‹ Contribution à l'étude du lupus éléphantiasiqueChapitre 7 sur 7 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. — Le lupus éléphantiasique, est un lupus tuberculeux, compliqué d’état éléphantiasique, c’est-à-dire d’une hypertrophie cutanée, régionale et chronique, à marche extensive et progressive.

Cette complication est rare et s’observe parfois à la face et aux organes génitaux ; elle atteint surtout les membres et particulièrement les membres inférieurs. 5 ;

IT. — Toutes les causes, produisant la stase lymphatico-veineuse, prédisposent à l’état éléphantiasique, mais ne sauraient le déterminer ; une condition est nécessaire : l'infection, par laquelle sera réalisée la lymphangite aiguë ou chronique, cause de la pachydermie.

Tantôt l'infection, chez le tuberculeux, est causée uniquement par le bacille de Koch ; l’éléphantiasis, dit alors tuberculeux, s’installe progressivement et insidieusement. Tantôt elle est due à des microbes associés, presque toujours le streptocoque ; la région éléphantiasique devient alors le siège de poussées aiguës de lymphangite, d’érysipèles, récidivant à des

intervalles plus ou moins rapprochés,le tout s'accompagnant de fièvre, douleurs, signes généraux.

III. — L'état éléphantiasique, une fois constitué, présente toujours les mêmes symptômes : augmentation de volume, déformations, altérations des téguments ; les mêmes lésions : œdème, altérations vasculaires, réaction des éléments fixes du tissu conjonctif et phénomènes d’apport cellulaire. Deux formes principales sont à considérer, la forme œdémateuse et la forme scléreuse, qui ne sont d’ailleurs que deux stades différents du processus pachydermique qui évolue vers la sclérose.

IV. — Le traitement du lupus éléphantiasique devra remplir trois conditions: traiter le lupus, l’éléphantiasis, l’état général.

Les agents physiques, radio et radiumthérapie, héliothérapie, les caustiques non irritants, permanganate de potasse, seront la base du traitement du lupus, car la peau fragile et mal nourrie supporte mal les traitements violents.

L'état éléphantiasique sera traité par la compression méthodique, si l’œdème prédomine, par les courants électriques et surtout la radiothérapie, si la sclérose est avancée ; les massages ne seront commencés qu'après guérison complète des ulcérations : ainsi appliquées, ces méthodes donneront des résultats le plus souvent excellents.

Si l’éléphantiasis résiste au traitement médical, le drainage filiforme sous-cutané par les drains ou les soies perdus pourra être d’un précieux secours ; si

enfin,malgré tous ces traitements, l’'hypertrophie reste monstreuse, s'accompagne de déformations graves, c'est à l’ablation large des régions atteintes qu’il faudra en dernier lieu avoir recours.

Dans tous les cas un traitement général s’impose : ce sera celui des tuberculoses torpides : grâce à lui, la guérison pourra devenir définitive et le malade n'aura plus à craindre la généralisation de l'infection bacillaire,qui menace toute tuberculose locale, traitée seulement localement.

Vu et permis d’imprireer :

| JEANSELME Vu le Doyen: ROGER ; Vu et permis d'imprimer |) Le Recteur de l’Académie de Paris

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