‹ Contribution à l'étude du Lichen planusChapitre 39 sur 41 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Le traitement de la maladie est à la fois général et local.

A. Traitement général. — Ila pour base l’arsenic, Ce médicament a été beaucoup employé de tout temps contre le lichen planus. Hebra, Kaposi, Neumann, Wilson, en vantenties heureux effets. A l'hôpital Saint- Louis, M. te professeur Fournier et M. le D' Besnier lui accordent une supériorité incontestable sur toute autre médication. Mais, son efficacité, pour être réelle, exige deux conditions. Il faut : 1° ie donner à hautes doses ; 2° en continuer longtemps l'usage. Il faut, en augmentant progressivement, faire prendre aux malalades jusqu’à 50, 60 gouttes de liqueur de Fowler, ou 2,3, 4 centigrammes d’arséniate de soude par jour. Sans cela, on risque de n'avoir aucun résultat. Enfin, il est parfois nécessaire de suivre ce mode de traitement pendant des mois.

Certains sujets ont de violents maux d'estomac et ne tolèrent pas l’arsenic. On pourrait alors songer à l’administrer par la méthode hypodermique. C’est ce qui a été faitpar Kôbner. Ce médecin distingué prétend avoir réussi, là où le traitement interne avait tout d’abord échoué. Les injections sous-cutanées auraient pour effet de supprimer rapidement le prurit et de produire l’affaissement des plaques

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Mais, même chez des malades qui n’ont pas d’intolérance stomacale, et qui: prennent des doses considérables d’arsenic, on ne réussit pas toujours. M. le D" Lailler a pu donner jusqu’à 80 gouttes de liqueur de Fowler sans produire aucune modification appréciable de l’éruption. M. le D' Vidal a complètement renoncé pour les mêmes raisons à l'emploi de l’arsenic. Par contre, il attache une importance capitale au traitement local. Il emploie ici le glycérolé tartrique ou au 1/20 ou au 1/30 et obtient par ce moyen de nombreux succès thérapeutiques. S’il s’agit de lichen corné, on commence par décaper les vieux placards avec du savon noir; après quoi on frotte avec le glycérolé. M. le D' Lallier s’est servi en certains cas de teinture d’iode, On peut aussi remplacer la pommade à l’acide pyrogallique. C’est à elle que M. le D' Besnier accorde la préférence.

Indications particulières. — Elles sont tirées de la constitution des sujets et de la violence de certains symptômes. On soumettra les strumeux à un régime tonique ; on donnera des alcalinsaux dyspeptiques. Le prurit sera combattu par les lotions de sublimé, d'acide salicylique, les bains d’amidon vinaigrés. L'insomnie produite le plus souvent par les démangeaisons serajusticiable des mêmes moyens thérapeutiques.

En résumé, on voit d’après ce qui précède, qu’au point de vue du traitement l’école de Saint-Louis est divisée en deux camps : les uns donnant la priorité au traitement général par l’arsenic sur le traitement

(1) Berliner Klinik, 1880, p. 721.

local; les autres professant une opinion absolument contraire. Nous n’avons pas par devers nous un nombre d'observations personnelles suffisant pour discuter ces deux manières de voir: nous tenions seule-

ment à les exposer.

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