É APERÇU HISTORIQUE
Le ramollissement des os du crâne a été signalé la première | fois par Vimont, en 1833. Il parle des pariétaux
fe percés à jour » chez des enfants rachitiques.
En 1839. Lucæ rapporte les mêmes observations.
Te c’est en. 41843 qu un médecin dé Stuttgart, Elsaes-
se, donna le premier une bonne description du cranio-
tabes. Exérçant une pression modérée sur locciput d'un rx
certain nombre de jeunes.enfants, âgés de moins de trois
- mois, cet auteur remarque qu’il se produit l'affaissement des parties osseuses et que parfois la perte de la subs-
tance est complète. De là le nom d'occiput mou qu ‘il donne à l'affection à cause de sa localisation, et le nom
- de craniotabes sous lequel il la désigne encore, pour Ca- .
ractériser l’altération des parois -du crâne. :.
| Il rattache cette lésion au rachitisme. Sur 37 observations recueillies, il remarque que ces enfants sont des débiles, ont une mauvaise nutrition générale, et leur système osseux est mal développé. Ils sont, dit-il, agités, dorment mal, et sujets aux troubles digestifs et aux
convulsions. Ces dernières seraient dues à la protection
insuffisante du cerveau ; les forces extérieures seraient
transmises avec: plus de facilité aux méninges et au cerveau, à travers une mince lamelle osseuse. La guérison survient rarement et sur les 29 cas cités, l’auteur Allemand observe 14 morts, dont 13 à la suite de convulsions.
Il admet que la lésion du crâne marque le début des autres manifestations rachitiques.
Elsaesser fait donc du craniotabes une lésion grave, dont le pronostic doit être réservé.
Lœderer et Spengler ont prétendu qu'il existait des liens étroits entre la craniomalacie et le spasme de la glotte. Ils rapportent 96 cas de laryngo- -Spasme qui Co- “existaient avec 92 cas de ramollissement de l’occiput.
- Spengler affirme même avoir provoqué le spasme de la glotte en comprimant les parties ramollies de l’occiput.
Ces idées furent acceptées, surtout en Allemagne.
En 1849, Bœcker rapporte quelques cas de craniota bes, où les accès de suffocation étaient remplacés par de la cyanose, qui cessait dès qu'on faisait disparaître-toute compression du cerveau. TE :
En 1872, Vogel, dans son traité des dde de in fance, considère le craniotabes comme üne manifestation rachitique et admet qu’il peut provoquer des convulsions et du laryngo-spasme.
Kassowitz partage les mêmes s idées. .
- En 1843, Hauf prétend qu'on a exagéré le rôle du craniotabes. IE n’y aurait, d’après lui, aucune relation “entre le spasme de la glotte et l’occiput mou.
En 1850, Lasègue, en France, écrit un article paru dans les Archives Générales de Médecine sur le ramollissement des o$ du crâne de la première enfance. « L'existence et la nature de la craniomalacie ne peut laisser aucun doute, dit-il, mais les symptômes sont déjà moins évidents que les altérations, auxquelles ils sont réputés correspondre, Il ne se prononce pas nettement sur la nature du craniotabes et se demande si ce trouble de l’ossification n’a pas son existence propre, et s’il n’est pas dû à des causes multiples.
En 1873, Giraldès, dans une communication à la Société Anthropologique, prétend que l’amincissement et
ass
les perforations caractéristiques de la craniomalacie sont dus à «l'usure des os du crâne, provoquée par l'hyperirophie des circonvolutions cérébrales.
| À la même séance, Broca lui répond que le tissu osseux
ne peut être déprimé par les circonvolutions cérébrales, : que s’il a été primitivement ramolli par une maladie an-
térieure du squelette.
En 1885, Hénoch admet comme » Langue que les ramolsosie du crâne peuvent guérir, sans apparition d’autre manifestation rachitique.
En 1879, Parrot, pour qui la syphilis héréditaire était
seule cause du rachitisme, ne pouvait voir dans le cra- niotäbes, qu'une manifestation de la syphilis. Dans la
Revue Mensuelle de Médecine et de Chirurgie, cet auteur
dit que le craniotabes peut être congénital. Les os ramollis par la syphilis, sont usés par les circonvolutions céré- brales et ainsi se forment les perforations.
Comby dit qu'on peut considérer cette malformation comme un rachitisme crânien, dont les causes sont multiples (toutes celles qui amènent un état de dénutrition générale), mais qu’elle peut s’observer chez les enfants sains, qui ne présenteront jamais les signes du rachitisme. | ne
En 1892, Paley, lui aussi, conclut à la banalité de la craniomalacie. |
En Angleterre, Morgan, Carpenter, Barlow, admettent que le craniotabes peut être d’origine rachitique, mes prétendent qu’il est le plus souvent lié à la syphilis héréditaire. AR £ 3
En Allemagne, Hochsinger, ne voit lui aussi dans l’occiput mou, qu’une manifestation de la syphilis hérédi-
taire.
En 1906, Aucouturier, dans sa thèse, admet l’origine rachitique du cräniotabes. 7
En
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