HISTORIQUE
Sous le nom de « lichen pilaris par altération fonctionnelle » Bazin (1) parle d’une affection formée de <papules petites, déprimées à leur partie centrale, d’une couleur jaunâtre ou brunâtre, ordinairement disposées en plaques plus ou moins étendues. Ces plaques ressemblent à une croûte de pain légèrement brûlée et râpée superficiellement.» Il est incontestable qu’il s’agit là du lichen planus.
Toutefois, c'est Er. Wilson (2) qui, le premier, a décrit la maladie, et l’a dénommée lichen planus, « eu égard à l’un de ses caractères les plus remarquables, à savoir l’aplatissement et la douceur, semblable au verre, du sommet de ses papules ». Avant lui, Hebra (3), avait créé sous le nom de « lichen ruber » une véritable entité morbide. Mais, ainsi que nous le verrons, il y a entre le lichen ruber et le lichen planus de si grandes différences, qu’on ne peut voir, sans un certain étonnement, l’illustre médecin anglais décliner en faveur d'Hebra la priorité de la description.
Après Hebra, Kaposi étudia deux formes de lichen
(1) Dictionnaire encyclopéd. des sc.méd., p. 525, art. Lichen, (2) Maladies de la peau. Londres, 1861.
+ (3) Maladies de la peau. Trad, Doyon. Paris, 1869.
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ruber; l'une (4), « lichen ruber plan », semblable au lichen de Wilson; l’autre, « lichen ruber acuminé » semblable au lichen ruber d'Hébra.
En 1876, T. Colcott Fox (2), publia une intéressante observation de lichen planus, simulant une syphilide papuleuse. Trois ans plus tard (3), il concluait à lorigine nerveuse de l’affection. Pour lui, elle est due à une « hyperhémie chronique avec paralysie des nerfs ».
En 1878, M. le D' Vidal(4), dans une leçon clinique faite à l'hôpital Saint-Louis, s’élève contre la médication arsenécale, et donne une grande supériorité au traitement externe sur le traitement interne, dans la thérapeutique de l’affection.
. Deux ans après (5), comparant ensemble le lichen planus et le lichen ruber, le savant médecin de l'hôpital Saint-Louis, considère les deux maladies, comme deux modalités d’une même affection.
En 1880 (6), Kôbuer, publie plusieurs cas de guérison rapide du lichen ruber, par les injections souscutanées d’arsenic. —- À la même époque, en France, Heguy (7), fait du lichen plan l’objet de sa thèse inaugurale, et semble conclure à l’identité absolue du lichen ruber et du lichen plan.
(1) Maladies de le peau. Trad. Besnier-Doyon, 1881. (2) The Lancet, 1876.
(2) British medic. Journ., 13 août 1879.
(4) Gazette des hôpitaux, 29 août 1878.
(3) Tribune medicale, 1880, 25 juillet.
(6) Klinik. Berlin, 1880.
(7) Heguy. Th. de doctorat, 1880.
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Depuis lors, Bulkley (1), Crocker (2),ont attiré l’attention sur les cas de lichen plan développé au niveau des muqueuses.
En 1882, notre excellent maître, M. le professeur Fournier, dans une leçon clinique, professée à l’hôpital Saint-Louis, a tout particulièrement insisté sur le diagnostic différentiel si important du lichen planus avec la syphilis et a signalé les erreurs si fréquemment commises (3).
Enfin, plus récemment, MM. Vidal et Leloir (4), Lemoine (5), Chambard (6), ont spécialement étudié l’a natomie pathologique de la variété « cornée », et publié d’intéressantes observations.
(1) Observation de Lichen développée sur le pénis, Arch. of derme
(2) On affections of the mucous membranes, etc. Monatsch. prak, derm , n, 6, 1882.
(3) Semaine médicale, ler juin 1882.
(4) Société de biologie, 12 mai 1883.
(5) Annales de dermatologie, 25 juillet 1883.
(6) Annales de dermatologis, 25 septembre 1883.
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