‹ Contribution à l'étude du diagnostic et de la correction des astigmatismes faiblesChapitre 10 sur 25 · EURE · texte numérisé non relu

EURE

encore exactement à quel endroit précis de l'œil se passe Ce phénomène, il est lout de mème très précis dans ses. indicalions.

Dans les cas d’astigmalisme assez marqué, l'observateur découvre très facilement le jeu des ombres et le sens de leur déplacement, qui se fait dans une direction bien déterminée. Il aperçoit, en eflet, dans le cas d’astigmie conforme simple une bande lumineuse transversale située au milieu du champ pupillaire et limitée en dessus et en dessous par un demi-disque sombre. Cette bande se déplace de haut en bas si on éclaire successivement avec un miroir concave la cornée de haut en bas. Si on déplace le miroir transversalement, on ne constate aucun jeu d'ombre, on est au point neutre. Ce phénomène est très net et très perceptible.

Mais dans le cas d’astigmatisme faible, l'aspect du champ pupillaire est tout différent, et c’est en général ce qui déroute ceux qui n’en n’ont pas une très grande habitude. Les cas difficiles de diagnostic se présentent, on peut le dire, sous deux formes:

Dans la première, qui est la plus habituelle, on constate par exemple que verticalement les ombres ont l'air de se dessiner dans le même sens; qu'horizontalement, elles ont l’air de se dessiner en sens inverse. Dans les deux cas, se sont plutôt des ombres soupçonnées que des ombres franches. Mais on peut dire déjà que très probablement il existe de l’astigmatisme.

Dans la deuxième forme, on aperçoit une espèce de châtoiement, dû à l'apparition d’un phénomène connu sous le nom d'ombre paracentrale. Pas au centre même du champ pupillaire, mais dans les parties immédiatement avoisinantes, il se forme. une ombre irrégulière, le plus souvent semi-lunaire, qui se déforme au moindre déplacement du miroir, tandis que les bords de la pupille demeurent éclairés. Cet aspect s'explique très bien, car il est causé, comme l’a démontré Bitzos, par une différence de réfraction dans les différents méridiens de l’espace pupillaire. Un œil parfaitement régulier dans sa réfraction ne montre pas cette ombre paracentrale.

* Au premier coup d'œil nous sommes donc incapables de déterminer les méridiens principaux de cet œil astigmate.

C’est pour arriver à se faire une opinion que le Professeur Cabannes a eu l’idée de faire passer très rapidement au devant de l'œil soit les sphériques + 0,25, + 0,50, soit les sphériques — 0,25, — 0,50. C'est alors que la différence des méridiens s’accuse et que l’astigmatisme qui n’était encore que soupçonné devient évident. Ë

Nous allons montrer par des exemples théoriques comment le phénomène se passe et nous donnerons ensuile des observations recueillies à la consultation de M. le Professeur Cabannes montrant l'application de ce procédé.

Il est entendu que la skiascopie est faite au miroir concave et selon une technique que nous allons décrire soigneusement plus loin.

Prenuer exemple. — Supposons que dans l'œil que nous examinons il nous semble qu'il y a des ombres dans le méridien vertical et qu’elles ont l’air de se déplacer dans le même sens. Dans le méridien horizontal, elles semblent au contraire être en sens inverse.

Interposons un verre A PDREE 0,50. Les ombres verticales disparaissent, il y a point neutre; donc myopie de 4. d. 50. Les ombres horizontales sont toujours en sens inverse.

Interposons maintenant un verre de + 0,25. Les ombres horizontales sont au point neutre; donc nous sommes en présence d’une myopie de — 0,75. Les ombres verticales demeurent dans

le même sens.

Le résultat skiascopique est donc :

M.V. = —14,50 MH. = — 0,75

C'est-à-dire que nous sommes en présence d’une astigmie myopique conforme de — 0,75.

Deuxième exemple. — Les ombres des deux méridiens, horizontal et vertical, sont inverses toutes les deux, mais inégales. Cette inégalité est cependant peu marquée, elle n’est que soupçonnée.

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