‹ Contribution à l'étude du diagnostic des chloroses frustesChapitre 20 sur 39 · OBSERVATION XVIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVIII

Mme C..., âgée de 26 ans, entre, au mois de mai 1923, au numéro 10 de la salle Hanot, dans le service de M. le Professeur Chauffard, pour des étouffements et des œdèmes. Dans ses antécédents, on retrouve l'apparition de -purpura et d’albuminurie dès l'établissement de la puberté à 16 ans. Les règles ont été toujours abondantes et irrégulières. La malade a subi de grandes privations pendant la guerre dans les pays envahis. Rapatriée, ellé fait une cure à Evian, où l'avait envoyée un médecin qui avait constaté de l'albuminurie, de l’œdème des jambes, du purpura et des douleurs lombaires. À l’examen on constate un facies fatigué et pâle, un gros œdème des paupières et des malléoles, des traces de purpu-. ra sur les jambes, un bruit de galop, un pouls à 128, une tension artérielle à 28-17, de l’albuminurie, 1 gr. 23 d'urée dans le sang, 1 gr. 22 d’urée dans le liquide céphalo-rachidien, L'examen hématologique donne 2.900.000 globules rouges, 6o % d'hémoglobine, un

globules

pourcentage leucocytaire normal, un rapport plasma

égal à 1/5 et une valeur globulaire de 0,90. L'examen des yeux montre une rétinite à type albuminurique. Chez cette malade, malgré l’anémie sanguine très nette, il à été impossible de constater un souffle jugulaire.

Pour expliquer l'absence de ce bruit, peut-être doit-on invoquer l'augmentation des leucocytes (d’où augmentation de la viscosité) et le ralentissement de la circulation veineuse chez les brightiques.

Au contraire, les anémies post-hémorragiques donnent facilement des souffles : des examens fréquents pratiqués à l'hôpital Saint-Antoine chez des nouvelles accouchées ou chez des opérées qui ont perdu beaucoup de sang nous ont révélé souvent des souffles jugulaires, alors que l'examen des méêmes malades avant toute intervention nous donnait des résultats négatifs.

Nous avons ausculté les jugulaires de quelques leucémies et nous avons constaté la difficulté d’obtenir des souffles, de même que dans une anémie palustre.

Dans certains cas d’anémie dont la cause directe n’était pas toujours évidente, il nous a été permis d'observer des souffles, mais ce signe était loin d'être constant. Les trois observations suivantes, prises au hasard, en font foi

Page 1