‹ Contribution à l'Étude du Genu Recurvatum CongénitalChapitre 5 sur 19 · TES · texte numérisé non relu

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lésions musculaires, osseuses et articulaires. Nous Y joindrons les résultats donnés par la radiographie.

Nous étudierons ensuite la nature de cette malformation et nous verrons qu’elle est bien distincte de la luxation congénitale du genou en avant, grâce à une série de preuves cliniques, expérimentales et anatonropathologiques.

Nous exposerons dans un autre chapitre les diffé: rentes théories pathogéniques émises jusqu'alors, ainsi que les critiques qui y ont été apportées.

Nous passerons enfin en revue la symptomatologie ef les malformations concomitantes et en dernier lieu le diagnostic, le pronostic et le traitement.

Nous rapporterons cinq observations, dont une déjà publiée par Mutel dans la Revue d'Orthopédie, en 1941, deux inédites du Service de Chirurgie de M.-le Professeur Frælich, une quatrième de Mayer, publiée dans la Revue d'orthopédie allemande en 1914, enfin une cinquième de Curtillet et Lombard (Revue d'Orthopédie; 1912).

Nous poserons en dernier lieu les conclusions tirées de l’ensemble de ce travail.

AISTORIQUE

C'est Châtelain qui, en 1820, publia Ja première observation de genu recurvatum congénital ef avant lui, il semble bien que cette malformation n'ait pas encore été décrite.

Tarnier, en 1854, à Ja Société anatomique, publie Je premier rapport anatomique sur la lésion.

En 1859, WMalgaigne, dans son Traité des fractures et «des huralions, tite les cas de Châtelain, Kleeberg, Bard. Cruveilhier, Bouvier et 4. Guérin.

- En 1880, Guéniot fait à la Société de Chirurgie un rapport à ce sujet.et publie trois nouvelles observations, deux personnellés et une tirée de la pratique du docteur Motte de Dinant.

A Ja même époque que Guéniot, Lannelongue émit l'avis de donner à cette malformation le nom de renversement de la jambe en avant.

Les cas de Guéniot et de Périer fournirent à Hibon, en 1881, le sujet d'une thèse. Ce dernier cssaya de reproduire expérimentalement les lésions sur des cadavres de nouveaux-n6s, mais DV arriva pas et ne pro-

duisit que des disjonctions épiphysaires du fémur et: du tibia d'où il concluait que le genu recurvatum était dû à une de ces disjonctions.

E.Spillmann, en 1881, dans le Dictionnaire de Dechambre, à l'article Genou, résume la question et discute surtout le point de vue étiologique.

En 1884, Hamilton, dans son Traité des fractures et des luralions, donne une description de là Iésion et x joint quelques observations. :

Albert, en 1885, dans la FFiener Medicir, proposa de donner à l'affection le nom de gebu recurvaltum, qui, depuis à été généralement adopté. $ ;

Phocas, en 1891, dans la Revue d'Orthopédie, expose l'état actuel de la question et fournit une série de preuves cliniques et expérimentales permettant de différencier le-genu recurvatum de la luxation congénitale du genou.en avant. Pour lui, l'irréductibilité de la lésion serait due à un décollement de lépiphyse fémorale. Il donne dans cet article uns autopsie de la lésion.

Potel, en 1897, dans sa thèse sur les malformations congénitales du genou rapporte 7$ cas de genu recurvatum. Il v a genu recurvatum, dit-il, quand la jambe dépasse l'extension pour former avec la cuisse un angle à sinus antérieur. Quant à son origine, elle serait due à une rétraction primitive du triceps se produisant du troisième au einquième mois de la vie fœtale,

Drehmann, en 1899, publie dans la Revue d'orthopédie allemande, un travail important accompagné de 9S cas.

Pour lui, n'y aurait pas de différences notables ontre le genu recurvatum et la luxation congénitale

du genou en avant: il serait tout de même tenté de l'aire des réserves et attribuerait le terme de genu recurvalum aux cas dans lesquels la flexion est possible et où la saillie postérieure des condyles est absente.

Delanglade, en 1903, fait l'étude anatomo-pathologique de la lésion et rapporte les faits suivants

« 1° Le genu recurvatum avait pour substratum une luxation congénitale incomplète du tibia en avant ».

« 2° Contribuant & augmenter la difformité, il v avait flexion antérieure dia-épiphysaire de l'extrémité inférieure du fémur ».

« 3° L'attitude mauvaise était maintenue par : a) la tension des muscles antérieurs: b) le déplacement des muscles postérieurs: €) la tension des parties ligamenteuses antérieures. ».

Kirmisson., la même année, étudie la pathogénie et le traitement et rapproche cette affection congénitale du pied bot. (Revue d'orthôpédie). |

Derocque, également eu 1903, publie dans la Revue d'orthopédie une nouvelle observation de genu recurvatum congénital. « Entre Ja luxation congénitale du genou, dit-il, et le genu recurvatam, il nv a qu'une dif- . férence de degré, celui-ci étant le premier stade de celle-là ».

Florion, en 1904, dans sa thèse, assimile de nouveau le genu recurvatum à Ja luxation congénitale du genou.

Selon lui, au point de vue anatomique, la nature du genu recurvatum ne diffère pas de la Tuxation traumatique du genou».

« La clinique nous montre que l'affection connue sous le nom de genu recurvaltum nest autre qu'une

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subluxation du genou en avant, subluxation qui parfois se transforme comme dans les luxations congénitales de la hanche, en luxat'on vraie.»

« Les épreuves de radiographié de genu recurvatum, complétant les autopsies après congélation, montrent bien qu'il s'agit d’une luxation. » « Le genu recurvatum étant une subluxation, il y a lieu de le traiter comme telle. On devra done pratiquer la réduction en un {temps ».

Tridon, en 1905, publie un article sur la coexistence relativement fréquente de la luxation congénitale de la hanche et de cellé du genou en avant, et à ce propos, il étudie la pathogénie de ces deux affections. (Revue d'orthopédie).

Ardouin, en 1907, rapporte dans la Revue d'orthopédie, un cas de genu recurvatum droit accompagné de luxation congénitale de la hanche du même côté.

En 1911, Mutel reprend à nouveau la question dans la Revue d'orthopédie et par des preuves cliniques, expérimentales ef anatomo-pathologiques, démontre bien qu'il y à lieu de décrire deux affections séparées dans le genu recurvatum et la luxation congénitale du genou en avant.

Curtillet et Lombard, en 4912, mentionnent un cas très intéressant. Petite fille âgée de deux mois, atteinte de double genu recurvatum congénital avec notable degré de genu valgum à droite, de luxation congénitale des coudes et de double pied bot varus équin.

En 1914, Potel publie dans la Revue de Chirurgie une nouvelle étude sur les malformations congénitales des

membres el passe en revue la question du genu recurvalum.

La même année, puis en 1916, Mayer étudie cette malformation et publie un cas très intéressant de génu recurvatum avee incurvation congénitale du tibia à convexité dirigée en avant, Ges travaux ont été rapportés dans la Revue d'orthopédie allemande.

En 1918, Nové Josserand, dans la Revue d'orthopédie ‘apporte un cas de genu recurvatum avec subluxation du tibia en arrière, d'origine probablement congé- nitale.

Nous publions dans notre thèse deux observations inédites de genu recurvatum prises dans le service dé M. le Professeur Frælich : lobservation IE, petit garçon âgé de huit mois, atteint de genu recurvatum congénital droit, avec luxation de la hanche à droite, rotation du genou droit en dedans, infundibulums cicatriciels au niveau du coude droit et du coude gauche, mains botes des deux côtés: l'observation IT, petite fille âgée de deux mois et demi, atteinte de genu recurvatum congénital gauche, avec les deux pieds en valgus, et en valgus talus du côté malade, une rotation externe du membre inférieur et subluxation de la tête fémorale à gauche.

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Ftiologie

Bien que cette malformation soit assez rare, les observations se sont multipliées à partir du moment où l'attention a été attirée à nouveau sur ce sujet par Guéniot en 1880.

Potel en a réuni 78 cas dans sa thèse.

Drehmann a pu en rassembler 102 cas et Tridon 14°

Sexe. — Le genu recurvatum paraît beaucoup plus fréquent chez les filles que chez les garçons. Dans 38 cas où le sexe était indiqué, Potel à noté 28 filles et.10 garçons, ce qui donnerait une proportion de 3 pour 1.

D'après Tridon, qui a réuni 121 observations, la malformation serait également beaucoup plus fréquente chez les filles (62,4 %), que chez les garçons (37,6 %).

Fréquence. relative. —— Potel note 37 cas de genu recurvatum unilatéral, et 35 cas de genu recurvatum double sur 72 cas où le siège du genu recurvatum était indiqué. |

La statistique de Drehmann donnne 54 cas de genu

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recurvatum simple ef 44 cas de genu recurvatum double. On voit done que la lésion simple est un peu plus fréquente que la double.

Pour Tridon, elle est plus souvent bilatérale (53,t %) qu'unilatérale (469 %) et elle siègerait plus souvent à gauche, En outre, chez les garçons, la bilatéralité serait plus grande (63 %) que chez les filles (48,4 %). La fréquence de la lésion par rapport à la luxation congénitale de la hanche qui l'accompagne assez souvent serait, d'après Arünlein, de 1 cas de genu recurvatum pour 90 de luxation congénitale de la hanche.

Causes

Les causes déterminant le genu recurvatum peuvent ôtre classées en mécaniques et en occasionnelles.

Parmi les causes mécaniques, les violences extérieures, les pressions du muscle utérin sont le plus souvent invoquées.

C’est ainsi que Châtelain attribue le genu recurvatum à une chûte grave faite par la mère à la fin du septième mois de la grossesse. |

Kleeberg accuse une cause analogue, le choc du basventre contre un lit deux mois avant l'accouchement.

Motte pense que la luxation peut se produire sous l'influence de pressions extérieures, la femme dont il parle ayant eu l'habitude d'appuyer contre son ventre une énorme marmite.

Guéniot ne pense pas que des violences extérieures soient capables de produire des luxations et il cite les résultats d'opérations pratiquées sur des cadavres « Sur trois enfants morts au quinzième jour de leur naissance, et dont le corps avait été assoupli par un

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+ bain d'eau chaude, je tentai de produire artificiellement la luxation du tibia en avant. Je procédai avec lenteur à l’aide d'une extension progressivement forçée de la jambe, pendant que le fémur se trouvait immobilisé. Chaque fois, il me fut impossible de faire glisser l’extrémité du tibia en avant des condyles fémoraux. Je ne parvins à obtenir Ja flexion de la jambe sur la face antérieure de la cuisse qu'au prix d’un effort plus considérable qui sépara tantôt l'épiphyse du tibia, tantôt celle. du fémur. Une fois sur six la tension des téguments du jarret devint telle que ceux-ci se déchirèrent largement avant que l’épiphyse du tibia se fut décollée. Une autre fois, grâce à la section préalable de ces mêmes téguments, ainsi que du ligament postérieur de l'arliculation, {a luxation püût se reproduire sans suture osseuse ». « Comme on le voit, quelque attention que j'ai prise pour effectuer sans déchirure. de tissûs la flexion anorraale de la jambe sur la face antérieure de la cuisse, il me fût impossible d'y parvenir, Cependant cette flexion existait sans aucune de ces lésions dans les différents exemples que j'ai rapportés ».

Potel ne croît pas que l’on puisse comparer 1e preduit de ces expériences faites sur des cadavres de nouveaués bien conformés à ce qui se passe in utero dans un

cas de genu recurvatum.

Les causes occasionnelles sont relatives à la grossesse et à l'accouchement mais ne paraissent avoir qu'une influence secondaire. La géemellité a été signalée par Phocas et Taylor.

L'hydramnios est assez fréquente (Blanc, Bouvier.

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Chambrelent, Kroenlein, Türner, IVagner, Sayre, Knauer, Myers). |

L'oligoamnios se rencontre dans quelques cas. (Muller, Mutel, Curtillet et Lombard).

Les hémorragies utérines ont é6té-notées assez souvent (Bouvier Conrad) et même de l'hydrorrhée.

Au cours de l'accouchement, on a observé des sièges décomplétés, mode des fesses (Bertin, Bouvier, Myers. Krôünlein) et une face (Müller). On à noté aussi des maladies contagieuses de la mère au cours de la grossesse.

C'est ainsi que Guéniot note que « vers le: 1nquième mois de la grossesse, Madame G. avait été atteinte d’une rougeole grave qui l'avait retenue malade ou eonvalescente pendant sept semaines. Les mouvements de l'enfant avaient été violents et douloureux à Ta fin de la grossesse ».

Joachimstal cite un cas de rhumatisme articulaire aigu de la mère au cours du troisième mois.

Owen note que « Ia mère eut Ja fièvre typhoïde 7 ou 8 mois avant son accouchement ». |

Toutes ces causes occasionnelles semblent insuffisantes pour produire les lésions anatomo-pathologiques, en particulier l'inflexion diaphyso-épiphysaire du fémur, lésion qui résulte d’une attitude vicieuse longtemps prolongée. |

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Anaiomie palholigique

Il existe un assez grand nombre d'autopsies et de biopsies opératoires de genu recurvatum congénital, en particulier celles publiées par A/bert, Barth, Bouvier, Tarnier, Nissen, Spôrri. Delanglade, Mouchet, Mayer. Nous avons résumé surtout dans ce chapitre l’autopsie très détaillée de Delanglade et nous verrons successivement l’état des téguments, des muscles, du squelette, enfin l'aspect radiographique.

Téguments. — Sur une coupe sagittale, on voit en arrière une courbure:lisse, convexe et bien tendue, en avant une courbure concave coupée de profonds plis, qui ne sont autres que les plis prérotuliens. Le sommet de ces plis est relié par de fins tractus à l’aponévrose superficielle. Enfin on trouve une épaisse couche ceellulo-graisseuse qui recouvre la face antérieure de l’articulation. En arrière, au contraire, on constate‘l'absence du creux poplité (Delanglade).

Muscles. — Les muscles de la jambe sont normaux

ainsi que les museles fessiers et pelvi-trochantérieurs,

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