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L — ÉTUDE EPTORIQUER ET EXPOSÉ GÉNÉRAL DES DOCTRINES ET THÉORIES

Le rôle du pancréas dans le diabète a soulevé bien

des discussions et en soulèvera sans doute encore.

Si le diabète semble à peu près connu au point de

vue clinique (encore reste-t-il bien des inconnues), on

ignore presque tout de son étiologie et en dehors de quelques faits expérimentaux précis et indiscutables, on ne trouve que théories indémontrées.

Les belles recherches de CLAUDE BERNARD (10) sur l’origine du sucre animal et la découverte de la fonction

- glycogénique du foie ont pu jeter quelque clarté sur le

mécanisme de cette maladie ; elles ont fait pressentir l'importance du rôle qu'y joue le foie. Mais rien ne prouve qu’une lésion ou un trouble fonctionnel de cet organe soit la cause du diabète.

Les nombreux auteurs qui ont étudié en même temps que CLAUDE BERNARD ou après lui la question de la glycogénie ou du diabète ont apporté chacun quelques faits intéressants, mais sans rien préciser de l’origine même de la maladie.

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CLaupe BerNaRD lui-même, outre ses travaux sur la glycogénie, montre l’importance du système nerveux. en découvrant la glycosurie par piqûre bulbaire et amorce l’étude des glycosuries toxiques en décrivant la glycosurie curarique (1855), étude que devait continuer plus tard von MÉRinG en découvrant la glycosurie phloridzique. ‘

See@ex (133) s'efforce de prouver que le sucré peut être produit dans l'organisme aux dépens des matières protéiques. Il cherche en l’absence de toute notion pathogénique à classer les différentes formes de diabète d’après leur allure clinique. 11 décrit une forme légère, disparaissant par la suppression des hydrates de carbone et une forme grave rebelle au régime.

Tandis que les uns comme SEEGEN, CANTANI (19), le professeur Boucxarp (15) voient dans le diabète la conséquence d'une non-destruction par l’organisme de sucre normalement formé, les autres avec Pavy (111), Zimmer (149), voient dans le diabète la conséquence d’une surproduction de sucre. FRÉRICHS (45) renonce à chercher la cause du diabète.

Les travaux mémorables de LANGEREAUX (79) semblèrent enfin jeter quelque clarté au milieu du chaos des faits d'observation clinique qu’aucune notion pathogénique ne permettait de grouper.

Les précurseurs de Lancereaux. — Certes il n’était pas le premier à avoir remarqué la coexistence de diabètes et de lésions pancréatiques.

CawLey (23 bis), dès 1788, à l’autopsie d’un diabéti-

que maigre, mais sans polyurie, signale l’existence de

es | — 13 — lithiase pancréatique avec sclérose ;il n’y attache d’ailleurs que peu d'importance. :

BOUCHARDAT (16) en 1846, insiste sur les altérations. fréquentes du pancréas observées chez les diabétiques

(atrophie, cancer); il y revient en 1851 dans son Traité

du diabète. « Sxopa, GRIESINGER, dit-il, ont aussi ren-

contré des cas d’atrophie du pancréas dans la glycosurie. On a signalé un cas de tumeur considérable, formée par un sac qui n’était autre qu’un conduit pancréatique dilaté contenant des cristaux brillants de cholestérine et de margarine chez un homme dont l'urine contenait 40 à 50 grammes de sucre. »

Boucxarpar entrevoit déjà la nécessité de l’expérimentation pour résoudre cette question et cite des tentatives faites en ce sens avant lui et par lui-même.

« HazLer, dit-il, a noté que des chiens auxquels on a enlevé le pancréas finissaient par succomber dans un degré extrème de maigreur, malgré leur grande voracité accompagnée d’une soif excessive.

« J’ai tenté avec M. Sanpras a plusieurs reprises d’enlever le pancréas à des chiens ; toujours,malgré les soins les plus grands, ils ont succombé par suite de l'opération.

Après ces essais infructueux, nous avons pratiqué la ligature du canal pancréatique ; l'animal s’est bien réta-

bli. Son urine a été analysée : elle contenait, après un'

, repas composé de pain, d'os et de viande, du sucre de

f . e fécule ; mais elle renfermait aussi de l’albumine. « Ce chien a maigri d'abord,mais il a fini par se rétablir. On l’a tué pour un autre objet et l’on a remarqué

. 2 se AL % , avec suprise que le canal pancréatique était dégagé et

que le suc pancréatique coulait de nouveau dans l’intestin.» ke

Il explique,comme d’ailleurs tous ses contemporains, le rôle du pancréas dans les glycosuries par un trouble de la sécrétion du suc pancréatique. On ne pouvait supposer à ce moment qu'une glande pût agir autrement que par ses produits de sécrétion visibles ou tangibles.

FrErICHS (5 atrophies avec dégénérescence graisseuse’ sur 9 autopsies de diabétiques), Pices et Harr- SEN (43), von RECKLINGHAUSEN (120), Fces et Munx, HaARNAGK (60), Syzver (138), SEEGEN signalent des altérations du pancréas dans le diabète,

Popper, CANTANI (loc. cit.) font aussi jouer un rôle à l’absence de sécrétion externe du pancréas dans la production du diabète. Celui-ci serait dû à la non-élaboration de substances qui normalement se combinent au glycogène hépatique.

Lancereaux. — Malgré ses précurseurs LANCEREAUX n’en reste pas moins le père du diabète pancréatique. Dans une série de communications (79), il montre l’importance des lésions pancréatiques à l’autopsie des diabétiques (cancer, sclérose, lithiase). Se fondant sur ses observations anatomo-cliniques, il croit voir une relation entre la forme clinique du diabète et la lésion causale, et, tentant enfin une classification pathogénique, il divise les diabètes en diabètes pancréatiques (diabètes des jeunes sujets, à début brusque, avec amaigrissement considérable et évolution rapidement fatale) et diabètes constitutionnels, arthritiques gras. Plus tard il

ajoute le diabète nerveux.

AS Les élèves de LANCEREAUX apportent une série de faits confirmant les idées de leur maître (LAPIERRE (81), partie anatomo- -clinique de la thèse de TarroLorx (139), La classification de L'ANGEREAUX fut accueillie avec. enthousiasme par tout le monde médical. Elle. apportait enfin quelque clarté où tout n'était que confusion ; elle était simple et précise. | pan

D'ailleurs elle n’allait pas tarder à recevoir, en appa-

rence tout au moins, de l’expérimentation une confir-

mation éclatante.

Recherches expérimentales

Les précurseurs de Mering et Minkowski. — De même que LANCEREAUX avait eu des précurseurs sur le terrain anatomo-pathologique, von Merine et MiNkowsxi en eurent sur le terrain ‘expérimental. IL faut avouer qu’ils ne furent pas heureux.

Nous avons vu les tentatives de Hhirantlté par Bov- CHARDAT), de BOUCHARDAT et SANDRAS (loc. cit.).

KoxraD BRUNNER (18), CLAUDE BERNARD (11), BÉRARD et CozziN (9), SENN, MarTinorrt (98) ou bien eurent des morts rapides ou bien firent des ablations si incomplètes qu’elles furent sans effet et on pensait que le pancréas pouvait être remplacé par d’autres glandes. Convaincu que l’extirpation totale est impossible à cause de la présence des vaisseaux dont la ligature entraîne la nécrose du duodénum, CLAUDE BERNARD eut

recours pour détruire la glande aux injections inira-

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canaliculaires. Il injectait de l'huile sous pression dans les canaux pancréatiques du chien et plus tard, les liait et les coupait. Maïs les animaux moururent pour la plupart de péritonite au deuxième ou troisième jour.Chez deux animaux plus longtemps vivants, il n’y eut pas de glycosurie.

D'autres recherches sur des chiens, chats, lapins de SGxirF (134), Paucow (112), ARNozAN et VAILLARD (4), VassALe (142), donnèrent des résultats identiques. Ces expérimentateurs firent dans les canaux des injections de paräffine ou de glycérine, lièrent etcoupèrent ceux-ci, sans provoquer de glycosurie. Plusieurs de ces animaux sont restés vivants et ont pu être observés 400 jours après l’opération.

Toutes ces expériences ne semblaient guère favorables à l’idée d’un rapportentre le diabète et la fonction pancréatique. Tous les observateurs et expérimentateurs précités étaient d’ailleurs convaincus que le pancréas ne peut agir dans l’organisme que par le suc qu’il sécrète. L'idée n’était venue à personne que cette glande pût avoir quelque autre fonction encore inconnue. BrowN-SéquarD n’avait pas encore attiré l'attention sur les sécrétions internes.

Mering et Minkowski. — Ainsi personne n’était encore parvenu à provoquer par une opération sur le pancréas une glycosurie durable lorsqu’en 1889 Mernc et Mixxowsxr (104) annoncent dans une courte note d’abord, puis dans un travail plus considérable, qu'ils avaient pusreproduire expérimentalement le diabète

chez le chien par extirpation totale du pancréas.

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