‹ Contribution à l'étude du Lathyrisme chez les BovinsChapitre 7 sur 8 · PAT · texte numérisé non relu

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Recherches sur la toxicité de la Gesse

Clymène

Les experts travaillent. Je continue, de mon côté, toutes recherches pouvant renforcer mon diagnostic intoxication par la Gesse clymène.

Je retrouve dans le Journal d'Agriculture Pratique de l'année 1895, n° de Juillet, page 52, sous la signature de M. Schribaux, la relation d'une série d'empoisonnements ayant causé la mort d’un grand nombre d'animaux dans le canton de Saint-Maurice de Beynest (Ain).

« Au printemps de 1894, alors que les graines fourragères étaient rares et coûteuses, le commerce livra dans le Sud-Est, et principalement dans les départéments de l'Ain, du Rhône et de l'Isère, sous le nom de pesette ou vesce d'Italie, vesce de Hongrie, une variété de gesse dont la consommation en vert causa l'empoisonnement d’un grand nombre de têtes de bétail. À l'asile d’aliénés du département du Rhône, dix-neuf bêtes à cornes ont dû être abattues : le seul canton de Saint-Maurice de Beynest (Ain), en a perdu plus de soixante-dix.

« À la fin de Juillet, la station d'essais de semences recevait de divers côtés cette dangereuse légumineuse afin d'en déterminer la nature botanique. L'analyse des plantes, alors en pleine floraison, nous fil reconnaître bien vite la Gesse poupre (Lathyrus clymenum).

« En voici les principaux caractères

MR

« Tiges ailées ;

« Feuilles supérieures rappelant celles de la vesce, feuilles inférieures réduites au pétiole élargi. Fleurs à élendard pourpre ; ailes de la corolle bleues ;

Gousse comprimée, non prolongée en aile membraneuse ; A

Graines anguleuses.

Ces indications sommaires permettront facilement de la distinguer des vesces et des autres variétés de gesses.

Chacun sait que la gesse ordinaire, parfaitement acceptée par les animaux, ne devient toxique qu'à partr de la floraison ; elle peut causer alors une maladie désignée sous le nom de Lathyrisme (de Lathyrus, nom latin de la Gesse).

La Gesse pourpre es! dangereuse, même avant la floraison.

M. Revouy, vétérinaire à Vienne (Isère), qui eut l’occasion d'observer, dans la région, de nombreux cas de lathyrisme provoqués par la Gesse pourpre, a publié sur ce sujet une note très intéressante. Je ne puis faire mieux que d'en rapporter les principaux passages

« J'ai constaté, dit M. Revouy, la mort de deux vaches le douzième Jour d'une alimentation à peu près exclusive de Gesse pourpre avant et après la floraison.

« Deux autres vaches de la même étable, alimentées de la même façon et pendant le même lemps, c’est-à-dire pendant une durée non interrompue de dix jours, sont mortes le seizième jour, et enfin les deux dernières sont mortes, l’une le vingt et unième Jour, et l’autre le vingtseptième.

« Administrée à vingt-cinq lapins, et toujours avant la floraison, au repas du soir, vingt de ces rongeurs ont été trouvés élendus morts le lendemain matin à la première heure, tenant encore dans la bouche la gesse incriminée. Les cinq autres ont succombé peu après dans la journée.

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