Crédit agricole, p
2. Les griefs de Scbultze-Uelitzsch contre les Darlehenskassen ont été résumés par
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continué longtempsla lutte. D'ailleurs, bien que Schultzeait eu de son vivant la victoire sur Raiffeisen, l'opinion publique s'accorde généralement pour reconnaître au contraire la supériorité de l'organisation des Darlehenskassen, dont on vante justement la solidité, tandis qu'on ne compte plus les faillites des Vorchussvereine, entraînés par l'appât du gain dans des entreprises hasardeuses. On prétend que jamais aucune faillite ne s'est produite dans les caisses Raiffeisen rattachées à la fédération de Neuwied. « J'ignore si cela est exact, dit M. Dufourmantelle; je le croirais très volontiers, mais je me suis laissé dire, et je ne suis ici qu'un écho sans opinion personnelle, que [lorsqu'une caisse Raiffeisen menaçait ruine, le premier soin de la fédération était de s'en séparer, de sorte que la chute de cette caisse n'atteignait la fédération ni dans ses intérêts ni dans sa réputation. »
Ce qui paraît résulter d'une observation impartiale de ces deux natures d'organismes, c'est que les caisses Raiffeisen semblent incontestablement mieux appropriées aux besoins de l'agriculture, et que par conséquent, au point de vue spécial où nous nous plaçons, elles doivent avoir la préférence ; mais les caisses Schullze-Delitzsch ont par elles-mêmes une grande valeur comme établissements financiers et peuvent devenir, quand elles sont bien conduites, des instruments d'épargne d'une valeur morale autant qu'économique et pouvant rendre les plus grands services à la petite épargne, ouvrière ou agricole.
Les caisses Schuitze-Delitzsch ne faisant que des prêts en argent, ne pourront rendre de services au cultivateur que dans le cas oii il aura besoin de contracter un emprunt en espèces dont il pourra d'avance prévoir la durée exacte. Encore sera-t-il soumis aux formalités du renouvellement des billets, s'il veut obtenir un terme de crédit supérieur à trois mois. Le Vorchussvereine n'est pratique pour l'agriculteur que pour un emprunt de courte durée fait en attendant une rentrée certaine.
Caisses Haas. — A côté des caisses Raiffeisen et Schuitze- Delitzsch s'est formé un troisième groupe d'associations dont les caractères sont intermédiaires.
Ce sont les caisses du D' Haas. Elles se distinguent par ce
lui dans une brochure : Die RaffeisenschenBarlehnskassenin der Rheinprovinz und die Grundcreditfrage fiir den landlichen Kleinbesitz.
caractère que toutes n'ont pas les mêmes statuts, et qu'au contraire leurs règ-les constitutives présentent souvent de très grandes différences. Elles tendenl cependant, paraît-il, à se rapprocher du type Schullze-Delilzsch. Suivant les associations, les parts d'affaire sont admises ou ne le sont pas; les administrateurs sont parfois rétribués et d'autres fois ne le sont pas; enfin, le droit d'entrée, exigé dans certaines caisses n'est pas réclamé dans d'autres. En somme, ce sont des caisses, qui se sont constituées suivant les statuts qu'elles ont déterminés, et le seul caractère qui les réunisse, c'est qu'elles sont toutes rattachées à une fédération spéciale, la fédération d'Offenbach.
A côté de ces trois types de caisses, on trouve encore un certain nombre d'établissements de crédit personnel. Ce sont d'abord les Lanchchaften^ ou banques de crédit hypothécaire, qui emploient une certaine partie de leurs capitaux disponibles à dos prêts ruraux.
On doit également mentionner les caisses communales de prêts, établissements créés en Alsace-Lorraine par une loi du 18 juin 1887. Elles avaient également été établies dans le Wurtemberg, où elles n'ont pu subsister.
Une place à part est occupée par la banque de Trêves (Landwirthschaftlichen Bank zu Trier), qui se charge d'acheter et de vendre les produits agricoles. Son organisation a été longuement étudiée par M. Durand \
Cette banque de Trêves présente celte particularité qu'elle ne fait pas d'opérations de crédit en espèces. Elle ne fait que le prêt de bétail, comme les Darlehenskassen, et se charge d'acholer pour ses clients, à des conditions avantageuses, tous les produits agricoles dont ils ont besoin : machines, engrais, etc.
Ces divers établissements sont pour nous d'un intérêt secondaire, puisque les caisses communales ne présentent rien de bien original et que l'intervention de l'Etaten ces matières nous semble toujours devoir être aussi mince que possible. Quant aux autres élablissements, les Landscluifteii, ce no sont que des haïKiuos ordinaires, faisant par exception des opérations do crédit personnel. Cependant il est possible que ces opérations prennent plus d'importance depuis la loi permettant aux Landschaften do recourir