PS EU
M. Terrier lit une communication de M. Dransart, dans laquelle ce dernier propose d’associer la cocaïne au chloroforme, et rapporte plusieurs observations à l’appui. Je cite ces faits sans y insister, n’ayant pu recueillir d'observations analogues.
Il est, enfin, un dernier point que je tiens à signaler. Plusieurs auteurs, parmi lesquels Galezowski (Congrès de chirurgie, séance du 7 avril 4885), ont prétendu que la cocaïne avait une action fâcheuse sur les suites de l'opération de cataracte. Les uns ont pensé que cet agent avait une propriêté septique particulière, qui serait une cause directe de suppuration. Je crois avoir suffisamment démontré l'absence de cette action septique; aussi je n’y reviendrai pas. D’autres, etentre autres M. Ball, de New-York, se demandent si cette suppuration ne serait pas due à l’ischémie produite par la cocaïne. Il ya encore dans cette interprétation des faits une exagération évidente. La cocaïne produit bien en effet de l’ischémie, mais cette action est passagère, et ce n’est pas en 20 minutes que pourra se déclarer une gangrène des lambeaux. Enfin M. Galezowski aurait constaté la persistance de l’analgésie pendant cinq ou six jours, et il admet que cette insensibilité, favorisant la nécrose partielle du tissu cornéen, apporte une entrave à la cicatrisation et empêche la réunion primitive de la plaie cornéenne. Dans la même séance, M. Panas s’est élevé très-vivement contre cette théorie de Galezowski, et je crois qu’il a eu raison. Personne, en effet, n’a constaté cette persistance de l’analgésie, et, à moins de circonstances toutes particulières, il est très-étonnant qu’un pareil fait ait pu se produire, étant donnée la fugacité des actions de la cocaïne.
Au demeurant, toutes ces discussions sont un peu oiseuses, et elles ne sauraient avoir de raison d’être que si l’on démontrait d’abord que, depuis l'emploi de la cocaïne, les cas de suppuration des yeux opérés ont augmenté dans des proportions notables. Cette démonstration n’est pas encore faite, que je sache, et, si j'en juge par les faits que j’ai eus sous les yeux, il est douteux qu’on la fasse jamais. Ce qu’il faut surtout proscrire des salles d’ophthalmologie, ce n’est pas la cocaïne,
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mais bien ces mille objets imprégnés d’agents septiques, et qui, appliqués sur les yeux sous forme de compresses ou de bandeaux, déterminent presque fatalement ces phlegmons de l’œilqu’on n’observe que trop souventdans nos hôpitaux.