HISTORIQUE
Le goitre existe sans doute depuis fort longtemps dans les pays où on le rencontre aujourd’hui ; et si on voulait citer, même une faible partie des travaux qui ont été consacrés à son étude, il faudrait un volume entier.
C’est. que cette lésion extérieurement très visible, remarquable par une tendance frappante au développement endémique, a, depuis bien des siècles, attiré l’attention des observateurs. Les auteurs anciens, Galenus, Paul d’Egine, etc., distinguaient même avec quelque confusion sans doute, les tumeurs thyroiïdiennes ou bronchocèles, des tumeurs ganglionnaires ou strumes. Mais vers la fin du Moyen-Age, en Allemagne, en particulier, des confusions se sont établies entre toutes les tumeurs de la région antéro-latérale du cou ; toutes ont été appelées s{rumeæ, et de nos jours encore séruma est le nom courant dans ce pays pour désigner le goitre,
SAHAVE
Le mot goitre (du latin guttur, gorge ; ou du néolatin gulturosus) employé surtout depuis Fabrice (de Hilden) 1614, sert à peu près à désigner toute tuméfaction occupant la région antérieure du cou, et ayant son point de départ dans le corps thyroïde. Toutefois cette dénomination s’appliqué, de nos jours, plus particulièrement à l'hypertrophie simple de cet organe.
C’est depuis la fin du-xvime-siècle, depuis Kortum et Fodéré, que l’on a pris soin de bien déterminer cliniquement les tumeurs thyroïdiennes. Peu à peu, au xixe siècle, Von Walther (1817), Hedenius (1822), Beck (1833), Rust (1835), Heindenreich ont donné des descriptions systématiques du goitre et de ses principales variétés. Maunoir (de Genève) avait montré, dès 1815, que parmi les kystes ou hydrocèles du cou, une bonne partie, chez l’adulte; avait pour siège la glande thyroïde. Les études cliniques n’en étaient pas restées 1à. En même temps, grâce surtout à Fodéré, on avait fait des enquêtes pour déterminer avec soin les relations du goitre et du crétinisme, et l’on avait de la sorte élucidé en partie un problème étiologique important, ou du moins on le croyait.
En somme donc, depuis une soixantaine d'années, la clinique du goitre est très avancée, et ces progrès ce sont tout particulièrement accentués dans ces derniers temps. C'est que de nos jours, en effet, les pièces soumises à l'examen des histologistes ont été plus nombreuses et plus fraîches qu’antérieurement.
Ce n’est plus seulement par le hasard des autopsies qu’on se les procure, mais à l’aide des opérations que l’on peut, grâce à la chirurgie antiseptique, opposer au
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.goitre. Ces opérations, les thyroïdectomies, avec leurs modes variés, ont ouvert une phase d’une importance capitale dans l’histoire de cette affection. Non seulement parce qu’on est à mème d'obtenir des résultats thérapeutiques importants, mais encore parce qu’il en est résulté des enseignements d’un grand intérêt sur la physiologie de la glande thyroïde, enseignement que la pratique chirurgicale a su bien vite mettre à profit.
Nous ne nous arrêterons pas à la description de ces diverses opérations ; elles ont d’ailleurs déjà inspiré quelques bonnes thèses à la Faculté de Lyon ; et le plan de notre travail ne comporte pas cette partie de la question.
La question du goitre se présente sous des aspects variés. On peut d’abord l’envisager comme affection isolée, individuelle, sporadique en un mot ; etil n’est pas douteux qu’il ne se rencontre assez souvent dans ces conditions, sans obéir à une étiologie bien déterminée et en laissant pour ainsi dire l’économie étrangère au travail hypertrophique qui s’accomplit.
D'autre fois, le goitre figure, pour sa part, dans un groupe pathologique devenu une entité définie, sans perdre pour cela ses caractères de maladie sporadique.
C’est ainsi que le goitre constitue l’un dessymptômes presque constants de la cachexie exophthalmique ou maladie de Graves.
Quant au goitre épidémique, espèce hybride peu connue encore, nous nous bornerons à le signaler en passant.
Enfin, on voit dans des proportions plus vastes, le
goitre s'étendre sur certaines contrées, et atteindre un grand nombre d'individus à la fois. C’est là le goitre endémique ; et c’est à l'étude de cette forme que se rattachent des considérations tirées des eaux, de l'air, des aliments, des localités et enfin des races humaines
et c’est surtout à cette étude que nous nous sommes. attaché.