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INDICATIONS GÉNÉRALES DU DRAINAGE DE L’'HÉPATIQUE

Le drainage de l’hépatique a pour but d'amener temporairement à l'extérieur la bile prise dans les voies biliaires principales. Le but qu'on se propose est donc de soustraire l’économie à l'infection qui pourrait être la conséquence d’une maladie infectieuse du foie.

Ce drainage est total puisqu'il est établi sur le canal hépatique à la sortie du foie et que, s’il est bien fait rien ne peut fuser dans le duodenum ni vers la vésicule, mais, étant total, il ne doit être que temporaire, car on ne peut pas priver l'économie ou plus exactement l'intestin grêle d’un liquide organique aussi nécessaire que la bile pour l'élaboration de la digestion.

Mais bien que temporaire c'est une ressource précieuse pour la chirurgie de pouvoir ainsi débarrasser l'économie des poisons secrétés par la cellule hépatique et qui sans cela auraient été amenés par le cholédoque

jusque dans l'intestin où ils auraient continué à intoxiquer l’organisme.

Comme toutes les méthodes nouvelles, celle-ci a reçu un certain nombre d’objections : suppression de la fonction biliaire, diminution du calibre de l’hépatique, déjà restreint, par la présence d’un drain dans sa lumière, irritation des parois du conduit et hémorrhagies possibles.

Il est évident que la suppression du cours de la bile est importante à considérer, aussi n'est-ce qu'à bon escient qu'on pratique ce drainage total, mais quand l'organisme bien infecté indique une septicité particulière de la bile, il vaut mieux dériver temporairement son cours que de risquer l’intoxication générale de l'individu pour la conservation d’une fonction qui peut être supprimée pendant quelque temps sans grands inconvénients.

Quant à la diminution du calibre du canal hépatique nous avons vu que rien n'est plus facile que de retirer le drain pour faire des lavages, aussi cette objection est-elle peu sérieuse; mais n’y en a-t-il pas une autre plus grave? Le calibre de l'hépatique est-il toujours suffisant pour recevoir un drain ? M. Delagénière a victorieusement répondu à cette objection.

Au cours de sa longue pratique il a remarqué que chaque fois qu'un obstacle sièsre sur le cholédoque amenant de la rétention biliaire avec augmentation du volume du foie, l'hépatique se trouve dilaté et par con-

Conte

séquent dans les meilleures conditions possibles pourra être drainé : reprenant la loi de Courvaisier Terrier il y a fait une adjonction qui la complète bien et actuellement on peut la formuler ainsi : Lorsqu'un obstacle d’origine calculeuse siège dans le cholédoque, la vésicule bilhaire est atrophiée et le canal hépatique dilaté, mais ce n'est pas seulement la lithiase qui amène cette dilatation : toutes les fois qu'une cause quelconque, obstacle mécanique ou infection amène de la rétention biliaire avec augmentation de volume du foie, l'hépatique est dilaté et cette dilatation est pour ainsi dire une invitation à établir un drainage total.

Ce drainage total est entré dans la pratique d'une façon assez récente; on avait bien jusque là fait des tentatives sérieuses dans cet ordre d'idées, mais le drainage ainsi établi est le plus souvent incomplet et inefficace.

Si on emploie la voie cystico-cholécystique en pratiquant la cholécytostomie pure et simple, on ne peut jamais être certain de la perméabilité du cystique qui déjà à l’état normal n’a pas un calibre régulier et qui à l’état pathologique est le plus souvent rétréci, déformé et plus ou moins oblitéré — d'autre part, la cholédocotomie avec application de l'extrémité d’un drain au contact de l'incision du conduit et tamponnement tout autour est forcément insuffisant et n'empêche pas une plus ou moins grande quantité de bile septique de gagner la partie terminale du cholédoque et le duodénum et d’entretenir ainsi la septicité.

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Mais est-ce à dire pour cela que le drainage total doive être employé systématiquement à l'exclusion des autres procédés ? En médecine comme en chirurgie il ne doit pas y avoir de règles fixes et tout doit être subordonné aux circonstances ; chaque cas demande un traitement particulier et c'est ce que nous essaierons de montrer.

Auparavant il nous faut voir quelles sont les 2#d1cations générales du drainage lotal de l'hépatique : d’après Kehr et la plupart des auteurs, c'est la présence au niveau des branches d’origine de l’hépatique de calculs qu’on n’a pu extraire d'emblée et qui trouveront ainsi une issue facile, mais c’est surtout l'infection grave du foie qu'elle soit d'originecalculeuse ou autre, qui indique le drainage total car seulil permet, comme nous l'avons dit plus haut, d’amener au dehors foute la bile

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