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colons à aUirer dans nn pays : les uns valent par la prédominance qu'ils donnent à la race colonisatrice, les autres par les capitaux qu'ils apportent dans la colonie. La Tunisie a systéniaticjuement écarté le colon pauvre ; elle a recherché surtout le colon moyen et le capitaliste. Il en résulte qu'elle est moins pauvre (pie l'Algérie, mais tandis ({u'elle repoussait le système des concessions gratuites el le petit colon, les Siciliens sobres et endurants ont envahi peu à peu son territoire et tendent à dépasser en nombre le colon fi-ançais, riche mais rare. Voici qu'on s'émeut de cet état de choses et qu'on pr.)clame la nécessité d'y remédier (1).
On peut dire qu'il s'est produit pour l'Algérie l'inverse de ce qui s'est produit pour la Tunisie. On y a amené beaucoup de colons pauvres, qui au point de vue de la solidité de notre établissement, ont joué un r(Me considérable, mais qui n'ont pas accru la richesse du sol autant qu'on le pouvait souhaiter. De même que la Tunisie va essayer de trouver le colon de peuplement qui lui manque, il faut que l'Algérie essaye de trouver en France le colon capitaliste qu'elle n'a pas. « Malheureusement — « c'estM. Yignon (2) qui parle, les Algériens — il faut dire « la vérité tout entière — se soucient peu de voir arriver « des Français de France. On pense dans les trois provin- « ces que les concessions doivent être accordées aux fils « descolons ou aux jeunes gens algériens, de préférence (( aux immigrants » (3). Il est certain que la présence
I. V. Etienne Flandin, La colonisation en Tunisie. L'immigration italienne et le peuplement français, Bull. Réun. Et. Alg. igoj, p. io5. 2 . L'exploitation de noire empire colonial, p. 40 . 3. On trouvera un intéressant et pittoresque exposé de cette dis-
d'un certain nonibre d'Algéi'iens dans les centres de colonisation peut présenter de grands avantages.
11 importe donc de doser les deux éléments avec un tact parfait. Mais les colons riches ne peuvent guère venir que de France. On arriverait vraisemblablement à en trouver quelques-uns parmi les jeunes gens sortant des Ecoles Nationales d'agriculture de France ou de l'Ecole coloniale de Tunis. Ces jeunes gens, qui disposent rarement de capitaux au moment môme oij ils finissent leurs études, pourront cependant en posséder plus tard. Il serait intéressant pour l'Algérie de les attirer et de les retenir. Et cependant bien peu de propriétaires consentent à les prendre dans leurs exploitations. Il est cependant permis de croire qu'ils y remplaceraient parfois avantageusement certains des gérants qu'on y rencontre.
D'ailleurs, l'Ecole d'agriculture de Rouiba et certains des agriculteurs des environs d'Alger offrent maintenant des facilités aux jeunes gens qui veulent se tlxer en Algérie pour y étudier la culture. Mais ce n'est pas suffisant qu'ils puissent y passer quelques mois à leurs frais : il faudrait ([ii'ils |)ûssont en outre, pendant (pielques années, occuper dans des exploitations des fonctions de surveillance rétribuées, qui les prépareraient, tout en les attachant au pays, à s'y installer plus lard pour leur propre compte.
On voit le nomljre et l'importance des (pu'stions auxquelles touche l'étude du crédit agricole en Algérie; : cela suffit à faire comprendre rinlt-rèl passionn»' (pTelle a suscité dans ce pays.
position d'esprit dans un roman n'ccnt, Le Çof. Md-itrx Lahi/lcs, par Raymond Marival, Soc. du Mcrc. de Fr., Paris, \go7t.
€ II faut à l'Algône, disait M. Frémy, des bras, de « l'eau el de l'argent. '>
Elle a les bras; l'usage raisonné de son autonomie financière lui donnera l'eau qui lui manque : c'est à la France à lui fournir l'argent.
vu :
Le Président de la llièse, PAUL LESEUH.
vu :
Le Doyen,