LOTO DR
La malade se plaint de faiblesses, elle dit qu’elle voit trouble et qu’elle a de temps en temps des mouches volantes devant les yeux; elle a quelques vomissements.
Pour aller au plus pressé, M. le D' G.. fait mettre la malade en position déclive et fait appliquer sur le ventre et entre les jambes des serviettes d’eau glacée. L’hémorragie commence alors à diminuer pour cesser bientôt complètement. Vers midi, M. le D’ G... constate que le ventre augmente de volume, lutérus, de 2 travers de doigt qu’il était lors de l'accident, est remonté à 4 travers de doigt au-dessus de l’ombilic. Le pouls reste autour de 100 et la malade se plaint souvent de faiblesses. Craignant alors et avec raison, une hémorragie interne par suite d'un décollement placentaire, et devant la gravité du cas, désirant l’avis d’un confrère, M. le D' G... me fait alors l’honneur de me demander. Ayant pris rendez-vous pour 2 heures, je fus présenté à ce moment à la malade et je fis avec mon confrère un examen sérieux.
À l'inspection, nous constatons un abdomen d’une grossesse d'environ huit mois, très tendu mais peu douloureux; la patiente supporte très bien le palper qui donne un ©.I.G.A. Le cœur de l’enfant est à 120 et bien frappé. Le toucher ne donne aucun renseignement; le col est très mou, c’est le col des multipares. L’orifice externe laisse passer le bout de l’index qui est arrêté par lorifice interne très dur et très fermé. L’œui est intact. Les culs-de-sac sont souples et libres, pas une goutte de sang ne tache le doigt explorateur.
Cependant, l’état de la malade est loin de s’améliorer, le pouls est au-dessus de 100, le faciès est exsangue, la syncope est à craindre, le ventre augmente de volume. I w’y a plus à hésiter, la malade saigne de son utérus, il faut se hâter d’intervenir pour la sauver.
Nous décidons alors, mon confrère et moi, de provoquer l’accouchement ou plutôt de faire l’accouchement forcé séance tenante, Nous préparons tout ce qu'il faut