés plus haut.
Pendant l'hypnose chloralique, comme pendant le sommeil apocodéique, il y a augmentation de la quantité d'oxygène et d’acide carbonique, ainsi que du rap-
CO* port Oo . On peut donc dire qu’ily a une différence
bien tranchée dans la proportion d'acide carbonique et d'oxygène, contenue d’une part dans le sang des animaux anesthésiés, d’autre part, dans le sang des sujets simplement soumis à l'action des hypnotiques.
Action sur le système nerveux.
À l'exemple de M. Guinard, nous avons pris des grenouilles comme sujets d'expérience.
Il faut d’abord reconnaître que la grenouille est particulièrement résistante à l’action de l'apocodéine, Au début de nos expériences, non prévenu de ce fait, nous calculions la quantité de médicament à injecter d’après le poids de l'animal. Une grenouille pesant 90 grammes environ, c’est-à-dire un vingtième de kilogramme, devait recevoir le vingtième de la quantité normale pour un kilogramme d’animal : 0 gr, 025/20, soitO gr. 00125. Lorsque nous injections cette quantité si faible, nous n’obtenions qu'une parésie à peine sensible et limitée au membre ponctionné, encore pouvait-cn mellre ce léger trouble sur le compte. de l’œdème produit par la piqûre. Il nous a fallu augmenter progressivement la dose et atteindre le. chiffre de Ogr.10 centigrammes par kilo, représentant Ogr. 005 de chlorhydrate d’apocodéine par grenouille, pour obtenir des effets susceptibles d’être étudiées.
Si on pratique cette injection, on voit, au bout de deux ou trois minutes, une parésie du membre piqué.
‘Le pincement du train postérieur ne détermine pas de secousses aussi violentes, mais seulement quelques
contractions brusques. L'animal progresse, en laissant en arrière le membre injecté seul d’abord, le train postérieur tout entier, ensuite. Si on pique ce dernier, ce n’est qu’à la deuxième ou troisième piqûre, que la grenouille réagit, et replie sous elle ses pattes étalées.
Enfin, au bout de quelques minutes,ces mouvements disparaissent eux-mêmes, et on voit alors la grenouille rester dans les positions les plus anormales qu'on veut lui donner. Les paupières sont abaissées; l’insensibilité de la cornée est complète; l’animal est dans le sommeil le plus profond.
Pour étudier la part qui revenait au cerveau dans cette action sur le système nerveux, nous avons répété l'expérience de M. Guinard, qui consiste à éliminer les centres nerveux par une opération facilement réalisable : la décapitation.
Nous avons vu une légère modification dans l’action de l’apocodéine : les grenouilles ainsi mutilées étaient encore plus résistantes que les grenouilles intactes, et lorsque la parésie apparaissait chez les secondes, on ne voyait encore, chez les premières, aucune différence dans la sensibilité générale. Il fallait, pour obtenir un effet sensible, des doses plus fortes de médicament,.
Nous pouvons nous résumer en disant que l’apocodéine a, sur le système nerveux, une action surtout déprimante et que cette action se fait par le cerveau.
Action sur le péristaltisme intestinal.
L’apocodéine exagère le péristaltisme intestinal.
M. Guinard a pu l’étudier directement, en ouvrant l'abdomen à des lapins et à des chiens, mettant les intestins à découvert et suivant ainsi, pas à pas, les différentes phases de la modification produite par le médicament. Il a constaté que « l’exagération du péristaltisme avait une grande importance, qu’elle se produisait presque immédiatement après l'injection veineuse; plus lente, et plus modérée après l'injection hypodermique. » Ces mouvements péristaltiques persistent encore après la mort.
On peut voir, de plus, une hypersécrétion intestinale assez considérable, en rapport avec l'effet qu’a l’apocodéine sur tout le système glandulaire. Nous voyons de même une hypersécrétion salivaire, très nette (surtout chez le chat). Si on sépare une anse intestinale entre deux ligatures, on voit, après une injection d'apocodéine, cette partie s’emplir d’un liquide intestinal abondant.
L'action de l’apocodéine sur le péristaltisme se fait sans doute par l'intermédiaire des centres ganglionnaires.
Voici ce qu’en disait M. le professeur Dixon, dans une communication publiée dans le Britisch Medical du 18 octobre 1902.
Cette action ne se fait pas par la voie des centres supérieurs puisqu’elle apparaît même après la section du vague et de la corde. Elle ne se fait pas non plus
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par les extrémités nerveuses, puisque, par une application directe sur les intestins vivants, on arrête les mouvements de ces derniers. L'apocodéine doit donc agir sur les centres ganglionnaires. Pour le prouver, on peut paralyser, par exemple, le ganglion supérieur soit par une injection, soit, plus simplement, par un badigeonnage direct de sa surface avec de l’apocodéine en solution diluée. L’excitation, par ce procédé, des fibres nerveuses aboutissant à ce ganglion, ne donne rien, alors que l’excitation des fibres centrifuges donne les résultats ordinaires : effet sur la pupille, sur Ja glande salivaire.... D'autre part, la paralysie n’atteint pas les neurones sécréloires, puisqu'’une injection de pilocarpine donne une augmentation de la secrélion. k Ce qu’il y a de très curieux, c'est l’opposilion de l'apocodéine vis-à-vis de la nicotine. Si on injecte une solution de nicotine, sous la peau d’un animal préalablement apocodéinisé, on n’observe ni vasoconstriction, ni augmentalion de pression sanguine, ni inhibition de mouvements péristaltiques. Or, nous savons que la nicotine agit sur les cellules ganglionnaires; l’apocodéine, ayant une action absolument opposée en tous points, doit agir sur ces mêmes cellules.
Quel que soit le mécanisme de son action, nous devons surtout retenir que l’apocodéine exagère le péristallisme intestinal.