‹ Contribution à l'Étude du Décollement traumatique du Placenta au cours de la GestationChapitre 20 sur 25 · A ME · texte numérisé non relu

A ME

pour l'opération que nous commençons à 4 heures environ.

La malade mise sous chloroforme, je commence par faire la toilette des organes génitaux. Or, en écartant les grandes lèvres, je constate une large et profonde déchirure en culs-de-sac de la région du clitoris; à ce moment, une abondante hémorragie recommence, venant sans doute de la clitoridienne, donnant dans l’intérieur des tissus lacérés et déchiquetés. J'essaie alors à plusieurs reprises et sans succès de pincer l’artère, et cinq points de suture de la plaie ont seuls raison de cette hémorragie. Je fais en outre deux points de suture sur la grande lèvre droite perforée comme un emporte-pièce.

Maître alors de l’hémorragie externe, j’introduis ma sonde dans la vessie et je retire 700 à 800 gr. d'urine. Je constate alors que l’abdomen est considérablement diminué de volume et que l’utérus est revenu presque à sa hauteur normale.

Le pouls est moins fréquent et moins dépressible, si bien que nous sommes amenés à refaire notre diagnostic, pensant que l’utérus n’était remonté que par réplétion de la vessie et qu’il n’y avait d’hémorragie que celle constatée aux organes génitaux externes. Nous abandonnons alors notre intervention pour interrompre la grossesse; on cesse le chloroforme et la malade est remise dans son lit.

Mais hélas, tout ne devait pas se passer aussi heureusement que nous l’espérions. Un quart d’heure environ après cette première intervention, le ventre recommence à se ballonner, l'utérus monte à 5 ou 6 travers de doigt au-dessus de l’ombilic, se contractant souvent, le pouls s’élève de 100 à 129, puis bientôt à 140; il est petit et dépressible; il n’y a plus à hésiter il faut faire l’accouchement et le faire vite.

La malade remise sous chloroforme, j’introduis ma main et je commence la dilatation forcée du col. Aussitôt que je peux introduire deux doigts, je continue la

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dilatation par la méthode du Professeur BONNAIRE, qui consiste à attirer le col près de la vulve et à faire la dilatation avec les deux index des deux mains, en les éloignant progressivement l’un de l’autre.

L’orifice interne très dur ét très résistant, demande une heure et quinze minutes pour permettre l'introduction de la main dans l’utérus.

Je crève alors la poche des eaux, et l’enfant saisi par un pied je fais la version. Extraction on ne peut plus facile. Sans plus tarder, je vais alors chercher le placenta décollé en partie et suivi d'énormes caillots de sang dus à une hémorragie rétroplacentaire par suite du décollement du placenta produit par la chute de la malade.

Une injection intra-utérine très chaude, une injection sous-cutanée d’ergotine et le massage de l’utérus eurent vite raison d’un commencement d’hémorragie post partum. La matrice se contracte bien, le pouls est bon, bien frappé et beaucoup moins rapide. Je laisse alors la malade aux bons soins de mon confrère. Il était alors 7 h. 30 du soir.

J’ai revu depuis M. le D' G... qui a bien voulu me donner des nouvelles de sa malade. Les suites de sa maladie ont été absolument normales, pas un degré de température, mais un peu de faiblesse causée par ces pertes considérables de sang, sans autres inconvénients. »

Dans cette observation, on n’a ni l'examen des urines, ni l’examen du placenta, mais le rapport de cause à effet est tellement évident qu’on peut penser que le traumatisme est bien la cause du décollement, cependant, comime on n’a pas de précisions sur les antécédents de la femme, on peut se deman-

der si elle avait ou non des lésions d’endométrite.

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VIT. — Observation des Docteurs Snock et Ingelbrecht,

Décollement d’origine traumatique d’un placenta normalement inséré (1).

« Le 4 juin 1928, se présente à la consultation prénatale du Service du Professeur Coq, Mme V.., âgée de 18 ans, primipare. Les antécédents héréditaires n’offrent rien d’anormai. La menstruation a toujours été régulière, jamais douloureuse. Elle n’a jamais présenté de pertes; son état général est florissant; elle supporte facilement sa grossesse.

L'examen obstétrical nous montre un utérus de sept mois, indolore, régulièrement développé. Bruits fœtaux positifs. Toucher normal. Aibumine et sucre : 0.

Elle nous revient le 2 juillet se plaignant de douleurs continues dans le bas-ventre. La veille, en soulevant un panier rempli de linge, elle a été prise d’une vive douleur avec malaise général consécutif. L’examen obstétrical ne révèle rien : utérus de huit mois, développement normal, ni contracture, ni contractions. Indolence sauf au bord droit. Toucher négatif; pas de pertes, pas d'anomalies.

Aucun signe d'intoxication gravidique : ni céphalée, ni vertige, ni troubles oculaires, ni digestifs. Albumine: 0.

Cependant l'aspect fatigué et anémié de la malade nous ineite à lui prescrire le repos en décubitus avec conseil de rentrer dans le Service si les douleurs ne passent pas.

Le lendemain, à 1 h. 30, la malade nous est amenée d'urgence. Son aspect général-est peu brillant. La pâleur s’est accentuée. Les muqueuses sont décolorées, le pouls est petit, à 103; température normale; albumine : 0. La

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