CARD SE
souffre par crises survenant à peu près tous les huit jours, caractérisées par des douleurs lombaires, surtout gauches, irradiées vers les plis inguinaux. En même temps, pollakiurie, ténesme vésical et quelques hématuries à type total. Ces crises durent depuis trois ans avec des des alternatives d’amélioration et d'aggravation.
En janvier 1938, crise plus violente que les autres avec grosse hématurie.
Antécédents : 6 grossesses. Opération pour fibrome à Saint- André en 1933.
Bon état général. À la palpation, la région rénale droite est douloureuse.
Examen cyto-bactériologique des urines totalès et séparées urines troubles, foncées. Pas d'éléments anormaux. Pas de germes.
Le 3 mars : uretéro-pyélographie ascendante montre en position debout : un bassinet droit très dilaté et ptosé au niveau de L3. L'uretère est coudé à son origine et très dilaté.
OBSERVATION VIII (Inédite).
Ptose secondaire à un calcul.
Anna C.., âgée de 62 ans.
Depuis l’âge de 20 ans, cette malade présente des crises de coliques néphrétiques, crises s’accompagnant de douleurs vésicales et du rejet de sable urinaire. Interrogée sur la présence de sang dans ses urines, la malade déclare n’en avoir jamais constaté.
Au début, elle ne présente qu’une crise par an, mais dès 1926, les crises augmentent d'intensité et se rapprochent trois fois par an. La malade dénie tout rapport entre la fatigue et l'apparition de ces crises. Elle use depuis de l'injection de morphine pour calmer ses douleurs.
En 1935, sur les conseils de son médecin, elle cesse tout travail
et suit un régime, ce qui porte ses fruits puisque les crises ont cessé complètement,
Depuis un an, la malade a constaté l'apparition de pus dans ses urines et c’est la persistance de ce symptôme qui la fait entrer dans le service.
Antécédents. — Entérite aiguë à l’âge de 20 ans qui a de peu précédé l’apparition des premières crises de colique néphrétique. Ablation d’un kyste ovarien à l’âge de 53 ans par le professeur Loubat.
Actuellement, personne amaigrie qui aurait perdu 12 kilogrammes depuis peu et qui manque complètement d’appétit.
Elle se plaint de douleurs au niveau des reins et de la vessie, douleurs à caractère sourd. Les mictions ne sont pas douloureuses. Elle ressent d’assez vives douleurs lorsqu'elle se lève. Elle dit d’ailleurs sentir nettement que « ses reins descendent tout d’un Coup », impression subjective curieuse à noter. Les examens pratiqués montrent
— Pus dans les urines.
— Forte quantité de phosphates ammoniaco-magnésiens. L’urée sanguine est de O0 gr. 45.
L’urographie intraveineuse montre
À droite, un beau calcul coralliforme du bassinet et deux calculs dans l’uretère.
À gauche, un énorme calcul emplissant tout le bassinet.
Dans les clichés pris en station couchée, les bassinets sont au niveau de la troisième lombaire. Dans ceux pris debout, ils sont presque à hauteur de la quatrième lombaire.
L’uretéro-pyélographie ne fait que confirmer ces données, montrant à gauche un bassinet dilaté et une coudure de l’uretère audessous et à droite un bassinet dilaté lui aussi arrivant à L4 dans la station debout. L’uretère est flexueux.
Nous avons en plus, tant dans le service du Professeur Duvergey que dans les thèses de Ghayour (Paris, 1937), Pénicaud (Paris, 1935), Lemaigre (Bordeaux, 1937), consulté 100 observations de ptose rénale vérifiée par uretéro-pyélographie rétrovrade. Sur ces 100 malades
DENO RS
15 s'étaient présentés pour douleurs lombaires continues ou crises d’hydronéphrose aiguë. Sur ces 15, nous avons noté 3 hématuries.
64 étaient venus consulter parce que : 1° ils souffraient continuellement, ou par crises, de leur région lombaire, et que 2° ils présentaient de légères poussées de température, des urines troubles, de la pollakiurie, de la dysurie, et des douleurs à la fin de la miction. Sur ces 64 malades, 40 présentaient des hématuries.
15 se présentaient comme des infectés urinaires et on ne notait pas de crise douloureuse aiguë. On disait alors cystite, pyélonéphrite. Sur ces 15, 8 avaient des hématuries.
Les autres étaient venus pour troubles psychiques, parce qu'iis avaient constaté une tumeur (1), ou parce qu'ils avaient émis des calculs (2).
Evidemment, ceci n’a que la valeur d’une statistique, et comme toutes les statistiques, celle-ci peut prêter à critique. Mais nous n’en dégagerons pas moins :
1° La coexistence fréquente des troubles douloureux et des troubles infectieux ;
2° La rareté relative des troubles douloureux caractéristiques de la ptose rénale, sans aucun autre accident ;
3° La fréquence des hématuries coïncidant avec l'infection. La rareté de celles-ci quand elles sont dues uniquement à des phénomènes mécaniques ;
4° La fréquence des troubles gastro-intestinaux, car sur ces 100 malades, plus de la moitié présentaient des troubles gastrointestinaux variés.