INTRODUCTION
La période de l'accouchement qui suit la délivrance ne revêt pas toujours, malheureusement, le caractère d’euphorie que sont portés à lui attribuer, à la fois la parturiente, enfin parvenue au bout de ses efforts, et le médecin, libéré Jui aussi et rendu à ses autres et multiples occupations. C'est, au contraire, la partie la plus redoutée par le vieux routier de la médecine, qui, bien souvent déjà, s’est trouvé retenu encore de longues heures auprès de sa cliente, alors qu'il s’apprêtait à la quitter pleinement satisfait.
Parmi les accidents qui surviennent à ce moment, le « choc obstétrical » est certainement l’un des plus impressionnants et des plus angoissants.
Sous le nom de choc obstétrical ont été relatés divers accidents, et le grand nombre de publications à ce sujet montre assez l'intérêt qu'il suscite chez les médecins.
Toutefois, en analysant les observations diverses parues sous ce nom dans la littérature, on constate que les divers auteurs ont publié des faits cliniques très disparates. Dans
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l’étiologie habituellement évoquée, dans la SYRPONAGEE des accidents, dans les constatations faites au cours d ae topsies, d’ailleurs d’un nombre très restreint, pas d'unité qui permette de construire un syndrome. es
C'est ce qui a conduit plusieurs auteurs, et en Dates le Professeur agrégé Marc Rivière, dans son mémoire d’agrégation, en 1926, à penser que ce mot de choc obstétrical, d'usage commode, masquait des états pathologiques divers, et dans leur essence, et dans leur mécanisme, et dans leur pronostic, mais, par contre, leur conférait un SemBlant d'unité préjudiciable au diagnostic pathogénique précis, véritable et seule source de thérapeutique.
Cependant il serait abusif de conclure qu'aucun fait clinique ne peut être réellement décrit sous ce terme. |
C'est pourquoi nous avons volontairement écarté les formes connues et indiscutables du « choc » en obstétrique choc hémorragique, choc anaphylactique, syncope réflexe.
Quant au choc traumatique, il existe sans conteste en obstétrique. Comme chez le grand bléssé, il reconnaît deux pathogénies différentes et revêt deux aspects :
D'une part, le choc nerveux, observé dans les ruptures utérines, provoqué par l’irritation mécanique et violente du revêtement péritonéal de l'utérus et produisant une excitation intense des fibres Sympathiques, si nombreuses au niveau des séreuses protectrices : syndrome s’installant d'emblée et atteignant presque aussitôt son intensité maxima. Sa Symptomatologie rappelle en tout point celle du choc nerveux traumatique; accélération et petitesse du pouls, facies décoloré, abaissement de la température. Son évolution est progressive «et marche soit vers l’aggravation, qui conduit à la mort, soit vers l'amélioration. Choc nerveux aussi, celui observé dans l’inversion utérine et provoqué par la surdistension extrême du péritoine qui recouvre les ligaments d'arrêt. Sans conteste donc, choc nerveux, sans doute d'ordre péritonéal.
D'autre part, choc toxique, tel celui rencontré dans les for-
mes graves d'apoplexie utéro-placentaire. L’utérus ne montre-t-1l pas sa trame profondément infiltrée de sang qui dissocie les fibres musculaires comme dans un membre contus ? Ne retrouvons-nous pas ici la constitution progressive du syndrome ? Gardons-nous cependant de trop schématiser un syndrome aussi complexe que celui de l’hémorragie rétroplacentaire, et, sans doute, faut-il faire intervenir aussi, comme le font remarquer le Professeur Audebert et Fournier, à côté de la toxémie incontestable, l’action réflexe des fissures péritonéales, qui, si souvent, accompagnent Papoplexie utéro-placentaire.
Quoi qu'il en soit, ces formes diverses du choc en obstétrique n'empruntent à cette dernière que les circonstances, et à aucun moment ne prennent une figure en quelque sorte spécifique qui puisse leur mériter le nom de choc obstétrical. Nous croyons qu'il y a intérêt, de plus en plus, à faire entrer dans le cadre de la pathologie générale nombre de faits obstétricaux qüi ne restent mystérieux que parce que l’on veut créer une pathologie obstétricale ayant ses lois propres.
Nous nous efforcerons donc d'étudier dans cet ouvrage -un syndrome autonome, avant tout fonctionnel, dont le point de départ mécanique est la brusque modification de l'équilibre circulatoire qui suit l'expulsion du fœtus.
Après avoir donné une définition que nous empruntons au Professeur agrégé Rivière, nous montrerons qu'il rentre dans les cas de trouble de la circulation de retour, exigeant un dysfonctionnement du couple vage-sympathique, en nous appuyant sur quelques observations typiques, malheureusement peu nombreuses. Nous nous en excusons. Tout d'abord, les accidents sont relativement rares et ne permettent pas à un même accoucheur d'en observer un nombre suffisant, maïs surtout les phénomènes, éclatant le plus souvent de façon si imprévue, l'allure dramatique qu'ils prennent, ne se prêtent pas à une étude méthodique et empêchent que soient recueillis des éléments aussi indispen-
sables que la tension artérielle, le sang nécessaire à un examen chimique et microscopique, les urines, qui peuvent donner de précieux renseignements. |
Le résultat en est que dans les maternités où nous avons passé, cherchant à recueillir le plus grand nombre possible d'observations, maintes fois nous avons trouvé à la lecture du post partum ces mots laconiques : « Etat de choc. Tonicardiaques. Adrénaline. Durée ‘: quelques heures. » Et puis c’est tout...
À peine avons-nous pu recueillir quelques observations inédites. Nous avons dû alors nous appuyer sur quelques observations publiées déjà dans le Bulletin de la Société obslétricale de Bordeaux ou d’autres facultés.
Nous terminerons par l'exposé de la thérapeutique à employer : prophylactique, puis curative.