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I. DIAGNOSTIC CHEZ LES SUJETS CONSULTANT POUR DES DOULEURS

A. Ces douleurs sont continues.

En général, c’est une douleur assez sourde localisée à la région lombaire avec irradiation vers lPabdomen et le pelvis, exceptionnellement vers le thorax, La station debout la fait apparaître et l’augmente peu à peu. Elle est plus forte à la fin de la journée, le sujet étant fatigué. Elle se calme par le repos au lit, mais souvent ce calme ne survient que lorsque la malade est couchée sur le rein ptosé. « Avec de tels caractères, dit Michon, la douleur peut être reconnue comme étant d’origine rénale et due à la chute de la glande. Le plus souvent cette douleur est

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apparue d’une façon progressive et rarement l’interrogatoire nous apprendra qu’elle s’est manifestée pour la première fois à l’occasion d’une chute où d’un traumatisme quelconque.

B. Ces douleurs sont paroxystiques.

La crise ressemble étrangement à une crise de coliques néphrétiques. La douleur débute brusquement et elle est excessivement forte d'emblée, arrachant parfois des cris au patient. Elle s’irradie vers la vessie, les organes génitaux, la région inguinale et la cuisse. Souvent on note des phénomènes d’origine rétlexe : nausées, vomissements, syncope., Les urines sont diminuées comme quantité « le rein sain, dit Legueu, étant seul à fonctionner et étant lui-même inflüencé par un réflexe d’inhibition ». Par contre, les besoins sont plus fréquents et plus impérieux.

La crise peut durer de quelques heures à plusieurs jours. Elle se termine en général brusquement et on voit souvent se produire à la fin une polyurie marquée.

Ces crises, qui sont des crises d’hydronéphrose aiguë, sont dues à la brusque mise en tension du bassinet qui, pour une raison pour la plupart du temps inconnue, se bloque. Elles ont été étudiées dans la thèse de notre ami le Docteur Gérin Jean (Bordeaux, 1938).

« Quels sont les diagnostics qui peuvent venir à l’esprit en face de ces troubles algiques ? »

Devant une douleur continue, nous disons : appendicite chronique. « Combien de fois, écrit Lejars, le chirurgien fit l’appendicectomie alors que ce dût être la néphropexie. » La douleur, dans la ptose rénale, est plus spontanée que provoquée, alors que dans l’appendicite chronique, ia palpation profonde réveille souvent une douleur qui est peu marquée spontanément.

Enfin, les troubles digestifs orienteront le diagnostic vers Pappendicite chronique : état nauséeux, troubles dyspeptiques,

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revêtant le type flatulent ou le type douloureux, troubles intestinaux.

Cholécystite —— Le diagnostic est en général difficile. Ici cependant, la douleur serait plus antérieure avec irradiations vers le haut, alors que dans le rein mobile, elle est généralement postérieure avec irradiations vers le bas. Il faut toujours soigneusement interroger le malade qui vous dira parfois avoir souffert de la région scapulaire droite et avoir présenté depuis longtemps des troubles dyspeptiques. On vérifiera également l'existence de petites poussées fébriles ou de subictère.

Devant une douleur survenant par crises, nous dirons : Coliques néphrétiques liées à un calcul. — Nous pourrons orienter notre diagnostic vers celui de lithiase rénale quand le malade nous dira qu’il a déjà présenté des crises analogues avec émissions de calculs, que ses urines contiennent généralement du « sable », qu’au cours des crises, ses urines sont sanglantes. Nous lui demanderons si, entre les crises, il ne présente pas cette douleur continue décrite plus haut et qui ferait pencher ia balance en faveur d’une ptose rénale.

Colique hépatique. — Le siège de la douleur est plus élevé. Les irradiations se font vers le thorax ou lépaule droite plutôt que vers la région inguinale. Les troubles urinaires manquent.

Appendicite, — On a, dans cè cas, une douleur élective à la pression dans la région de Mac Burney. Il n’y a généralement pas d’irradiations vers les organes génitaux. La fièvre existe.

Crises douloureuses abdominales. — Ulcus duodénal, salpingite, colique de plomb, péritonite, crises tabétiques.

Occlusion intestinale. — Celle-ci peut être simulée par la colique néphrétique, en raison des phénomènes intestinaux, réflexes que celle-ci provoque. Le caractère de la douleur qui, dans l’iléus réflexe, précède nettement les phénomènes occlusifs, doit permettre le diagnostic,

Nous voyons que de multiples diagnostics s'ouvrent à l'esprit

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du praticien. Celui-ci devra alors s’efforcer, par une palpation méthodique, de reconnaître l’origine rénale des troubles.

I. DIAGNOSTIC CHEZ LES SUJETS CONSULTANT POUR UNE TUMEUR. La palpation du rein.

À l’état normal, ie rein ne se palpe pas, sauf chez les sujets très maigres. Tout rein palpable est un rein ptosé pour l'Ecole française. Deux procédés sont couramment employés pour apprécier la mobilité rénale.

Procédé du pouce de Glénard. — Le malade est sur le dos. Les doigts sont placés de telle sorte que si, pendant l’inspiration, quelque chose d’anormal est propulsé de haut en bas, on le sente passer. Il faut, avec les quatre derniers doigts de la main gauche, soulever fortement ia région lombaire, pendant que le pouce gauche, placé en avant, au-dessous du rebord costal, embrasse le flanc, On invite le malade à respirer profondément et on peut alors sentir l’organe qui descend et se place entre le pouce et les autres doigts. Quand la mobilité rénale est suffisante, l'extrémité supérieure descend jusqu’audessous de l’anneau formé par le pouce et les doigts. Ce rein peut être ainsi maintenu abaissé : c’est la capture de Ja ptose. Mais il remonte facilement à sa place. Il y revient sous la plus légère impulsion et disparaît à nouveau dans la région lombaire. Cette réductibilité est le propre du rein mobile, et Legueu déclare que « lorsqu'il ne l’a pas constatée nettement, il a tou-

jours hésité à conclure à un rein ».

Procédé de Guyon. Palpation bimanuelle, — Le flanc est palpé entre les deux mains, l’une en arrière, l’autre en avant. La main postérieure, portée vers langle costo-vertébral, soulève la paroi lombaire dans léchancrure costo-iliaque et la projette

par petits mouvements vers la main antérieure, En multipliant

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