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LE DEVELOPPEMENT ET L ACTION DES SOCIETES DE CREDIT

plus important. Leurs statuts, très larges, leur permettaient une grande variété d'opérations de crédit, et ce furent de véritables petites banques.

Leur modèle fut le comptoir de Saint-Denis du Sig (province d'Oran), qui fonctionnait depuis 1871. Le mouvement qui provoqua la création de ces comptoirs fut incontestablement déterminé par laBanque de l'Algérie, désireuse de se procurer des intermédiaires pour fournir aux agriculteurs les fonds qu'elle avait promis de mettre à leur disposition. De nombreux témoignages montrent l'action de la Banque dans cette création des comptoirs ^; après avoir aidé à leur constitution, elle leur fournissait en outre des directeurs et surveillait leur fonctionnement. La constitution de ces sociétés fut facile; les actions furent aisément placées, soit parmi les gros propriétaires agissant parphilanthropie ou par ambition, soit parmi les employés d'ordres divers, qui croyaient trouver pour leurs petites économies un placement fructueux -.

Le développement des comptoirs fut assez rapide; il se répartit de la façon suivante :

Il est donc corrélatif au développement du vignoble. Les comptoirs fonctionnaient, en ouvrant comme la Banque de l'Algérie, des crédits de campagne aux agriculteurs et leur rendaient de ce fait de sérieux services '.

Ces petits établissements réalisaient d'ailleurs chaque année un chiffre d'escompte important, qui atteignait pour certains d'entre

' En ce sens, v. Henri Garrot, La Banque de l'Algérie, Paris, Savine, 1892; Mémoire en défense pour le Comptoir d'escompte de Guelma contre la Banque de V Algérie, Conslanline, Braliam, 1901; Suite au mémoire, Guelma, Fons, 1901; Barbedelle, La vérité sur la Banque de l'Algérie, Djidjelli, Angeii, 1896, p. 13; Bull. Béun. Et. Alg., 1904, p. 140-147.

^ La crise agricole, par G. Poucliet, colon algérien. Alger, Thomas, 1894.

' Pouchel, op. cit.; Exposé situation générale de l'Algérie, 1886, p. 284; Trumelet, Boufarik, p. 484-487; plus récemment, MM. Marchai et Rouyer à la séance tenue par la Réunion d'Etudes algériennes le 20 mai 1904, Bulletin, 1904, p. 140-147.

EN ALGERIE Zà

eux jusqu'à 4 ou 5 millions. Mais c'est surtout ù ceux placés en contact avec les colons qu'on peut adresser le reproche d'avoir poussé ces derniers à la création trop rapide du vignoble '. Toutefois leur fonctionnement devait bientôt prêter à de plus graves critiques et une série d'irréparables erreurs venir arrêter leur marche : opérations basées sur des considérations politiques -, administration défectueuse, due à l'inexpérience ou au manque de scrupules des administrateurs : d'où fiches trop grosses imprudemment ouvertes, soit à ces administrateurs eux-mêmes, soit à de gros clients obérés; enfin frais généraux trop considérables et distribution de dividendes trop élevés \

Tandis que la Banque de l'Algérie développe ainsi ses opérations et que les Comptoirs d'escompte étendent leur réseau, les autres établissements de crédit ne restent pas inactifs. La Compagnie Algérienne, qui a remplacé en 1877 la Société Générale algérienne, s'est installée successivement à Sidi-Bel-Abbès, Mostaganem, Blida, Bône, Philippeville, Sétif et Bougie. Un nouvel établissement, le Crédit Foncier et Agricole d'Algérie, s'est fondé en 1881, destiné, par un mécanisme assez ingénieux, à mettre à la disposition des colons les fonds du Crédit Foncier de France pour les opérations de crédit hypothécaire à long terme, en même temps qu'à leur fournir pour les opérations à plus court terme les ressources provenant de son capital et de ses dépôts.

Aussi, le chiffre des prêts hypothécaires, qui n'avait guère été que de 1 million à 1 million 1/2 par an tant que le Crédit Foncier de France opérait seul en Algérie, passe sul)ilemont à \ ï millions en 1882 et 1883 pour osciller autour de 10 millions en 188 i, 1885, 1886 et 1887 et se maintenir ensuite entre 3 et l millions de francs. El sur ces chiffres, les prêts ruraux figuraient pour 7 millions en 1882, 8 millions en 1883 et 1881, i millions en 1881 et 1885, 6 millions en 188G.

Si on jette maintenant les yeux sur la carte \\"'2[\ . |»ngc suivanlL-i, qui indique toutes les localili's pourvues, soil d'un Cpinploir d'I-iscompte, soit d'un siège de la Banque d'Algérie, de la Compagnie Algérienne ouduCrédit Foncier d'Algérie, on voit le chemin parcouru

• Barbedetle, /-,« vérilé sur la lîanque de l'Miiérie, p. ■.'«'; (ianot, l.a banque de l'Algérie.

' Garrot, op. cit.; Poticliel, op. cil. : Marcliul d Houyor, lo-, vil. ' Pouchel, op. cil.; Marchai l'I lîoiivi-r, loc. cil.

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depuis Tannée 4875 (carte n° 1). Au lieu de rester cantonnés sur le littoral, les établissements de banque s'avancent vers l'intérieur. Si la Banque de l'Algérie n'a pas changé le nombre de ses sièges, la Compagnie Algérienne en a sept de plus; le Crédit Foncier d'Algérie est installé à Oran, Alger, Bône et Constantine, Mais le trait

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