OBSERVATION XX
Due à l’obligeauce de mon excellent collègue et ami le docteur Brocq. (Résumée.)
Homme de 45 ans, porteur à la partie antéro-externe de la jambe droite, d’une plaque, large comme la paume de la main, d’un rouge livide, inégale, rugueuse ; constituée par l’épaississement de la peau. Tout autour d'elle, papules plates à facettes, disposées autour des poils, ‘un peu surélevées sur les parties voisines.
L’affeclion remonte à dix-huit mois. Sur la jambe gauche on rouve: une lésion semblable, à peu: près symétrique, par rapport à celle du côté droit. Les démangeaisons sont assez vives.
Le Malade à élé soumis trois semaines au traitement par le gly- <érolé tartrique. I n'y æ absolument aucune modification,
OBSERVATION: XXI (Person»elle.)
Le nommé X... (Léon), âgé de 34 ans, confiseur, se présente à nous, le 2 mai 1883, envoyé. par M. le Dr Vidal.
Rien à signaler dans ses antécédents héréditaires ou personnels. En dehors de l'affection qui l'amène à l'hôpital, le malade jouit habituellement d’une bonne santé. 11 n’est point sujet aux migraines, mais il est d’un tempérament nerveux, impressionnable. La maladie actuelle a débuté il y a 10 ane, à la suite d'une émotion violente. Des boutons se sont montrés au niveau des jambes, qui sont encore atteintes. Hen est même apparu sur le reste du corps, maisils n'ont point persisté. Les dénangeaisuns élaient très vives. L'éruplion n'a jamais suinté. I ya 8 mois, le malade vint consulter M. Vidal, qui le soumit au traitement suivant: glycérolé d’amidon en applications locales, arsenic à l’intérieur. Depuis quatre mois le malade à cessé tout traitement interne.
Elal actuel. — 2? mai 1883. La tête et le cou. sont sains. Acnée polymorphe du dos. Sur la face antérieure dePavant-bras droit, on voi, deux ou trois papules brunâtres, de forme aplatie, polygonales, rugueuses au toucher, prurigineuses et excoriées à leur surface. Elles ont la grosseur d'une petite lentille. Plus petites sont celles qu'on trouve à droite et près du coceyx. Elles ne dépassent point les dimensions d’une têle d'épingle et présentent les mêmes caractères que celles de l’avani-bras; seulement, sur certains on voit très nettement émerger un poil placé au centre de la papule.
A Ja partie supérieure et. externe de la cuisse droile, on note un groupe de papules isolées les unes des autres, disposées sans ordre, très peu prurigineuses;, mais analogues, comme coloralion, aux tubercules lupiques. La peau, à leur niveau, n’est ni infillrée, ni épaissie.
Sur toutes les cuisses on trouve des papules excoriées, el des I6sions de grattage,
La lésion-la plus intéressante occupe le creux poplitégauche. Klle consiste en une large plaque, arrondie, grande comme la paume de la main, Le centre même de la plaque est blane, lisse et recouvert
d’une desquamation grisâtre, assez adhérente. Les bords, au contraire, dans une largeur d'un travers de doigt environ, sont bosselés, violacés. On y distingue très nettement une {série de petites dépressions, grosses comme une pointe d’aiguille, et qui donnent à ces bords l'aspect en écumoire. Des plis nombreux, assez profonds, découpent en losanges irrégaliers la surface de la plaque. La peau offre un épaississement considérable, d'au moins 4 à 5 millimètres. Le prurit est très marqué, surtout le soir, quand ie malade se couche, et la nuit. Aucun suintement. A la périphérie de cette énorme lésion, les téguments sont brunâtres, comme pigmentés, épaissis, mais à un degré moindre que sur la plaque. On la voit parsemée de nombreux pelits éléments qui rappellent en tout point les papules décrites plus haut sur les avant-bras. Quelques-unes sont en contact avec les bords même de la large plaque, et se confondent en partie avec elle. Certaines sont cicatrisées. Enfin, toujours dans le voisinage, existe une petite plaque, de la largeur d’une pièce de 20 centimes, bleuñtre, offrant tous les caractères de la grande, et laissant voir plus nettement encore, sous forme de piqüres d’épingle, les dépressions follieulaires, Près de la tubérosité antérieure du tibia gauche, et au-dessous du condyle interne du fémur, on voit une petite plaque, comme une pièce de1 franc, absolument lisse et unie au toucher, comme nacrée, parcourue de sillons parallèles à sa surface, et reposant sur un derme épaissi. Sans nul doute, il s’agit là d’une plaie de lichen plan corné, en voie de guérison, car, d’une part, le malade affirme qu'il y a eu en ce point une lésion analogue à celle qu’il porte au creux poplité, et, d'autre part, on retrouve à la périphérie de la plaque les papules que nous avons déjà décrites à l'avant-bras. Pas de ganglions inguinaux.
Les mêmes éléments, disséminés et excoriés, se retrouvent sur les jambes; mais ils sont assez peu nombreux, et souvent disposés suivant des lésions de grattage.
Le malade n’a pas de véritables varices, mais sur les membres inférieurs et surtout à gauche, on voit à la surface des membres de nombreuses varicosités.
Les démangeaisons sont encore assez vives, mais moins qu'elles ne l’ont été au début. :
Le malade transpire légèrement. L'état général est bon.