‹ Contribution à l'étude du crédit agricole en AlgérieChapitre 90 sur 117 · Compte rendu, p. ii · texte numérisé non relu

Compte rendu, p. ii

3. Li' crédit aiiricolc mutuel, son but, son ornijnhation, son fouet iuni\emenl, Alger, Ciiialt, 1902.

riiiliiiiKir Is

« des groupements pour eff(>ctuer les ventes, mais il ne « peut faire sur les récolles eu magasin, sur ics animaux « de vente, des avances qui permettent de ne s'(;n des- « saisir qu'au moment le plus opportun o,

II est permis cependant de constater qu'en l^'iauce, où les syndicats ont pi-is le développement que l'on sait, en nombre et en importance, ce développement s'est fait en dehors de toute espèce de création de caisse de ci'édit. Il semble que ce ne soit pas l'absence des caisses de crédit qui ait empêché en Algérie le développement des syndicats : mais il est vraisemblable que si on ne trouvait ni les uns ni les autres, cela tenait à une seule et même cause : il y avait entre les éléments en présence une cohésion insuffisante pour permettre un groupement, quel qu'il fût. On sait que c'est une des objections faites au fonctionnement des caisses.

L'institution nouvelle devait avoir à se constituer dans des endroits isolés, où la population entière se composait d'agriculteurs, or aucune épargne n'avait pu se former. Le capital souscrit était nécessairement très faible, le capital versé encore moins important : les caisses locales n'eussent donc pu fonctionner sans les fonds fournis par les caisses régionales.

Les créations de caisses et les résultats obtenus (1900-1902)

Jus(p]'en 1900, la loi de 1894 était restée lettre morte. Quand on suten Algérieque le principe des caisses régionales serait adopté, un mouvement se dessina pour la création des caisses locales, qui, seules, pourraient béné-

ficier des avances des caisses régionales. Deux points doivent être mis tout d'abord en lumière : le premier est le fait que la création de la caisse régionale est en somme le point de départ de la créalion des caisses locales qui l'envirounent ; le second est la diversité des caractères présentés par ehacjue groupe de caisses.

Dès 1902, trois Caisses Régionales étaient fondées : celles de Musla[)ha, d'Oran et de TIemcen. Bientôt après devait être créée celle de Djidjelli ; d'autres sont en formation.

Le groupe le plus important es( celui d'Alger. Dès la fin de l'année 1900, à l'époque où le vote de la loi du 8 juillet 1901 semblait déjà à peu près assuré, un groupe de personnalités algéroises se constituait en Comité Algérien de propagande des caisses rurales. Sous les auspices de ce comité, une active campagne de conférences fut entreprise dans le département d'Alger.

Grâce aux efforts de ce groupe, quatorze caisses se constituaient assez rapidement, réunissant des agriculteurs d'une trentaine de communes du département. Ce sont, suivant l'ordre de création (t) : Ilouiua, lîirtouta, Meurad en 1901,Dellys, Aïn-Bcssem, Nord de la Milidja, Margueritle, Carnot, Kherba, Bou-Medfa, Castiglione, Montenotte, Affreville, Littoral Cheichellois en 1902.

Ce qui caractéi'isc ce groupe de caisses, c'est la solidal'ité dlimitée imposée aux sociétaires.

Toutes ces caisses ont d'ailleurs modilic' leur organisation suivant les besoins parlicnliei s delà ri'^ion (|n"(>ll(^s desservent.

« Telle caisse est striclemeul coninninalc ; (elle autre

I. V. ÏjO rrèdil nt/ricolr iinihtri, uni' r.rjir'rii'iici' tir huit mois, par l'.isquier-Bronde, i hr., Algoi-, iJaldacliino, 1902.

(.( adniel clans son sein des a<^riciil(eurs domiciliés dans « les coniiniincs liinitropiics du siè<^(! social ; (elle aiih'C « encore, plu loi conslitnée enli'e gros el moyens pro|)rié- « laires, croit pouvoir étendre son action à (ont un (( canlon.

« L'une ne fonctionne que pour les besoins d'un syn- « dicat régional ; les autres font des prêts directs à leurs « membres. 11 en est qui ne font que le prêt sur war- {( rant, la plupart consentent leurs avances sur billets (( cautionnés » (1).

Le nombre des membres de chaque caisse varie de 12 à 40. Des 44 caisses créées à la fin de 1902, 11 seulementétaieni en fonctionnement au 31 décembre de cette année. Elles n'ont pu commencer leursopérations qu'après la constitution de la caisse régionaled'Alger, fondée sous forme de société à capital variable dans le courant de 1902.

Dn l*'^ janvier au 8 septembre 1902, les onze caisses avaient emprunté à la caisse régionale :

1" Sous forme d'avancesà découvert pour tonds de roulement 37.500 »

2° Sous forme d'escompte .... 211.22845

Total 248.728 45

La principale difficulté rencontrée pour la création des caisses locales a été celle qui consistait à en assurer l'organisation matérielle. Les colons s'effrayaient à la pensée delà mise en marche d'un rouage administratif ; dont leur inexpérience s'exagérait la complication. Aussi la caisse régionale d'Alger a-t-elle été l'âme du mouve-

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