‹ Contribution à l'étude du kyste hydatique de la rateChapitre 4 sur 8 · MONSIEUR LE DOCTEUR (GUINOCHET · texte numérisé non relu

MONSIEUR LE DOCTEUR (GUINOCHET

Pharmacien des Hôpitaux

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La localisation du kyste hydatique à la rate n'est pas exceptionnelle. C

Néanmoins, sa rareté relative justifie la publication des cas nouveaux qui se présentent.

Nous avons eu l’occasion de suivre deux malades chez lesquelles fut porté, cliniquement et radiologiquement, le diagnostic de kyste hydatique de la rate. Traitées chacune par des méthodes chirurgicales différentes, elles ont toutes deux guéri.

Aussi, nous a-t-il paru intéressant de consacrer notre thèse à ce sujet.

En dehors, des particularités cliniques que signalent nos observations, nous avons pensé faire œuvre utile en ajoutant aux travaux déjà anciens, un chapître qui leur manquait : l'aide apportée par le radiologue au diagnostic du kyste hydatique de la rate.

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| Historique

Les principaux travaux, parus en France, sur le kyste hydatique de la rate sont, par ordre chronologique : L'article de Treukler, dans la Revue de Chirurgie de La thèse de Gras, Bordeaux, 1896.

Celle de Mortureux, Paris, 1900.

Entre temps, Dieulafoy avait consacré deux leçons à jé: tude médico-chirurgicale des kystes hydatiques de la rate (Chroniques de l’Hôtel- qe 1809). / Mais, il faut arriver à la thèse d'André Martin (Paris, 1908), pour trouver une étude d'ensemble de la question suivie d’une bibliographie détaillée et d’un recueil important d'observations (soixante-et-une observations de kystes non compliqués et vingt-trois de kystes compliqués). Depuis cette époque, il n'y a eu guère en France que des publications de cas isolés, à l'occasion desquels se produisirent parfois d'intéressants débats à la Société de Chirurgie.

ERÈTE

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Observations

OBSERVATION I (inédite) (due au D' FATOU, chef de Clinique médicale à l'Hôtel-Dieu)

Mme Yvonne B..., 20 ans, ouvrière, entre le 26 avril

1922, Salle Sainte-Jeanne, à l'Hôtel-Dieu, adressée au Doc. teur Fatou, pour diagnostic :

; La malade s'était plainte à son médecin que son côté gauche augmentait progressivement de volume, au point qu'elle ne pouvait plus agrafer ses robes. / Les antécédents héréditaires du sujet n'offraient rien de spécial : son père est en bonne santé, elle aurait perdu sa mère et un frère de maladie inconnue, un autre de ses frères est mort du croup, un troisième est bien portant.

De ses antécédents pérsonnels, rien d’anormal à retenir non plus. Elle aurait été très anémiée à l’époque de la puberté, réglée à quatorze ans, elle a toujours eu depuis cette époque, un retard de quelques jours.

Mariée, il y a dix-huit mois, elle n’a jamais eu de grossesse, et n’a pas fait de fausse-couche.

C'est, il y a deux mois, qu’elle a ressenti des douleurs sourdes continues dans l'hypocondre gauche. Ces douleurs durèrent trois à quatre jours, ayant semblé céder à l’application d’un liniment et à la prise de cachets d’aspirine.

A cette même époque, notre malade constate que l’hypocondre gauche augmente de volume : elle ne peut plus ajuster les vêtements qu'elle portait auparavant.

Disons tout de suite qu'elle n’a plus souffert depuis les douleurs signalées plus haut et n’a jamais présenté auun signe subjectif.

Enfin, elle n’a accusé aucune manifestation hémorragique, pas d’épistaxis, en particulier.

26 Avril 1922 :

À son entrée dans le service, nous sommes en présence d'une jeune femme d’un bon état général, sans fièvre. Elle n'accuse aucun amaigrissement.

Dès qu’on la découvre, on remarque l’augmentation notable de volume de la base de l’hémithorax et de l’hypocondre gauche ;

I y a évasement et soulèvement en dehors du gril costal, à la base de l’hémithorax gauche; cet élargissement semble en rapport avec une tumeur lisse, rénitante, non douloureuse, perceptible dans le flanc gauche sous-jacent. On sent très nettement le bord inférieur de cette tumeur arrondie, lisse, qui déborde de quatre travers de doigt des fosses côtes et semble, incontestablement, appartenir à la rate.

La percussion dénote une matité absolue dont la limite supérieure remonte jusqu'au 5° espace intercostal. Transversalement, la matité s’avance jusqu’au bord gauche du sternum, en arrière, elle recule jusqu’à une verticale menée par l'angle inférieur de l’omoplate.

À la palpation de la partie abdominale accessible de !a

tumeur, on a la sensation d’une fluctuation profonde. À aucun moment, on n'a pu obtenir le frémissement hydatique.

Le foie est normal, ne débordant pas les fosses côtes. 1 n’y a aucune adénopathie maxillaire, ni inguinale.

L'auscultation des pouînons ne fait rien constater d'a-

normal. | |

Le cœur, refoulé par la tumeur, a sa pointe soulevée dans le quatrième espace intercostal gauche, à la hauteur du mamelon, à 8 centimètres énviron de la ligne médiane, le cœur est éréthique, il existe dans la région aortique, un petit souffle vraisemblablement anorganique.

, L'abdomen est souple par ailleurs.

L'état digestif est bon, les selles sont régulières.

Il n’y a pas de diarrhée ni de constipation.

Les réflexes sont normaux, rires urines ne contiennent ni sucre, ni albumire.

EMRS . La malade n'a jamais eu d'œdème malléolaire. | Re Différents examens de laboratoire ont été pratiqués dans le service.

L'examen du sang (Mile Tissier), en date du 1° mars (1925, a donné :

Giobules rouges 3.700.000

Hémoglobine à UD Globules blancs 6.080 avec le pourcentage leucocytaire suivant :

Polynucléaires neutrophiles ro Polynucléaires éosinophiles 18 l Polynucléaires basophiles 1

Leucocytes ét moyens monos , 22 ‘ Grds monos et formules de trans. 2

La réaction de Wassermann a donné un résulat très faiblement positif.

Quand à la réaction de Weinberg, elle n'a pu être faite, faute d’antigène hydâtique dont le laboratoire de M. Weinberg était alors démuni.

Un examen radiologique pratiqué à la clinique médicale de l'Hôtel-Dieu, permit d'identifier une très grosse tumeur de la rate, tumeur arrondie, tracée au compas, allant de la colonne vertébrale à l'extrémité latérale du gril costal, refoulant dans le thorax, la diaphyse gauche et le cœur sus-jacent, et terminée du côté de l’abdomen par une sorte de prolongement effilé lui donnant tout à fait l'aspect d'une montgolfière.

Sur le cliché réduit que nous 1eproduisons, on voit très bien ces particularités : la rate apparaît près de trois fois plus grosse que le foie.

Le diagnostic de kyste hydatique de la rate, envisagé à première vue par le Docteur Fatou, paraissant confirmé par l'éosinophilie discrète et surtout l'image radiologique si particulière de tumeur ronde surplombant le reste de la rate, la

Nat

spa

malade est passée dans le service chirurgical de M. le Docteur Alglave, le 6 mai 1922.

L'opération a eu lieu le 10 mai.

(Opérateur, D° Alglave ; aide, Couturier).

Anesthésie au chloroforme.

Incision suivant le bord externe du droit.

On arrive sur la masse de la tumeur.

Le kyste est inclus dans un parenchyme et, un moment, on se demande s’il s’agit du lobe gauche du foie ou de la rate.

On reconnaît la rate au ligament phréno-splénique.

1° Ponction à l’aiguille de Pravaz:

I] sort un liquide eau de roche sous forte tension, donc

kyste hydatique.

2° On injecte :

Après protection rigoureuse du péritoine et des parties voisines, 20 cm’ d’une solution de formol à un pour cent. Puis on aspire à l'appareil de Potain. Il Sort un abondant liquide clair, suivi d’une membrane vésiculaire. Bientôt après, rien ne sort plus.

On se décide ‘alors à ouvrir largement le Kyste, après avoir disposé autour du tracé choisipour l'incision, des compresses de £27 imbibées de formol à un pour cent.

3° Incision :

Du liquide sort en abondance, dans lequel on distingue de nombreux scolex sous forme de fins grains de sable. Puis

on extirpe la membrane germinative et on réinjecte de l'eau

formolée dans la poche que l’on vide complètement. On ré-

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