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comme des cas syphilitiques. » Depuis (communication orale), il a pu être témoin de nouveaux faits de ce genre. M. le D' Besnier nous a récemment fait l'honneur de nous raconter l’histoire d’une malade de son service, chez laquelle semblable erreur de diagnostic avait été commise. Nous tenons à insister sur ce fait, car il importe de ne pas exposer les malades aux conséquences regrettables d’une pareille faute.Selon nous, l’erreur est possible dans deux cas très différents : 1° à la période d’état de la maladie; 2° à l’époque de pigmentation.
À la « période d'état, » on pourrait confondre avec la « syphilide papuleuse, » et Tilbury Fox (1) en rapporte un cas très remarquable. Nous emprunterons à la leçon clinique de notre excellent maître, les principaux éléments du diagnostic.
Les papules syphilitiques ont certains sièges de prédilection : face, pieds, mains. De forme arrondie, souvent polymorphes, elles sont de coloration cuivrée où jambon. L’ombilication, le quadrillé en mosaïques n'existent point ici. Il n’y a pas de prurit. Enfin, on relève, soit dans les antécédents du malade, soit dans son état actuel, dés manifestations spécifiques diverses.
Les papules du lichen plan respectent, en général, les sièges de prédilection de la papule syphilitique. Polygonäles, brillantes, cireuses, elles sont souvent ombiliquées. Le prurit est fréquent, sinon constant. Le malade est le plus souvent arthritique ou nerveux, En cas de doute, le traitement servira de critérium.
(1) The Lancet, 22 juillet 1816, p. 118.
La difficulté pourra être plus grande encore s’il s'agit de la forme circinée de la syphilide papuleuse. Le lichen, en effet, peut affecter la disposition en cercle, en demi-cercle, etc. Dans ces cas, le diagnostic sera fait d’après la constatation en tel ou tel point du corps d'une papule syphilitique ou d’une papule de lichen plan, offrant les caractères que nous avons indiqués. Mais, du reste, il faut bien savoir que les deux affections peuvent coïncider. Heguy, dans sa thèse, en rapporte une très belle observation recueillie parle D'Barthélemy dans le service de M. le professeur Fournier.
Plus tard, quand le lichen est guéri, que les papules et les plaques se sont affaissées, et que les taches pigmentaires persistent seules, on peut encore commettre des erreurs. La « syphilide pigmentaire » sera généralement reconnue, car, vingt-neuf fois sur trente, elle siège au cou, et figure là une sorte de « dentelle » à larges mailles (1). Mais on pourrait confondre avec la pigmentation noirâtre très prononcée dont s’imprègnent très souvent à leur période terminale les manifestations de la vérole. Il est bon d’être prévenu de ce fait, et il faut savoir qu’il n’y a pas que le lichen plan qui est mélasmique. Chez la malade dont M. le D'Besnier a bien voulu nous raconter l’histoire, c’est au moment où la pigmentation seule persistait, que le diagnostic de syphilis avait été porté. Il faut donc que le praticien se pénètre absolument de cette idée, que la pigmentation est pour ainsi dire fatale, à la suite du lichen plan. La connaissance de ce fait perimnettra,seule, au médecin, d'éviter toute erreur. Le diagnostic sera
(1) Fournier. De la syphilis chez la femme, 1381, p. 329.
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aidé par la recherche des commémoratifs et l'absence, chez les malades, de tout antécédent spécifique.
Enfin, disons-le en terminant, il est des cas où le diagnostic entre la syphilis et le lichen plan reste en suspens, et ne peut être fait que d’après les résuitals d'une thérapeutique appropriée. Voici un exemple à l'appui de ce que nous avançons. Nous avons vu au mois de juillet de cette année, dans leservice de M. le D' Besnier, une malade de 35 ans, qui portait sur les bras, les cuisses et au niveau de la région sacrée une éruption dont voici les principaux caractères: elle était formée de papules assez saillantes généralement disposées en arc de cercle, de coloration rougeâtre, presque jambon. À côté d'elle, et à un examen minutieux avec l’aide de la loupe, on voyait quelques petits éléments, aplatis, un peu luisants, excessivemert rares. Bien que la malade u’accusât pas de démangeaisons, des lésoinsde grattage témoignaient de l'existence du prurit. L’éruption remontait à un an. La malade niait tout antécédent spécifique : elle ne s'était pas soignée. Dans ces conditions, les résultats du traitement pouvaient seuls éclairer le diagnostic. On a souvent mis la malade à la médication spécifique (sirop de Gibert) (1).
Pronostic. — La guérison étant la terminaison habituelle de la maladie, le pronostic ne saurait être grave. Cependant, nous avons hâte d'ajouter qu'il doit être considéré comme sérieux. On conçoit, en effet,que
(1) Au moment ou nous écrivons ces lignes, trois mois se sont écoulés depuis le jour où nous avons vu cette malade. Elle n'est plus revenue à
l'hôpital, et il à été par cela même impossible de constater quel a été le résultat du traitement,