‹ Contribution à l'étude du diagnostic de la ptose rénaleChapitre 18 sur 24 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

EXPLORATION RADIOLOGIQUE L’'URETÉRO-PYÉLOGRAPHIE RÉTROGRADE

Radiographie simple. — C’est la règle de faire une radiographie de l’appareil urinaire à l’occasion de n’importe quelle douleur d’origine rénale, afin d’exclure la possibilité des calculs. Malgré tout, on peut avoir affaire à des calculs d’acide urique pur, mais cette éventualité est assez rare.

Urographie intra-veineuse. -— C’est l’image obtenue par injection intra-veineuse d’une solution opaque aux rayons X. Elle a l’avantage de pouvoir être pratiquée chez les sujets où le cathétérisme uretéral est impossible et d'éviter de la fatigue chez des sujets très déprimés. Elle présente, par contre, certains inconvénients. Elle nécessite une grande habitude dans linterprétation des clichés, car l’image est la résultante de deux fonctions rénales : La sécrétion et l'excrétion, ce qui permet d'expliquer que des reins qui ont une sécrétion normale et une excrétion rapide, donnent une mauvaise image du bassinet, tandis que des reins qui ont une sécrétion insuffisante et une excrétion ralentie donnent une belle image.

L’URETÉRO-PYÉLOGRAPHIE RÉTROGRADE. SES RÉSULTATS,

C’est pour la première fois, en 1928, à la Société de Chirurgie, que M. le Professeur Chevassu à présenté un cliché uretéro-pyélographique sur lequel il avait posé le diagnostic de retrécissement de luretère pelvien. Depuis lors cette méthode a été per-

iectionnée et elle est appliquée depuis plusieurs années dans ie service de M. le Professeur Duvergey, où elle rend des services d'une importance considérable. Le principe de la méthode a été exposé par ie Professeur Chevassu dans les « Cahiers de la radiologie », supplément au n° i8 du 1‘ octobre 1932 de la Gazette Médicale de France. Nous nous permettons de le rapporter ici-rnême :

« Les lésions du 1ein et de l’uretère, si l’on en excepte la pluparc des néphrites médicales et certaines pyélonéphrites légères, s accompagnent de inodilications du système excréteur « papuies, petits et grands calices, uretère ». En injectant dans ces cavités une substance opaque aux rayons X jusqu'à ce qu'elles soient complèt:ment remplies et en prenant un cliché à Pinstant même où elles sont mises en tension, on réalise un véritable moulage radiographique de l'arbre uretéro-rénal. Pour mettre larbre excréteur en tension il faut que le liquide injecté puisse être progressivement accumulé dans les conduits sus-vésicaux sans qu'il reilue dans la vessie, » Pour ce, on emploie une sonde spéciale dite « sonde de Chevassu », dont l'extrémité, se terminant par un renilement conique, forme bouchon au niveau du méat uretéral et présente le double avantage : de ne pas s’introduire profondément dans l’uretère et d'empêcher le liquide injecté de refluer dans la vessie. Ce renflement est opaque aux rayons X, de façon à permettre de préciser la situation de lPori-

fice uretéral.

Le liquide injecté. — I faut employer une substance aussi peu irritante que possible. Au début, la substance employée était une solution d’iodure de sodium à 30 °.. Or, cette substance était trop irritante. Actuellement, on utilise l’urosélectan, le ténébryl ou le diagnorénol en ampoules de 20 cc., qui ne sont ni

irritantes, ni douloureuses.

La table d'examen. — M. le Professeur Heitz-Boyer a conçu un appareillage remarquable qui devrait se trouver dans tous

Berthelot.

les services d’urologie, La description de cette table a été faite dans la thèse de Natalio Bayonet (Paris, 1934).

Une série de dispositifs assurent la fixation et l’immobilisation absolue du patient. Des mouvements de bascule sont possibles dans tous les sens. La table est munie d’un dispositif élévatoire. Enfin, l'ampoule peut aussi bien se placer au-dessous qu’au-dessus de la table et elle suit automatiquement tous ses mouvements, en assurant dans les prises de vues successives, une incidence toujours la même du patient vis-à-vis de lPampoule.

Technique. — A laide du cystoscope, la sonde est introduite dans le méat uretéral. On injecte la solution opaque très doucement jusqu'au fioment où le malade accuse une sensation désagréable dans la région lombaire, On prend alors trois clichés un en position horizontale, un en position verticale la tête en baut, c’est la position tangage tête de Heitz-Boyer, un en position verticale la tête en bas, c’est la position tangagé pieds. Après l'exploration, parfois douloureuse, ii faut laisser les malades au repos pendant quelques heures. S'il y a une douleur violente, on appliquera des compresses laudanisées, ou on fera une injection d’un calmant quelconque.

Contre-indications. — Etat de dépression importante, azotémie élevée.

Page 1