‹ Contribution à l'étude du goitre dans les Hautes-AlpesChapitre 5 sur 13 · ENTRE LE GOITRE ET LE CRÉTINISME · texte numérisé non relu

ENTRE LE GOITRE ET LE CRÉTINISME

Discussion.

Un grand nombre d'auteurs s'accordent pour admettre que le goitre et le crétinisme peuvent et doivent se confondre.

Fodéré dit : « Le crétinisme ne se trouve que là où il y a du goitre ; il marche de pair avec cette maladie et je le présume n’en être que l'effet immédiat, ayant pour cause éloignée la même cause que le goitre..….

« La propagation du crétinisme suppose toujours des parents goitreux. Nous observons toujours que les parents qui ont un goitre un peu volumineux ont toujours le malheur d’avoir des enfants dans quelque degré de crétinisme. Nous induisons de là qu’il est vraisemblable que le goitre précède le crétinisme, et qu’il y a eu des goitreux avant des crétins. »

« Les causes du goitre, dit M. Niepce, sont multiples et les mêmes que celles du crétinisme, et je considère

DE

le goitre comme le premier degré de la dégénérescence de l’organisme, et dont le crétinisme est le dernier degré. »

M. le docteur Chabrand, de Briançon, partage à : peu près l'opinion de ces observateurs. « Nous avons toujours vu, dit-il, dans les Alpes, que les localités qui ont quelques crétins, ont la majeure partie de leurs habitants atteints de goitre. Celles, au contraire, qui n’ont pas de goitreux, où dans lesquelles les goitreux sont clair-semés, sont exemptes de crélinisme. »

La Commission du Piémont n’est pas de cet avis. Son rapporteur s'exprime ainsi: « Si l’on considère qu'il se trouve descrétins entièrement privés de goitre; que le degré du crétinisme n’est pas toujours en raison directe du volume de la tumeur: qu’enfin on rencontre des individus portant un goitre volumineux sans présenter le moindre indice de crétinisme, il est permis de conclure que le goitre ne constitue pas un symptôme essentiel], mais qu’il forme une concomitance purement accidentelle de cette triste dégénération..…. » |

« Le'goitre endémique, dans les pays de montagne, existe par lui-même ; il a des causes qui lui sont propres ; il se développe et progresse sans être ni la cause ni l’effet du crétinisme. Il y a des régions dans lesquelles les habitants en sont presque tous affectés, sans qu’il se trou ve parmi eux des traces de crétinisme, et cette circonstance se rencontre surtout à l'entrée des vallées. » (Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales de Dechambre. Tome XXIII, pages 152 et 153.)

Quoique personnellement nous ayons observé, dans

notre pratique, bon nombre de pères de famille ou de mères de famille, ayant des goitres très respectables, et n’en ayant pas moins eu de beaux et nombreux enfants, qui ne devenaient ni goitreux ni crétins, surtouts’ils changeaient de localité, ou si seulement un peu de bien-être survenait dans la famille, nous nous rangeons à l'avis de ceux qui voient le goitre et le crétinisme très étroitement liés. Nous admettons surtout que les causes qui produisent l’un, produisent l’autre. Bien que nous ne voulions pas nous occuper du crétinisme dans notre étude, cette discussion était nécessaire, car nous invoquerons, pour le goitre seul, que nous allons étudier, toutes les-causes étiologiques

que les auteurs ont signalées pour le goitre et le créti-

nisme qu’ils n'ont pas séparés.

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