OBSERVATION I
Dolichocôlon gauche (de Fangle splénique, du descendant et du sigmoïde) découvert à l’occasion d’une crise pseudo-occlusive, avec volvulus de l'estomac.
Benouar Zohra bent Ali, demeurant à Alger, entre le 8 juin 1937 salle Cochez, pour douleurs épigastriques et vomissements qui durent depuis 7 jours.
Il y a une semaine la malade, bien portante jusque là, a ressenti une douleur sous-ombilicale, dans la matinée. Cette
de pe ere
Benouar Zohra bent Àf.
douleur a augmenté dans la journée et le soir, vers 6 heures, était si intense que la malade « a cru mourir ». En même temps elle a commencé à vomir.
Il n’y avait pas de fièvre, le ventre était dur comme bois. Puis la douleur a changé de siège, est devenue épigastrique mais est restée vive. Cette douleur se réveille dès que la malade a mangé, se calme un peu lorsqu'elle a vomi et s’atténue beaucoup quand elle est à jeun.
Le maximum siège à trois doigts au-dessous de l’appendice xyphoïde et elle ne semble pas irradier beaucoup.
Les vomissements apparaissent immédiatement après l’ingestion d'aliments quels qu’ils soient, liquides ou solides : ces vomissements sont purement alimentaires.
Depuis 7 jours cette malade n’a gardé qu’un verre de lait et un morceau de pain. Durant les premiers jours, existait une diarrhée abondante qui s’est calmée actuellement. D’habitude la malade est plutôt constipée.
Antécédents. — Mariée, deux enfants, pas de fausse-couche. Bien réglée. N’a jamais été malade jusqu'alors, en particulier jamais de paludisme.
Examen, — Malade asthéniée, pâle et anémiée. Pas de température.
Appareil digestif. — Abdomen souple, qui respire bien et
se laisse facilement déprimer. Pas de point de Mac Burney. Pas de point de Murphy. La palpation réveille un point douloureux épigastrique très net. La palpation du foie (qui ne déborde pas les fausses côtes) réveille aussi cette douleur épigastrique.
Par ailleurs, pouls 80-100, tension artérielle : 10 1/2-6.
Appareil génital. — Au toucher : légère douleur à la mobilisation utérine. Pas de pertes.
Dans les urines : ni albumine, ni sucre, ni sels, ni pigments biliaires.
Dans le sang : Urée — 0,70.
B.W.— négatif.
Le lavement Baryté :
1° ne monte pas de signes d’occlusion du grêle ;
2° révèle un dolichocôlon gauche ;
3° montre un estomac volvulé sur son axe vertical, ce qui explique les vomissements.
On met la malade à la belladone (40 gouttes par jour), au sérum glucosé et au sérum hypertonique intra-veineux. Les symptômes s’améliorent rapidement et après quelques jours l’alimentation normale est permise.