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Pratiquée tout d’abord en deux temps par Thudicum en 1850, la cholécystostomie fut faite en un temps par Bobbs en 1867 ; répétée sans succès par Marion Sims en 1877 ; exécutée heureusement par Kônig en 1882; elle fut surtout vulgarisée par Lawson-Taét et, en France, le professeur Terrier, au congrès de chirurgie de 1885, étudia magistralement la question et indiqua parfaitement les indications de la cholécystostomie, indications que nous devons reproduire ici bien que ne rentrant pas absolument dans notre sujet, parce que ce sont à peu de chose près les indications du drainage de l’hépatique par les voies biliaires accessoires et que seuls les progrès de la chirurgie ont permis en 10 ans de ne plus se contenter d’une dérivation par les voies naturelles mais bien d'agir sur l'origine des voies biliaires.
Mais laissons la parole au professeur Terrier.« Dans les cas où les voies biliaires directes ou indirectes renfermant ou non des calculs sont le siège d'inflammahion délerminant des accidents fébriles intenses, continus avec des exacerbations, il est absolument indiqué d'intervenir chirurgicalement et de pratiquer une laparatomie.
Celle-ci doit avoir pour but principal d'ouvrir la vésicule biliaire et de tenir cette ouverture béante en un mot de pratiquer une cholécystostomie.
Grâce à cette opération on se rend un compte exact de l'état des voies biliaires accessoires, cystique et
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vésicule, on peut explorer les voies biliaires principales, hépatique et cholédoque et on donne une issue facile à la bile septique que renferment les voies biliaires et qui intoxique l’économie. »
On voit par cette citation que le professeur Terrier avait bien en vue en décrivant la cholécystostomie d’amener au dehors la bile septique, en un mot de drainer les voies biliaires principales c'est-à-dire l’hépatique.
On a conservé longtemps cette voie de dérivation considérant qu'une opération sur les voies biliaires accessoires était toujours moins grave qu'une intervention sur les voies principales, mais actuellement on a reconnu que cette voie était parfois insuffisante et que c’est à l’hépatique lui-même qu'il faut s'adresser : nous verrons tout à l’heure dans quels cas ; toutefois grâce aux travaux de M. Delagénière (du Mans) le drainage de l'hépatique par l'intermédiaire des voies biliaires accessoires est entré dans une nouvelle phase et actuellement on peut faire par cette voie un drainage absolu et efficace.
Postérieurement à la chirurgie des voies biliaires accessoires apparait la chirurgie du cholédoque, auquel on s'attaque pour en extraire les calculs et dériver le cours de la bile. C’est Langenbuck qui eut le premier ‘idée d'inciser le cholédoque, mais c’est Kümmel, en 1884, qui réalisa pour la première fois cette interven-
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tion qui depuis a été pratiquée un grand nombre de fois tant en France qu’à l'étranger.
C’est dans la cholédocotomie que réside la première idée de drainage de l’hépatique par cette voie, mais ce mode de drainage a passé par une série de phases avant d’en arriver à la technique actuelle que nous verrons plus loin.
Tout d’abord, après avoir ouvert le cholédoque avec toutes les précautions nécessaires pour protéger le péritoine environnant et avoir extrait le ou les calculs qui pouvaient s’y trouver, on terminait l'opération en mettant l'extrémité d’un drain au contact de la plaie cholédochienne pendant que l'autre extrémité du drain débouchait dans le pansement : une protection soignée de toutes les parties environnantes à l’aide de mêches entourant le drain était de mise les premiers jours de façon à permettre à des adhérences protectrices de se former, puis on pouvait laisser le drain seul et enfin le retirer, les voies biliaires principales se drainant par cette fistule.
Un peu plus tard les chirurgiens introduisirent l'extrémité du drain dans le cholédoque, dans la partie supérieure de celui-ci, s’acheminant ainsi vers le drainage de l’hépatique par la voie cholédochienne, mais on n’en tait pas encore arrivé au drainage fait systématiquement.
C’est a Kehr (de Halberstadt) que revient l’honneur d’avoir drainé systématiquement le canal hépatique en
employant la voie cholédochienne et, étant donnée cette voie de drainage, il donna à son opération le nom de drainage du cholédoque.
Marcel Beaudoin, en 1897, pour mieux faire comprendre la portée et le but poursuivi par Kehr a proposé à ce drainage le nom de drainage cholédoco-hepatique, il indiquait ainsi que le but à atteindre était d'amener au dehors toute la bile accumulée dans le canal hépatique et les voies biliaires supérieures : c’est à cet auteur que la chirurgie contemporaine est redevable du premier travail d'ensemble sur les opérations pratiquées sur la première partie des voies biliaires.
En 1899, Pantaloni, dans son livre sur la chirurgie du foie et des voies biliaires, traite à nouveau magistralement la question et publie de nouveaux faits.
Depuis,des opérationssuccessives ont été tentées dans cette voie, et actuellement le drainage de l'hépatique, pratiqué par la voie cholédochienne est devenu une opération réglée et faite systématiquement dans une série de cas que nous tâcherons de préciser tout à l'heure.
Enfin, grâce aux travaux récents de Kehr, de Delagénière, de Lejars, la chirurgie directe du canal hépatique abordé systématiquement d'emblée, est entrée dans la pratique courante et nous verrons également quelles sont les indications de cette intervention, la
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