‹ Contribution à l'étude du Choc ObstétricalChapitre 6 sur 16 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

\ Obs. 1. (Inédite). — Communiquée grâce à la bienveillance de M. le Professeur BriNpeau (Clinique Tarnier).

Etat de choc après la délivrance chez une multipare

nerveuse. Etat syncopal au moment de l'accouchement

précédent.

Madame S..., âgée de 32 ans. 5° grossesse. Pas d'antécédents héréditaires notables. L'examen nous montre une femme petite, obèse, à tempérament nerveux. Bassin bien conformé.

4 Accouchement. — Inertie utérine pendant le travail. Application de forceps sur gros enfant (4.200 grammes). Lé-

‘gère hémorragie de la délivrance.

2e Accouchement. — Inertie utérine. Tête non engagée. Dès dilatation complète, version par manœuvre interne. Hémorragie de la délivrance sans gravité.

3° Accouchement. — Accouchement laborieux. Gros enfant mort pendant le travail. Forceps. Délivrance normale.

4 Accouchement. — Travail long, mais accouchement

spontané d'un gros enfant présentant une division du voile

du palais. Délivrance normale, Un quart d'heure après la femme est prise brusquement de symptômes syncopaux avec

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pouls petit et lividité impressionnante de la face. L'utérus est mou, mais l'hémorragie est très faible. Huile camphrée, sérum, compression de l'abdomen. Cet état persiste durant 2 heures. Le lendemain l’état général est exceilent.

5e Accouchement. — Grossesse à terme. Gros enfant. On accélère le travail par l'application de l’écarteur de Tarnier. Durée du travail : 6 heures. Accouchement spontané d'un enfant volumineux (4.600 grammes). Immédiatement injection d’'hypophyse. Délivrance normale. Quelques minutes après l'expulsion du placenta, le pouls s’affaiblit, la face devient pâle, les extrémités se refroidissent et la femme est menacée de syncope. Compression immédiate de l'abdomen. Amélioration rapide.

En résumé, il s'agit d'une femme ayant toujours eu des gros enfants. Inertie utérine. Etat de choc post partum disproportionné avec la légère quantité de sang perdue au cours de l'accouchement.

Obs. 2. (Inédite), — Observation recueillie à la Clinique Tarnier, le 25 novembre 1923. Publiée sous les bienveillants conseils de M. le Professeur BRINDEAU.

Avortement gémellaire chez une multipare. Etat syncopal mortel post abortum.

Femme de 40 ans. Un accouchement antérieur normal. Une fausse couche il y a 2 ans. Bon état général. Dernières règles du 14 au 16 juillet 1923. Avortement gémellaire de 4 mois 1/2.

Examens antérieurs. — 15 octobre : Grossesse normale de 3 mois 1/2, M. Joanny.

19 novembre : 4 mois normale, M. Vigneron.

21 novembre, 21 h. 30 : Admission d'urgence à la Clinique pour légère perte de sang. { cc. de morphine. Lavement avec XX gouttes de laudanum.

24 novembre, 9 h. : Procidence du cordon. Fœtus mort. Peut-être grossesse gemellaire (Professeur Brindeau).

12 h. : 1/2 ce. d'hypophyse.

21 h. 30 : Expulsion d'un fœtus mort de 500 grammes. 24h. : 1/2 cc. d'hypophyse qui ne donne aucun résultat. Pas de contractions.

25 novembre : L'avortement du 1° œuf s'étant produit le 2% novembre 1923, le 25 dans la matinée sous anesthésie on procède à la délivrance artificielle. Introduction assez facile de la main dans l’utérus. Quelques caillots se trouvent dans le col. Un peu plus haut on atteint le placenta du {+ fœtus.

On le décolle facilement eton retire complet le 2° œuf contenant un fœtus encore vivant. Durant cette intervention la femme saigne très peu. Après extraction de l'œuf et du placenta la révision utérine nous montre qu'il ne reste aucun débris placentaire, mais on retire quelques morceaux de membranes.L'utérus se contracte bien et revient rapidement sur lui-même. Nettoyage de la cavité utérine avec une compresse iodée, puis injection intra-utérine chaude. La malade paraissant légèrement affaiblie, on lui fait 5 ce. d'huile camphrée et 1/2 cc. d'hypophyse.

10 h. 30 : La malade saignant un peu on pratique un tamponnement intra-utérin. Durant cette intervention la pince de Museux déchire le col du côté droit sur une longueur de 3 à 4 centimètres. Suture immédiate au catgut, puis on pratique un 2° tamponnement imbibé de sérum de cheval. A ce moment le pouls faiblitet s'accélère. L'hémorragie s'arrête, l'utérus présente son globe de sûreté. Le pouls remonte (80 à 90 pulsations à la minute. La malade semblant pourtant encore faible, on lui fait 500 grammes de sérum chaud intraveineux et on la met en position déclive. Le tamponnement n’est pas imbibé de sang. Le pouls se relève et bat avec force et lenteur. |

41 h.45 : Le pouls semble de nouveau fléchir. 20 cc. d'huile camphrée et une injection de spartéine, Le pouls se relève et

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on voit nettement battre les carotides. Nouvelle injection de sérum chaud intraveineux, une injection d'éther et une piqûre d’ergotine. Utérus bien rétracté, pas d'hémorragie. La malade cependant commence à s'agiter, le pouls faiblit et les extrémités se refroidissent.

12 h. 1/4 : La parturiente, malgré tous les soins,succombe en gardant son utérus bien contracté. Le tamponnement n'est pas imbibé de sang. Jusqu'à la fin on voit le battement des carotides.

Obs. 8. — Communiquée par M. le Professeur Grosse (de Nantes).

Multipare. Perte de sang sensiblement normale. Etat de choc.

8° Grossesse. Femme bien portante. 6 accouchements antérieurs normaux. Au 7° accouchement dystocie par gros enfant et tétanisation utérine ; mort du fœtus durant le travail. Dernières règles au 15 mars 1914. Grosse$se normale, mais quelques traces d'albumine dans les urines durant la gestation. OEdèmes qui disparaissent rapidement sous l'influence du régime déchloruré. |

Le 13 décembre 1914 dans la matinée, début du travail.

11 h. : Dilatation de 0 f. 50. O. I. D. P.

15 h. : Les douleurs deviennent presque subintrantes et ne laissent que peu de répit à la parturiente.

17 h. 1/2: Dilatation d'une petite paume de main puis à partir de ce moment la progression du travail est nulle.

19 h. 1/2 : La situation étant stationnaire, on rompt artificiellement les membranes et il s'écoule un liquide amniotique teinté par le méconium. Le cœur fœtal est très bon.

20 h. : Forceps à la partie toute supérieure de l’excavation et extraction rapide d’un enfant de 3.750 grammes que l'on peut ranimer très facilement. |

21 h. : Le placenta n'est pas expulsé quand brusquement la

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parturiente est prise de symptômes lipothymiques, puis s'évanouit. Le pouls est petit et rapide.Extraction artificielle

du placenta qui sort accompagné de plusieurs caillots du volume d'une petite orange. Les voies génitales paraissent

intactes. Injections d'huile camphrée, caféine, sérum glu-.

cosé, mais ces traitements n'améliorent pas la situation.

L'utérus, bien rétracté, ne saigne cependant pas.

Le lendemain matin, état absolument normal. Pouls à S0. Suites de couches normales.

Obs. 4. — Communiquée par M. le Professeur GRossE (Nantes). | |

Choc obstétrical post-partum chez une grande multipare.

13° grossesse chez une femme de 42 ans. Bonne constitution, pas de maladies graves antérieures.Comme antécédents obstétricaux. 8 enfants vivants. |

1 prématuré qui n’a vécu que 24 heures. { mort-né.2 avortements.

Notons cependant qu’à 2 des accouchements et pour le dernier avortement elle eut des hémorragies assez abondantes s'accompagnant de syncopes.

Les dernières règles remontent à fin mars 1920. Gestation normale, mais fatigue générale par suite de surmenage au moment de l'accouchement.

Le 24 décembre la femme entre en douleur mais le toucher vaginal ne montre aucun effacement du col.

Le 27 décembre les douleurs reprennent dans la matinée,

15 h. 1/2 : Le col est effacé.

21 h. 3/4: Dilatation complète, Tête fœtale en 0. [. G. A, très haute dans l'excavation. Rupture artificielle des membranes.

22 h. 1/4 : Expulsion d’un enfant de 3.470 grammes. 20 minutes après par expression utérine on fait évacuer un pla-

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centa complet. A la suite de la délivrance très léger écoulement sanguin qui persiste cependant jusqu'à minuit 1/2. Une injection d’ergotine l’arrête complètement eten réalité la quantité de sang perdue ne dépasse pas la normale.

Le 28 décembre,vers À h. du matin alors que tout semblait terminé, la femme se plaint de vertiges et de tintements d'oreilles ; le pouls devient filiforme. Elle pâlit puis s'évanouit. L'utérus est cependant bien rétracté et l'écoulèment sanguin est nul. Elle revient lentement à elle, mais durant une heure elle présente par instant des vertiges accompagnés de tendances syncopales. Pouls faible mais non accéléré (75 à 80 pulsations), bruits du cœur assourdis. Huile camphrée, sérum, spartéine. A partir de ce moment amélioration progressive et à 4 h. les phénomènes syncopaux ont complètement disparu. Suites de couches normales.

Obs. V.—Communiquée grâce à la bienveillance de notre

maître M. le professeur Grosse (de Nantes). o Etat de choc chez une accouchée convalescente de grippe. Forceps.

Il s'agit d’une primipare sans antécédents héréditaires ou personnels notables dont les dernières règles datent du 2au 6 juillet 1905. Au cours de la gestation en janvier 1906 elle fail une grippe à forme grave compliquée de pleurésie.

Le 1% avril 1906, après un travail rapide, la dilatation

étant complète une application de forceps est jugée néces- .

saire en vue d'éviter les fatigues de la période d'expulsion chez cette femme très affaiblie. Prise facile. Enfant de 3000 grammes. La délivrance se fait normalement. Brusquement, 3 h. environ après la délivrance, la femme est prise de vertiges avec pouls petit et décoloration des muqueuses faisant soupçonner une hémorragie interne grave, Une injection vaginale chaude ramène un caillot du volume

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