‹ Contribution à l'Étude du Décollement traumatique du Placenta au cours de la GestationChapitre 17 sur 25 · V.., 21 ans, ouvrière, bonne santé habituelle · texte numérisé non relu

V.., 21 ans, ouvrière, bonne santé habituelle

Première grossesse : se termine en août 1897, par l'accouchement à terme, spontané, d’un enfant vivant. Pas d’albumine dans les urines, suites de couches normales.

Deuxième grossesse : les dernières règles datent de la première semaine de mars 1898; la grossesse évolue sans incident jusqu’au 30 octobre 1898 (7 mois et demi).

Le 30 octobre, vers une heure de l’après-midi, elle se cogna très violemment contre l’angle d’une table: le traumatisme avait porté sur le côté droit du ventre. Elle tomba sans connaissance, mais revint rapidement à elle. Depuis ce moment, elle souffre d’une façon continue; le maximum des douleurs est rapporté à la région traumatisée. Elle ne perçoit plus les mouvements actifs du fœtus. Elle ne perd ni sang, ni eau.

Le 31 octobre, à 9 heures du matin, elle entre à la Maternité de l’Hôtel-Dieu annexe.

1. Comptes rendus de la Société d’obstétrique, de gynécologie et de pédiatrie de Paris, ro juin 1901. Zn thèse de Lelong (De l'hémorragie rétroplacentaire d'origine traumatique,Paris,1901).

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C’est une femme de taille moyenne, bien en chair. Elle est pâle, mais n’a pas le teint des anémies aiguës graves. Le pouls est bien frappé, mais fréquent, 104 pulsations à la minute; la température axillaire est de 36°8.

Il n'y a pas d’albumine dans les urines.

L'examen du ventre montre dans la région suspubienne droite, à égale distance de l’ombilic et de la symphyse, tout près de la ligne brune, une ecchymose ayant l'étendue d’une pièce de 5 francs. Sous cette ecchymose, on ne sent aucune collection sanguine; le palper de cette région est particulièrement douloureux. Le fond de l’utérus remonte à 33 centimètres au-dessus du pubis, hauteur qui n’est pas en rapport avec le terme de la grossesse (7 mois et demi environ).

Sa forme est régulière, sa direction générale longitudinale; sa consistance est ligneuse dans toute son étendue. Dans le bloc dur que forme l'utérus, il est impossible de sentir aucune partie fœtale. L’auscultation est négative.

Par le toucher, on arrive sur un col long, perméable jusqu’à l’orifice interne qui est fermé. Le segment inférieur est dur, tendu, enfoncé dans l’excavation. A travers ce segment inférieur on devine plutôt qu’on ne sent un pôle fœtal qui paraît être une tête. Pas une goutte de sang ne sort des parties génitales.

La femme se plaint d’une facon continue; mais par moments et à intervalles assez réguliers, ses souffrances s’exaspèrent, toujours rapportées à la région traumatisée. Le palper pendant ces exacerbations ne fait percevoir aucune modification dans la consistance de l'utérus.

Le diagnostic posé est celui d’hémorragie intra-utérine rétro-placentaire traumatique, avec enfant vraisemblablement mort et poche des eaux intacte.

La journée du 31 octobre et la nuit du 31 octobre au 1 novembre se passent sans incident nouveau. Les douleurs cependant deviennent plus vives et plus régulières pendant la nuit,

Le 1* novembre, à 6 heures du matin, on constate que le col est en voie d’effacement; à 9 heures, il est presque complètement effacé; à 4 heures de l'après-midi, la dilatation est grande comme 1 franc et on sent les membranes intactes tendues; depuis midi est apparu un léger suintement sanguin continu; à 6 h. 15 expulsion brusque de gros caillots noirs anciens dont le poids est de 333 grammes; immédiatement derrière eux sort spontanément la tête du fœtus dont on dirige l’expulsion. Pas de. circulaires. Le fœtus, du sexe masculin, pèse 1.900 grammes; il est frais mort, son autopsie a été macroscopiquement négative.

Le placenta est déjà presque entièrement dans le vagin, mais les membranes sont encore en partie adhérentes, retenues dans la cavité utérine. La femme ne perd pas. On lui donne une injection vaginale chaude et on laisse la délivrance se terminer-spontanément. A G h. 1/2, le délivre complètement décollé est extrait. La cavité utérine est explorée dans toute son étendue, elle ne présente rien d’anormal. Quelques caillots noirs anciens et des débris de membranes sont enlevés. Enfin on fait un badigeonnage intra-utérin à la teinture d’iode, suivi d’une irrigation avec 10 litres d’une solution de lysol à 1 pour 100.

Les suites de couches furent apyrétiques. Pendant quelques jours encore, la femme accusa au niveau de son ecchymose une douleur assez vive à la pression. Puis tout rentra dans l’ordre et le 12 novembre, elle quitta la Maternité en parfait état.

19 Des urines normales.

2° Longueur normale du cordon (53 cm.) sans circulaire,

39 La notion de l'accident, permettent d’une manière précise de considérer cette observation

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