CHAPITRE II
Action sur la température
L'action du chlorhydrate de cocaïne sur la température a été bien étudiée par MM. Laborde, Vulpian, Arloing, et, depuis, aucun fait nouveau n’est venu modifier les opinions émises par ces auteurs. Je passerai donc assez rapidement sur cette question envisagée dans son point de vue le plus général, et j’insisterai un peu plus sur l’étude de la température après injection simultanée de quelques-uns des agents dont j'ai étudié plus haut l’action antagoniste sur la cocaïne.
Je donnerai en premier lieu le détail des expériences, réservant pour la fin la critique des faits qu’elles renferment.
Exp. XX1V. Chien P. 18 k. 500. — Temp. initiale 394. 1 h. 3, inj. hyp. de 0,06 de cocaïne. 1 h. 50, T. 890 4; 2 h. 14, T. 39 5; 2 h. 81, T. 39° 5; 3 h. 40, T. 39 5: 4h. 17,T. 3904.
Exp. XXV. Chien id. — Temp. initiale 394. 1 h. 42, inj. hypod. de 0,06 de cocaïne. 2 h., T. 39,8; 2 h. 23, T. 3907; 2 h. 49, T. 3906; 3 h. 48, T. 396; 4h. 15, : T. 3906.
Exp. XXVI. Chien P. 16 k. — Temp. initiale 39°6. 1h 51, inj. hyp. de 0,06 de cocaïne. 2h, 12, T. 39°7; 2h. 34, T. 400; 4h., T. 398; 4h. 40, TC... 39°7«
Exp. XXVII. Chien P. 18 k. 500. — Temp. initiale 392. 1 h. 7, inj. hyp. de 0,12 de cocaïne. Lh. 31, T. 398 ; 1h, 53, T. 40; 2h. 15,, T. 39°9; 3 h. 16, qe 3909 8H: AS UT 899 M he e0 TT. 3977
Exp. XX VIII. Chien P. 16 k.— Temp. initiale 38°7. 1 h., inj. hyp. de 0,06 de cocaïne. L h. 15, T. 388: 1h. 53, T. 398; 8 h. 10, T. 40°]; 4 h. 16, T>; 39°9:
Exp. XXIX. Chien P. 14 k. 500. — Temp. initiale 3%. 1h. 7, inj. hyp. de 0,06 de cocaïne: Lh135, T.140°: 1h, 53 °T. 40°; 5h12, 5908:
Exp. XXX. Chien P. 10 k. 200. — Temp. initiale 394. 1 h. 21, inj. hyp. de 0,06 de cocaïne; 1 h. 30, il a un peu d'inquiétude, agitation; 1 h. 40,T. 40°7; 1h57 0.408; 2-h 20, 741122 h 59,7. 4007; 3h40 TT 4A0EP 4 ne 20; He A0 5 D MOMDA0S"
Dans sa thèse inaugurale(Montpellier, 14 février 1885), mon excellent ami le docteur Nègre, résumant le résultat de ses recherches relatives à l’action de la cocaïne sur la température, écrit cette phrase «...……. ce qui indiquerait, dit-1l, qu’à faible dose la cocaïne augmente la température, pour la faire baisser au contraire quand elle est administrée à haute dose. » Les expériences rapportées ci-dessus combattent formellement ces conclusions. Au fond il n’y a rien d'étonnant: le docteur Nègre conclut de six expériences dont trois chez le singe, et j'ai déjà dit combien les résultats étaient peu comparables chez cet animal. Les trois expériences faites sur le chien sont, en effet, absolument semblables à celles que je rapporte dans ce travail. M. Laborde a émis une
ni
conclusion un peu semblable, lorsqu’il a dit que la cocaïne administrée à dose toxique fait baisser la température. Je ne trouve à cela rien de particulier: quand l’asphyxie se prononce, que la respiration s’arrête, il est bien permis à la température de baisser sans que la cocaïne intervienne en cela d’une façon particulière.
Quoi qu’il en soit de ces interprétations, la lecture des observations précédentes démontre ce fait, qu’à doses physiologiques la cocaïne est un hyperthermique, et l'augmentation de chaleur est proportionnelle à la dose de cocaïne injectée.
Dans mes observations, les doses de cocaïne ont toujours été de 0,06 et 0,12 centigr. Mais le poids de l'animal a varié, ce qui revient au même. Or, lorsque 0,06 de cocaïne administrés à un chien de 18 k. 500 n’augmentent la température que d’un dixième, la même dose produit une augmentation de 1 degré 7 dixièmes chez un chien de 10 k. 200, et 0,12 donnés au chien de 18 k. 500 donnent une hyperthermie de 8. dixièmes. |
Ces résultats sont constants, de sorte qu’il m’est permis de conclure par la phrase que j’écrivais tout à l’heure, à savoir : que, à doses physiologiques et chez le chien, la cocaïne produit une hyperthermie constante et proportionnelle à la dose employé; ou bien encore, ce qui est la même chose, que, pour une même dose, l’hyperthermie est en raison inverse du poids de l’animal. Cette hyperthermie n’est pas, comme on pourrait le croire, le résultat des convulsions; j’ai insisté sur la distinction qui existe entre les actions convulsivantes et celles qui se produisent sur la température, de telle sorte qu’on ne saurait les confondre. De plus, cette hyperthermie a lieu chez le chien en dehors de toute excitation.