‹ Contribution A L'étude Du Chlorhydrate De Cocaine Au Point De Vue De Ses Actions Physiologiques Et ThérapeutiquesChapitre 19 sur 29 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Action sur la muqueuse uréthrale

L’analgésie de l’œil par la cocaïne étant un fait démontré, on n’a pas tardé à rechercher cette même action sur les différentes muqueuses, eten particulier sur la muqueuse uréthrale. Je dois à la bienveillance de M. le professeur Dubrueil d’avoir pu recueillir dans son service quelques observations à ce sujet. Les faits de ce genre étant relativement peu nombreux, je rapporterai exactement toutes les observations que j’ai pu réunir à Phôpital Saint-Éloi.

Obs. X. Spasme uréthral, miction volontaire impossible ; instillations de cocaïne. Guérison. — Émilie F..... -., vingt et un ans, née de parents jouissant d’une bonne santé, a des frèreset des sœurs égalementbhbien portants. Interrogée sur ses antécédents morbides, elle dit avoir toujours joui d’une bonne santé. Toutefois certains détails donnés par la malade démontrent l'existence d’un tempérament lymphatique reposant sur un terrain scrofuleux. Elle esttrès-impressionnable. Il y adix-huit mois environ, Émilie F.... s’effraye à la vue d'une lampe qui s’enflamme dans ses mains, et à dater de ce moment la miction volontaire devient impossible. La malade ne peut indiquer le traitement qu’elle à suivi alors ; elle dit avoir fait beaucoup de remèdes, et toujours sans résultat. Elle est obligée de se faire sonder chaque fois qu’elle veut uriner. Cet état dure quatre mois, puis disparaît brusquement.

Elle était revenue à son état normal, lorsqu'il y a quelque temps, après une nouvelle frayeur, les mêmes accidents reparaissent; c’est alors qu’elle se décide à entrer à l'hôpital, le 27 février 1885. L'état général est assez bon ; mais, la malade paraissant débilitée, on prescrit des toniques et de la pepsine. La miction

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volontaire est absolument impossible, et le cathétérisme est nécessaire chaque fois que la malade veut uriner.

Le 6 mars, M. le professeur Dubrueil fit faire dans l’urèthre une instillation de dix gouttes de chlorhydrate de cocaïne à 2 p.100. L’injection fut faite à 4 h. du soir. Quelques instants après, la malade, à son grand étonnement, urina volontairement avec facilité.

Les 7, 8,9 mars, une instillation par jour semblable à la première. La ma-

lade est tout à fait bien; elle sort de l'hôpital très-étonnée, dit-elle, d’être guérie si vite.

Obs. XI.— Cystite du col; instil. de cocaïne. Guérison.— L.... vingt-quatre ans, soldat au 2° génie, entré le 28 février 1885. L. a ses parents qui jouissent actuellement d'une bonne santé. Jusqu'à l’âge de quinze ans, le malade dit avoir eu des mictions involontaires pendant la nuit. En 1880, blennorrhagie qui a disparu assez rapidement, et depuis cette époque il n’y à pas eu d’autres accidents du côté des voies urinaires. Il y à cinq à six mois, L... s'aperçut qu’il urinait plus souvent et quelquefois involontairement; il n’y prit pas garde et continua son service. Mais, le mal augmentant, il s’est décidé à entrer à l'hopital.

Au moment de son entrée dans le service de M. le professeur Dubrueil, le malade urine à tout instant, plus de 50 fois par jour, dit-il; le besoin est impérieux, si bien qu'il lui arrive fréquemment de souiller ses pantalons ou ses draps.

Le 1° mars, on fait une tentative de cathétérisme qui ne peut aboutir, le malade étant pris d’un violent spasme de l’urèthre. Ce spasme siége plus particulièrement sur le col de la vessie.

Le? mars, nouvelle tentative de cathétérisme aussi infructueuse que la veille; le malade pousse des cris. A 9 h., instillation avec la sonde à olive et la seringue de Guyon de X gouttes de cocaïne à 2 p. 100. 13 minutes après, le cathétérisme est encore essayé sans résultats; on prescrit un suppositoire avec 0,08 d'extrait de belladone. Le soir à 4 h., instill. de X gouttes de la solution de cocaïne.

3 mars. — Le malade dit n’avoir plus éprouvé de douleurs en urinant, après l’instillation ;aite à 4 heures. A dater de ce moment, il n’a plus uriné involontairement; le matin, le lit n’est pas mouillé. On renouvelle matin et soir l'injection de X gouttes de cocaïne.

4 mars. — Le malade se trouve beaucoup mieux ; plus de mictions involontaires ; il n’a uriné que 3 à 4 fois dans toute la journée. Inject. matin et soir, id.

5 et 6 mars. — Le mieux persiste. On continue les instillations.

7.— Le malade ne perd plus ses urines. Le cathétérisme, autrefois impossisible, est pratiqué très-facilement, sans amener aucune douleur. On supprime la cocaine.

Le malade reste ainsi dans un état très-satisfaisant jusqu’au 21. Ce jour-là,

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le malade ayant uriné un peu plus souvent, on reprend les instillations de cocaïne pendant deux jours.

Après cela, L... reste encore dans les salles jusqu'au 7 avril ; sa guérison ne s'est pas démentie un seul instant.

Obs. XII.— Cystite blennorrhagique. Amélioration.— R..., vingt-huit ans, entre à l'hôpital le 8 avril. Il y a un an, a eu une blennorrhagie avec orchite. Depuis, a commis des excès vénériens. Au moment de son entrée à l’hôpital,le malade a de la pollakiurie ; les mictions sont très-douloureuses, surtout à la fin.

9 avril. — On essaye de faire une instillation de cocaïne ; mais le malade, effrayé à l’aspect de la sonde, s’agite et rend toute intervention impossible.

10.— Le malade, plus raisonnable, reste tranquille, et on injecte 10 à 12 gouttes de la sol. à 2 p. 100, au niveau de la région prostatique.

11. — Le malade est enchanté : il a passé une bonne journée, a uriné beaucoup moins souvent et sans douleur.

On fait encore quelques injections, et, le 21 avril, le malade sort de l'hôpital, malgré les avis du chef de service. Il n’est pas guéri, mais il y a une amélioration sensible. À

Obs. XIII. — Cystite blennorrhagique, tuberculeuse (?). Améhoration. — D..., trente-neuf ans, entre à l'hôpital le 24 mars. Ses parents, dit-il, sont bien por= tants. Lui-même est pâle, amaigri.

Antécédents personnels : rhumatisme, syphilis, blennorrhagies.

Il y a six mois, a eu un rétrécissement qui a disparu après plusieurs jours de cathétérisme. Actuellement, D... urine très-souvent, surtout pendant la nuit; il souffre beaucoup à la fin de la miction. La marche augmente la pollakiurie et la douleur. Pas de mictions involontaires.

29 mars. — Instill. de XVI gouttes de la sol. à 2 p. 100 de cocaïne.

26.— Le malade déclare avoir passé la veille une bonne journée ; il à uriné moins souvent et la douleur est moins forte. Nouvelle instill.

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