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seille des attouchements au bléu de Méthylène, Mais aucune amélioration ne se produit. Elle se présente alors à Ta consultation de l'Hôpital Saint-Antoine. On pratique une biopsie, dont il nous à été impossible de retrouver la trace. À la suite ‘de ces examens, elle subit une série de douze injections. Nous n'avons pu déterminer de quel produit il s’est agi.
Puis, la malade part en Suisse. À cette époque, les lésions n'ont plus de tendance envahissante, Elles paraissent Stabilisées. La douleur persiste toujours, très marquée à là moindre irritation. En Suisse, un dentiste est consulté, et porte un pronostic sévère.
La malade inquiète rentre à Paris le 9 septembre, et vient consulter à l’Hôtel-Dieu.
Nous sommes en présence d’une he de la muqueuse ayant son maximum au niveau de la prémière PR et de la deuxième prémolaire inférieures droites $’étendant en arrière, mais dépassant peu en avant le bord mésial de la canine. 6
La muqueuse à perdu ses caractères northaux, de lisse elle est devenue granuleuse, de rosée, elle a pris une teinte violacée. Par endroits, existent des points pseudo-membraneux grisâtres sur lesquels se détachent les granulations d'une facon nette.
Le cul-de-Sac gengivo-jugal est seulement atteint dans sa teinte, plus hyperhémié que normalement. En revanche, les collets des dents sont peu lésés. Celui de la première prémolaire a perdu cependant tout relief. 1 est le Siège d’une ulcération en croissant dont le bord en contact avec la dent est découpé, inégal. Des lésions analogues mais beaucoup moins prononcées siègent sur les collets de Ja deuxième prémolaire et des molaires. | ,
Les ponts g gingivaux interdentaires sont turgescents, décollés, présentant un cul- de-sac plus ou moins pro-
fond. L'ensemble apparaît donc dépoli, saignant très légèrement au moindre contact, tomenteux.
Les dents sont saines. Il n'existe que quelques caries traitées. L’arcade est complète. Rien d’anormal à signaler sur le reste de la muqueuse.
Au niveau du groupe ganglionnaire sous-maxillaire l’on perçoit un ganglion gros comme une noisette, non douloureux, roulant sous les doigts.
A ces signes physiques, s'ajoute un signe fonctionnel très marqué, la malade souffre sinon d’une façon constante du moins très souvent, sans cause apparente. Par ailleurs, tout contact sur la muqueuse: atteinte, même léger, provoque une exacerbation de ce symptôme. La malade en arrive à ne pouvoir manger qu'en se servant des dents du côté gauche, et redoute mème l'examen le plus discret.
En interrogeant la malade, nous apprenons que, fille unique, ses parents sont en excellente santé. Elle n'a elle-même jamais été malade. Elle ne peut nous préciser que certaines gastralgies s'accompagnant parfois de vomissements, ayant complètement disparu dès l’âge de 20 ans. Elle se marie en 1924, alors âgée de 22 ans. Son mari jouit d'une excellente santé. Jusqu'en 1928, elle ne signale rien qui puisse arrêter notre attention. Mais à cette époque, elle présente une hémoptysie de moyenne abondance. On lui fait une radiographie qui témoigne d’une lésion pulmonaire droite. é
Flle-est soumise à un traitement éonsistant en pointes de feu. On lui prescrit des récalcifiants et de l'huile de foie de morue ; le repos aidant, une amélioration se produit. Elle reprend du poids, et peut mener une vie normale. ;
En 1931, a lieu une rechute ; nouvelle hémoptysie sous forme cette fois de crachats striés de sang. On
te
pratique un examien de l’expectoration qui révèle Ja présence de bacilles de Kocn, on lui fait à nouveau des pointes de feu : la médication qui l'avait améliorée en 1928 est reprise. Mais la malade continue à tousser et à cracher, le matin surtout.
Au bout de quelques mois, progressivement, son état s'améliore. Elle engraisse, ne présente plus de fièvre et peut reprendre sa vie normale.
C’est dans ces conditions que nous la voyons arriver à la consultation, se plaignant, en dehors de ses lésions, d’une toux matinale légère accompagnée d’une expectoration réduite.
À l’auscultation, il existe une légère diminution du murmure vésiculaire et quelques râles nullement symptômatiques de lésion tuberculeuse en évolution.
Etant donné l'aspect et l’évolution de la lésion, les antécédents pulmonaires de la malade et son. état’ actuel, nous portons le diagnostic de lupus primitif de la gencive. Nous faisons un prélèvement biopsique pour confirmer le diagnostic.
Nous envoyons des crachats au Laboratoire.
RESULTATS : Une radiographie du maxillaire inférieur droit par la méthode du profilement est également pratiquée et ne décèle aucune lésion osseuse.
La radio pulmonaire ne montre que des lésions de scéroles à prédominance hilaire.
La biopsie confirme le diagnostic de lupus en montirant des follicules plus ou moins typiques.
L'examen des crachats ne décèle pas de B. K.
Le traitement : Le 17 octobre a lieu la première séance d’ignipuncture sous forme de stries linéaires légères. On continue les séances espacées de trois ou quatre jours. L'amélioration est rapide, si bien que le 21’ novembre, on ne peut plus pratiquer de stries linéaires. On se borne à faire de l’ignipuncture sur
les points encore atteints. Le 12 décembre, la guérison est presque complète, mais il reste quelques points suspects au niveau des languettes interdentaires. L’on continue donc le même traitement et le 23 janvier 1934, la guérison est complète. ;
La malade est revue le 6 février, la guérison se poursuit.
Mais entre temps, l'état général s'est aggravé. L'expectoration est devenue plus abondante, la fatigue et une légère inappétence attirent notre attention. Nous envoyons la malade au Docteur PAuUMmEAU-DEtiLEE pour examen pulmonaire. Il nous répond : « Tuberculose pulmonaire fibrosante bilatérale à prédominance gauche avec cependant actuellement quelques signes cliniques qui commandent le repos et une surveillance particulière ».
Nous conseillons alors un repos à la campagne ou mieux une cure sanatoriale, mais la malade ne se décide pas à partir.