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CHAPITRE VII

Stérilisation de certains objets employés en chirurgie

$ 1. — Préparation des éponges

Les éponges qui peuvent être employées en chirurgie appartiennent aux variétés suivantes :

1° Fine douce Syrie ;

2° Fine douce Grecque ;

3 Fine Antilles ;

4° Eponge de Venise.

La fine douce Syrie en raison de son prix élevé (1200 à 1800 fr. le kilogramme) n’est guère employée en chirurgie ; c’est une éponge de luxe réservée à la toilette.

La fine dure Grecque est une éponge à tissu fin et compact. Elle est très résistante et convient très bien à la pratique chirurgicale.

On lui préfère pourtant l'éponge de Salonique qui est plus douce et qui en même temps absorbe un poids

de liquide plus considérable. Si en effet la fine dure Brusset 7

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Grecque absorbe vingt parties d’eau, l'éponge de salônique en absorbe trente.

La fine Antilles est moins résistante que la précédente. Son pouvoir absorbant est très élevé, à peu près semblable à celui de la fine douce Syrie.

L’éponge dite d'Afrique et qui en réalité provient également des Antilles peut être également employée en chirurgie ; son prix de revient est peu élevé.

Avant d’être livrées au commerce, les éponges subissent un traitement qui les débarrasse presque complètement des matières étrangères qui les souillent (sable, polypes, mucosités, coquillages, etc.) Elles sont dirigées dans des locaux dits « ateliers d’éponges » où l’eau arrive en grande quantité. On les entasse dans de grandes cuves à claires-voies et on les arrose d'eau. Une fois arrosées, les éponges passent

à travers plusieurs Jeux de cylindres cannelés qui

écrasent les matières solides qu'elles renferment. On les nettoie une seconde fois dans les mêmes conditions, on les exprime presque complètement et on les fait sécher. Ainsi préparées et après avoir reçu une forme qui favorise leur vente, les éponges sont livrées au commerce. Certains commerçants, peu scrupuleux, font un mélange de colle forte et de graviers et en imprègnent les éponges jusqu’au tiers de leur poids. Il est souvent très difficile de s'apercevoir de cette fraude.

La désinfection des éponges se fait de la manière suivante : les éponges brutes sont plongées dans une solution faible d'acide chlor ydrique qui les assouplit et

qui dissout les graviers restants. Puis on les met dans de grandes corbeilles d’osier à larges mailles et on les plonge dans un premier bain ainsi composé :

Permanganate de potasse...... 450 gr.

Hans Héenni et au. si 20.000 gr.

On les laisse séjourner dans ce bain pendant vingt minutes environ de façon à ce qu’elles soient bien imprégnées de cette solution, ce qu’on reconnaît à leur teinte bien foncée. On ne les retire que quand les parties centrales sont aussi bien imprégnées que les parties superficielles,

Les éponges ainsi traitées sont exprimées, lavées à l’eau stérilisée et plongées dans un seçond bain ainsi COMPOSÉ :

Bisulfite de soude......... 900 gr.

HaursiéniiSée er ie ut 20.000 gr.

Acide chlorydrique........ 100 gr.

Le blanchiment a lieu immédiatement à condition de renouveler plusieurs fois la surface libre par le brassage.

Les éponges sont alors mises dans une cuve à claires voies au sommet de laquelle est disposé un JE en pomme d’arrosoir.

Lorsqu’à la suite de ce lavage toute trace d'acide sulfureux a disparu, ce qu’on reconnaît à l'absence d'odeur, on met les éponges dans la solution suivante :

FOonmale rentre 90 grammes.

Eau stérilisée....., 10.000 »

Après une immersion de six heures environ, on

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lés retire de ce liquide, on les exprime et on les enferme pour l’usage dans de larges bocaux préalablement stérilisés. Le bocal est recouvert d’une couche d’ouate stérilisée et clos par une feuille de makinstoch. Au moment de s’en servir, on les plonge dans de l’eau stérilisée et on les exprime.

. Des éponges ainsi préparées ont été "examinées au point de vue bactériologique et n’ont jamais rien donné. Enfermées dans une cavité close, comme l’abdomen (procédé de Mikuliez), elles n’ont jamais déterminé d'accidents.

Le procédé le plus généralement employé pour préparer les éponges dont on se sert en chirurgie est le procédé à l’acide phénique: Il consiste essentiellement à immerger les éponges pendant six heures environ dans une solution d'acide phénique à 5 pour 100.

Les éponges ainsi préparées présentent certains inconvénients évités par l’emploi du formol.

La susceptibilité pour le phénol est variable suivant les individus. Toutefois, on peut dire que les enfants, les femmes sont plus succeptibles que l’homme à son action. Cette susceptibilité est accrue dans une forte mesure par toutes les maladies infectieuses qui s’accompagnent de dépression nerveuse.

Les solutions de 1 à 5 pour 100 produisent, quand elles sonten contact avec la peau pendant un assez long temps, et notamment chez ceux qui préparent les éponges à l'acide phénique, des fourmillements dans les doigts, un tremblement d'une intensité variable, suivant la susceptibilité individuelle L’épi-

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derme se fendille et s’exfolie lentement ; quelquefois il y a production d’érythème simple ou accompagné de vésiculations.

D'un autre côté, les éponges préparées à l’acide phénique et non utilisées immédiatement brunissent très repidement à la lumière. Les éponges au formol conservent longtemps leur couleur claire.

$ 2. — Préparalion des catguts

Le catgut employé en chirurgie provient de l'intestin du chat, du mouton et du porc. C’est de l'intestin de ce dernier animal qu’on retire presque exclusivement le catgut fabriqué à Paris.

La première optration de la préparation du catgut consiste à le dégraisser soit à l'éther, soit au sulfure de carbone. Pour ce faire, on le met dans un appareil à déplacement et on renouvelle deux ou trois fois le liquide qui sert à dégraisser, puis on enroule les cordes sur des bobines en verre.

Ces bobines sont placées dans des tubes en verre que l’on soumet à une température de 150° pendant une heure environ. Cette opération est très délicate et se pratique de la facon suivante : on place les tubes dans un stérilisateur à air chaud que l’on porte à une température faible. On augmente progressivement

cette température de facon à n'atteindre 150° qu’au

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bout d’une heure et demie environ. Lorsque les catguts ont subi 150° pendant une heure, on laisse la chaleur tomber peu à peu de facon à mettre environ une demi-heure avant d’atteindre la température ambiante.

Ce traitement est renouvelé dix jours après, de façon à ce que les spores quiétaient à l’état naissant au moment de la première chauffe soient passés à l’état adulte au moment de la seconde opération.

La lenteur avec laquelle on doit procéder a pour but de faire dégager peu à peu l’eau interposée mécaniquement dans le catgut. Une trop brusque élévation de température aurait pour effet de rendre le catgut cassant.

Le catgut ainsi stérilisé est enfermé dans des flacons contenant la solution suivante :

ROLMDE MEET ANRT 2 parties AICOO! AOOSMAEERNRE 100 parties

Vingt-quatre heures après, on le sort de cette solution et on le conserve pour l’usage dans des flacons contenant la solution suivante :

AGORA RAIUMENREIE 200 gr.

Huile de ricin stérilisée. 100 gr.

FormoLs te een, 1 gr. (sol. 2 pour 1000).

L'huile de ricin a pour but de rendre au catgut une partie de l'élasticité quil a perdu pendant le traitement.

Les catguts au formol offrent une résistance plus grande que les catguts préparés suivent les autres méthodes. Un catgut n°3 a donné commé résistance

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les résultats suivants : un poids de 18 kilogrammes attaché à l’une de ses extrémités a pu être soulevé à plusieurs reprises et maintenu en l'air pendant plusieurs minutes. Ce n’est qu’à la quatrième reprise qu'il a cédé par suite de l'allongement dû à la traction du poids. Cet allongement est d’environ 20 à 25 centimètres sur un catgut de 1 m. 25 de long.

L'examen bactériologique complet et plusieurs fois répété des catguts au formol a toujours été négatif. D'ailleurs ils sont employés avec succès dans le service de M. Le Dentu depuis un temps assez long pour qu'on puisse affirmer leur réelle valeur. Les plaies suturées avec ces catguts ne présentent jamais ni rougeur, ni suppuration (1).

$ 3. — Stérilisation des sondes.

M. le Docteur Janet à fait à la fin de 1895 dans le laboratoire de M. le Professeur Guyon une série d'expériences très détaillées sur la stérilisation des sondes par le formol. Les résul/ats ont été des plus satisfaisants.

Nous n’entrerons pas dans le détail de ces expérimentations faites avec toutes les garanties désirables ;

(1) Les renseignements touchantla préparation des éponges et des catguts au formol nous ont été donnés par M. Michel, interne du service de M. Le Dentu Nous lui adressons nos remerciments.

elles sont relatées dans les Annales des maladies des organes génilo-urinaires, (janvier et février 1896). Nous nous contenterons d'exposer les résultats obtenus par M.le Docteur Janet, ainsi que le procédé très pratique qu'il conseille pour stériliser les sondes.

Comparant la stérilisation au formol et la stérilisation à l’acide sulfureux, M. Janet conclut à la supériorité de la solution commerciale de formol et de son polymère solide le trioxyméthylène qui sont plus efficaces, plus rapides et plus maniables. De plus ils altèrent moins les sondes et surtout leur armature métallique.

Le trioxyméthylène est supérieur au formol parce qu'il agit à sec. ce qui évite le ramollissement des sondes et parce quil n’a Jamais besoin d’être renouvelé ; mais il est moins volatil, ce qui rend son action plus limitée et moins rapide.

I faut donc recourir au formol pur, quand on veut stériliser un grand nombre de sondes dans une grande caisse, comme celle qui est en usage à la clinique de Necker.

Au contraire, il est préférable de recourir au trioxyméthylène quand on se sert de petits appareils.

L'appareil décrit par M. Janet se compose d’une boite métallique rectangulaire variable de volume suivant le nombre des sondes que l’on veut désinfecter. Cette boîte est fermée au niveau d’un de ses petits côtés par une simple capote de caoutchouc.

À son intérieur sont disposées deux ou un plus grand nombre de plaques métalliques perforces et,

au-dessous de ces plaques, un bac métallique plat, mobile, dans lequel on etend une lame de coton hydrophile que l’on imbibe de formol ou une mince couche de trioxyméthylène également répartie.

Ces caisses métalliques rectangulaires disposées horizontalement sont préférables aux tubes de verre verticaux parce que les sondes en sont plus rapprochées et parce qu’il est plus facile dans ces appareils d'éviter leur tassement.

Ces appareils doivent être autant que possible conservés dans une chambre chaufféeen moyenne à 15°.

En tout cas, il ne faudrait pas les laisser descendre au-dessous de 10° car le pouvoir antiseptique des vapeurs de formol diminue avec la température.

Les sondes soigneusement lavées et injectées à l'eau savonneuse, puis à l’eau ordinaire, sécouées, égouttées, sèchées aussi complétement que possible sont laissées pendant vingt-quatre heures dans ces anpareils ; ilest prudent d’y laisser pendant quarantehuit heures les sondes les plus fines.

Les appareils chargés de trioxyméthylène peuvent être sans inconvénient, ouverts une et même plusieurs fois pendant la durée de la stérilisation.

Cette propriété est précieuse pour les malades qui se sondent eux-mêmes.

Les appareils à formol et à trioxyméthylène peuvent également servir à stériliser de menus objets de pansement, des endoscopes uréthraux, etc.

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