‹ Contribution à l'Étude du Décollement traumatique du Placenta au cours de la GestationChapitre 24 sur 25 · COMMENTAIRES · texte numérisé non relu

COMMENTAIRES

Sur les 9 observations que nous avons rapportées les cinq premières seulement concernent des décollements traumatiques indiscutables. Nos commentaires nes’appuieront que sur ces cinq observations.

Les traumatismes ont été des plus divers depuis les chutes graves des malades de Barnes et de Champetier de Ribes, immédiatement suivies de défaillances syncopales, jusqu’à la simple version à peine difficile n’entrainant aucun trouble immédiat de l'observation de M. le Professeur Couvelaire. Rien ne nous autorise à admettre que l’action du traumatisme a été exagérée par des causes susceptibles d’avoir favorisé le décollement placentaire. Certains ont accusé « l’endométrite ». Sauf dans le cas de M. le Professeur Couvelaire aucun examen histologique n'a été pratiqué et dans ce cas les lésions de la caduque sont bien légères pour être retenues.

La symptomatologie du décollement traumatique est suffisamment nette pour qu'on ait posé le diagnostic dans tous les cas. L'accident, suivi immédiatement ou à brève échéance d'accidents d'emblée graves ou progressivement aggravés a toujours attiré l'attention sur la possibilité d’une hémorragie

interne. Les signes locaux : tension de la paroi

interne, plus souvent que dureté ligneuse vraie, la disparition des bruits du cœur et parfois l'augmentation du volume de l'utérus, sont des signes assez caractéristiques pour éviter les erreurs de diagnostic.

Le pronostic de décollement traumatique, qui détermine chez une femme saine une hémorragie limitée à l'espace inter utéro-placentaire, paraît nettement moins grave que celui des accidents hémorragiques liés à une toxémie, qui frappent des femmes malades et peuvent affecter une topographie diffuse dépassant même la sphère génitale.

Dans les observations recueillies, une seule malade est morte, celle de Barnes, qui avec les ressources chirurgicales actuelles aurait peut-être pu étresauvée. Toutes les malades se sont comportées comme des femmes atteintes d’anémie aiguë hémorragique et la gravité de leur état semble avoir été toujours proportionnée à la quantité de sang perdu. À ce point de vue ces malades ressemblent beaucoup plus aux femmes atteintes d’hémorragies par insertion vicieuse du placenta qu'aux femmes atteintes d’hématome rétroplacentaire toxémique. Cette ressemblance se retrouve même dans la marche du travail ; sauf la malade de Barnes qui a été tuée par une hémorragie considérable, presque toutes les femmes après ou sans le secours d’une rupture prématurée des membranes, ont accouché facilement. En aucun cason ne trouve mentionné ce trouble profond dela contractilité caractérisé par une dureté ligneuse persistante

et une impotence fonctionnelle plus ou moins com-

OS

plète de l'utérus qui chez les albuminuriques vient assez fréquemment traduire l'existence d’une apoplexie utérine.

Au total, l'évolution des accidents liés au décollement traumatique se rapproche beaucoup plus des accidents liés au décollement spontané d'un placenta inséré sur le segment inférieur, que de ceux qui accompagnent les décollements liés à un raptus hémorragique d’origine toxémique. Cette considération justifie dans une certaine mesure la description de cette entité clinique sous le nom de décollement prématuré du placenta normalement inséré, entité dont un au moins des facteurs étiologiques

est représenté par le traumatisme.

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