‹ Contribution A L'étude Du Chlorhydrate De Cocaine Au Point De Vue De Ses Actions Physiologiques Et ThérapeutiquesChapitre 27 sur 29 · D VERTE · texte numérisé non relu

D VERTE

des proportions très-considérables. L’antipyrine n’a aucune action sur l’hyperthermie produite par la cocaïne.

9° La cocaïne analgésie localement les muqueuses ; elle n’a aucune action sur la peau saine et sans éraillures. La cocaïne rentre dans la catégorie des anesthésiques dépresseurs de la sensibilité et excitateurs de la motilité. Elle paraît se rapprocher beaucoup de la strychnine.

En injections hypodermiques, la cocaïne, à la dose de 0,01 cent., produit une analgésie très-manifeste, variable suivant les sujets.

6° La cocaïne à une action réelle sur les fermentations, qu’elle retarde. Son action antizymasique est dix fois moindre que celle de la créosote et de l’acide phénique, toutes choses égales d’ailleurs.

THÉRAPEUTIQUE. — 4° L'action anaigésiante de la cocaïne est la seule utilisée en thérapeutique.

2° Toutes les muqueuses sont analgésiées ; la dose seule varie, avec les organes, pour obtenir un même degré d’analgésie.

3° Quelques gouttes d’une solution à 2 p. 100 suffisent pour anal sier la partie superficielle de l'œil.

4 Pour obtenir le même résultat sur l'iris, il faut faire des instilla-

tions successives toutes les 5 minutes, pendant les 20 minutés qui précèdent l'opération.

5° L’action analgésiante de la cocaïne sur l’œil enflammé est discutable.

6o L’action mydriatique de la cocaïne n’existe probablement pas, et, quand elle se produit, c’est que la cocaïne employée n’est pas pure.

7° La cocaïne n’a aucune action fâcheuse sur les suites des opérations pratiquées sur les yeux.

8° La muqueuse uréthrale est analgésiée par la cocaïne: des solutions à2 p. 100 sont ordinairement suffisantes pour cela.

9 Sous l'influence de cette analgésie, les spasmes et contractures disparaissent, et le cathétérisme est rendu beaucoup plus facile.

40° La cocaïne ne paraît pas devoir empêcher les accès de fièvre survenant quelquefois après le cathétérisme.

41° Pour obtenir l’analgésie des muqueuses de l’oreille et du nez, il faut employer des solutions à 15 et 20 p. 100.

ACS

12° Pour la bouche, les solutions peuvent varier : 40 à 15 p.100 pour le palais, 5 et 10 p. 100 pour l’arrière-bouche, 2 et 3 p. 100 pour le plancher de la bouche.

13° Les pulvérisations de cocaïne ont produit quelques effets de suffocation.

14 Les badigeonnages de cocaïne sont très-utiles dans les dysphagies ayant pour cause des ulcérations du pharynx. Mais il faut surveiller leur emploi.

45° Pour l’anus, il faut des solutions assez fortes : 5 et 10 p. 100.

16° Des solutions à 2 p. 400 sont suffisantes pour la muqueuse vulvovaginale, dans les cas de vaginisme.

17% Le col de l’utérus est analgésié par des solutions très-fortes : 20 p. 100.

480 Avec des solutions à 4 p. 100, on obtient une analgésie moins forte, mais qu’on pourrait utiliser pour diminuer les douleurs de laccouchement.

19 La cocaïne agit sur la peau dénuée d’épiderme comme sur les muqueuses. Cette action a été utilisée avec succès dans les gerçures du sein.

20° L’analgésie produite par des injections sous-cutanées de cocaïne peut être très-utile pour certaines opérations peu étendues et portant sur des organes limités : opération du phimosis, par exemple.

21° La cocaïne calme pour un certain temps les vomissements de nature hystérique. L'emploi de la cocaïne doit être surveillé de près chez les névropathes.

22 A doses thérapeutiques, la cocaïne n’a aucun effet nuisible.

23° Quand on l’administre par la voie hypodermique, il faut tenir grand compte de la susceptibilité particulière du malade vis-à-vis de cet alcaloïde, et commencer par tâter le terrain.

Le Président censeur, Vu et bon à hnprimer : GRASSET.

Le Doyen, A. CASTAN.

Vu et permis d'imprimer :

Le Recteur de l'Académie, correspondant de l’Institut,

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