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CHAPITRE I

Les chocs traumatiques.

Pendant très longtemps la notion du choc fut assez vague et l’on englobait sous ce vocable tous les phénomènes généraux qui s’observent à la suite des traumatismes importants. Nous avons déjà dit que nous éliminons de notre étude tout ce qui se rapporte à l’hémorragie, à l'infection et aussi tout ce qui peut être directement en rapport avec le siège du traumatisme, comme par exemple, les phénomènes généraux graves des traumatismes cérébraux.

Les nombreuses études faites pendant la dernière guerre s'accordent à peu près unanimement à décrire au choc traumatique proprement dit deux grandes formes : une forme immédiate et une forme retardée (Quénu, Roger, Canon, etc.). Nous verrons d’ailleurs que cette distinction correspond aussi probablement à des différences de pathogénie.

Le choc immédiat survient avec une grande brusquerie. Dès la survenue du traumatisme, le blessé tombe et perd plus ou moins connaissance. Son visage est pâle, ses muscles inertes et son pouls est petit, filant. Sa tension artérielle est extrêmement basse. La respiration est rapide et superficielle. La

température de ces blessés est anormalement basse

an ne.

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et le refroidissement va s’exagérer jusqu'à la mort. En effet, de tels chocs ne permettent guère la survie et contre indiquent toute tentative chirurgicale. La mort survient au bout d'une à deux heures.

Fort heureusement, le choc retardé est infiniment plus fréquent que ce choc brutal et mortel: Cette deuxième catégorie de choc traumatique se distingue avant tout par le fait qu'il s’installe progressivement. Pendant la guerre on a remarqué que les blessés vus dans les postes avancés de chirurgie étaient exceptionnellement choqués, alors que ces mêmes blessés présentaient des signes de choc net lorsqu'ils arrivaient quelques heures après à l’ambulance.

Cliniquement, ce choc tardif, une fois déclaré ressemble au choc immédiat, mais il est moins intense tout au moins au début. Faciès terreux (à distinguer de la décoloration complète qu’on observe dans les grandes hémorragies), état subcomateux, résolution musculaire, etc.

Certains détails cliniques, ainsi que les examens de laboratoire ont pu être mieux observés dans le choc retardé que dans le choc brutal. Ainsi, l’évolution de la tension artérielle a fait l’objet d’une étude soigneuse. Citons surtout, le travail de Moreau et Benhamou qui ont montré la signification pronostique de la valeur de la pression maxima, de la pression différentielle et de l’indice oscillométrique.

Les signes digestifs, exceptionnels dans le choc immédiat, peuvent être importants dans le choc tar-

dif : nausées, vomissements, diarrhée, etc.

CAE PA

La pupille a été beaucoup étudiée et l'on à décrit l'abolition des réflexes pupillaires. En tous cas, ils sont constamment affaiblis.

Le fait le plus important dans le sang des choqués est l’abaissement de la réserve alcaline. Au point de vue hématologique, il importe de noter surtout l’augmentation du nombre des globules rouges, fait sur lequel nous reviendrons plus loin en détail.

L’urine des choqués a un pH très bas, avec fréquente présence des corps acétoniques.

Tels sont les principaux faits qui caractérisent le choc traumatique. Il importe d’insister sur l’hypotension, phénomène primordial sans lequel on ne peut parler de choc.

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