DRE RS
Mais à cela encore nous pouvons répondre:
19 Si l’action du chlorhydrate d'apocodéine avait été ainsi renforcée par l’action morale de ces Messieurs, sur leurs malades, comment expliquer les neuf résultats négatifs sur 34 observés ?
20 M. Toy, injectant le chlorhydrate d'apocodéine à des agités, ne leur disait pas que ce médicament allait les purger, et pourtant M. Toy rapporte qu'il a toujours obtenu tune ou plusieurs selles;
30 Nous-même nous avons généralement dit à nos malades que l'injection que nous leur faisions était faite pour les purger; et nous n'avons pas eu de nombreux succès; de plus, dans deux cas bien typiques (observations XX, XXIV) où nous n'avons rien dit à nos malades, le chlorhydrate d’apocodéine a agi.
Que penser alors?
Nous ne mettons pas en doute les résultats obtenus par M. le professeur Combemale et par ses élèves, MM. Raviart et Bertin: nous nous contentons simplement de publier les observations que nous avons faites, et nous ne pouvons nous empêcher d’'avouer qu'au début de nos expériences, nous fûmes très surpris, ému même, en n’obtenant pas les mêémes résultats qu'à Lille.
SM Vu
CHSPIRT VI
Conclusions
En présence des résultats obtenus par nous (6 succès sur 38 expériences), que devons-nous dire pour conclure sur le chlorhydrate d’apocodéine comme laxatif?
Il est évident que nous devons tenir compte des publications et communications de M. Combemale et de ses élèves, et également de celles de M. Toy. Nous ne pouvons qu’accepter en partie ce qu'écrivaient MM. Raviart et Bertin: « cette » action si caractérisée (action consistant dans l'augmentation » des mouvements péristaltiques intestinaux, et l’hypersécré- » tion glandulaire) laissait supposer que le chlorhydrate d’a- » pocodéine agirait efficacement à doses faibles contre la » constipation, la stagnation des matières fécales étant due » à l’atonie de la tunique intestinale musculaire aussi bien » qu à l'insuffisance des sécrétions glandulaires, quand les » deux causes réunies n’entrent point en jeu. »
Nous-même, nous avons pu constater l'effet véritablement laxatif, purgatif même, de notre solution de chlorhydrate d’apocodéine chez la malade de l'observation XXXIII, qui était très constipée et qui nous disait qu’elle était rebelle à tous les laxatifs.
É\yAd tee
D'un autre côté nos succès sont bien peu nombreux; 6 sur 88: et si nous ne nous basions que là-dessus, nous devrions être très sévère pour le chlorhydrate d’apocodéine comm laxatif.
Cependant, comme dans toutes choses, la vérité nous semble être dans le juste milieu et nous pouvons dire que le chlorhydrate d’apocodéine possède certaines propriétés évacuantes qui agissent chez les uns, et qui n’ont aucun effet sur d’autres sujets. Nous ne serions pas d'avis de laisser complètement de côté ce médicament comme laxalif ; en plus de l'avantage qu'il offre de pouvoir être donné en injection hypodermique, il ne présente aucun danger et nous a donné un véritable résultat dans l'observation XXXIII déjà citée.
Donc, nous concluons en disant: |
I — Que le chlorhydrate d’apocodéine donné en injection hypodermique nous semble, dans une certaine mesure, très petite d’ailleurs, posséder des propriétés laxatives, méme purgatives;
II. — Qu'ainsi il peut être administré sans le moindre danger et sans presque aucune douleur;
IIT. — Qu'on peut l'injecter de préférence à la dose de deux centigrammes, c'est-à-dire qu'on peut injecter deux centimètres cubes d’une solution à 1 pour, 100;
IV. — Que cette injection doit être hypodermique, et qu’il est inutile de la faire dans le tissu musculaire;
V. — Que le chlorhydrate d’apocodéine ainsi injecté n’a aucune action émétique et qu'il ne modifie nullement ni le pouls ni la respiration.
En terminant ce modeste travail, nous formulons ce désir que de nouvelles études soient entreprises sur le chlorhy-