OBSERVATION XII
Erasmus Wilson. Traité des maladies de la peau.
Une dame, âgée de 37 ans, femme d’un clergyman, avait été atteinte de lichen plan pendant quatre mois.
L'éruption commença en décembre 1865, par l'apparition d'une demi-douzaine de papules dispersées sur la face de l'avant-bras juste au-dessus du poignet, et les papules ont augmenté de nombre de facon à être maintenant en amas peu épais sur les deux avantbras, le dos du cou, la partie supérieure de la poitrine, la ceinture etles jambes au-dessous du tiers inférieur de la cuisse. Elles ont une couleur rougeâtre, ne sont qu'un peu élevées; elles sont plates et légèrement déprimées au sommet, brillantes et opalines à la surface et marquées au centre par le contour circulaire de l'ouverture d’un follicule. Dans quelques endroits, comme aù dos du cou, au devant de la poitrine, le sommet doux, corné, blanc et brillant est le carac-
tère le plus évident des papules, qui sont aussi plus petiles à cet endroit qu'ailleurs, La rougeur est à peine visible et ces petites ta= ches blanches semblent de petites paillettes brillant sur la peau ; elles n’ont point d’écailles parce qu’elles sont en continuité immédiate avec l’épiderme; mais l’épiderme corné dont elles dépendent est un peu plus épais que celui des téguments environnants.
Au milieu du corps, de petits amas nombreux de papules ont été réunis par la congestion el l’infiltration de leur base, et e’est surtout remarquable dans le sillon produit par la pression de la ceinture, a ligne entière de ce sillon étantoecupée par une chaîne de plusieurs amas réunis.
La face des avant-bras est ocenpée par une plaque étendue de ces pustules unies par une base rouge et infiltrée; la plaque occupe la largeur entière de l’avant-bras et s’étend du pli du coude jusqu’au près du ‘poignet. La plaque est faiblement élevée, circonserite, inégalement, papuleuse à la surface et couverte de petites écailles produites par la séparation de la face cornée des papules, tandis qu’autour de la cireonférence cornée de la plaque on peut voir çà ct là un petit nombre de papules dispersées indiquant la nalure de composition de la plaque. La plaque était formée à l'origine par une accumulation et un agrégal de papules distinctes, et l’infillration et la congestion qui unirent ensuite les papules entre elles et les mélangèrent, s'étaient développées seulement six semaines auparavant.
Après une semaine de traitement, la plupart des papules s'étaient affaissées au niveau des téguments, tandis que leurs plaques cornées avaient disparu et à leur place il restait une épaisse tache grise,
À celte époque, om pouvait voir sur différentes parties du corps les figures les plus caractéristiques de léruption, les papules, les plaques diffuses et les taches pigmentaires; les papules étaient rou- ‘ges, quelques-unes presque sans couleur; quelques-unes présentant une surface mince, lisse, transparente, et d’autres un plaleau plus épais, corné, poli, brillantes, mais plus petites en dimensions.
L’eruption tout entière était dépourvue de prurit,' mais la plaque infiltrée el desquamalive démangeait un peu, mais en aucune façon au point de l’eezéma chronique squameux, avec laquelle elle offre une ressemblance considérable, ne présentant pus toutefois d'écoulement ichoreux et donnant une moins grande abondance d’écailles.
La malade souffrait beaucoup au commencement de l’éruption d’un accablement général aussi bien mental que physique, avec névralgie de la cinquième paire de nerfs, et, à l’occasion de la visite qu’elle nous fit, ellese plaignit de faiblesse ; son Leint était sombre.
sa Of as
sa peau et ses conjonctives pâles, la langue pâle et festonnée par
les dents.
Elle n’était pas atleinte aux pieds, aux mains et aux ongles.