‹ Contribution à l'étude du lymphadénome du testiculeChapitre 3 sur 10 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les nombreux travaux qui ont paru depuis quelques années sur les manifestations inflammatoires du testicule nous ont suffisamment fixés sur leurs caractères anatomiques et cliniques et nous ont permis d’établir entre elles une distinction assez nette assurant à chacune d’elles

une place bien marquée dans le cadre nosologique : en revanche les notions acquises jusqu’à ce jour sur la

nature et les caractères cliniques des altérations néoplasiques de cet organe sont loin d’être aussi précises et nous en sommes réduits encore maintenant, pour ce qui concerne certaines d’entre elles tout au moins, au domaine des hypothèses.

Le temps n’est plus, il est vrai, où l’on confondait dans la même description les différentes variétés de dégénérescence du testicule, où le carcinome vrai était assimilé

au sarcôme, à l’enchodrôme ou aux tératomes de la glande séminale, mais au point de vue clinique a-t-on fait un pas en avant ?

En présence d’une tumeur du testicule, nous serait-il toujours possible d’affirmer la nature, bénigne ou maline de l’affection et à plus forte raison de l’étiqueter d’une épithète permettant de la classer dans telle ou telle variété néoplasique ?

Malgré ces difficultés, on a tenté d’établir une distinction des tumeurs.

Se basant sur les données anatomo-pathologiques récentes MM. Monod et Arthaud ont voulu remédier aux défectuosités et aux lacunes de nos connaissances à ce sujet, dans une excellente étude intitulée : « Considérations sur la classification des tumeurs du testicule » mars 1867, Revue de chirurgie t. VII.

Ges auteurs divisent les tumeurs du testicule en tumeurs complexes et en tumeurs pures.

La première variété comprend deux catégories de tumeurs :

1* Des formations kystiques congénitales variées, dont les inclusions testiculaires et scrotales sont le type le plus élevé, dont les kystes dermoïdes sont la forme la plus rudimentaire :

2* Des tumeurs mixtes avec ou sans formation kystique, composées de deux ou trois tissus fondamentaux plus ou moins confondus dans la même masse néoplasique, ces tumeurs mixtes sont des productions de structure très compliquée; on y rencontre les tissus les plus divers : cellules épithéliales disposées comme dans le carcinôme

vr ai, éléments embryonnaires analogues à ceux du sarcome tissus cartilagineux variés comme dans l’enchondrome, kystes à contenu ou à revêtement épithélial variables, etc..., parfois du tissu osseux véritable, des fibres musculaires lisses et striées, et même du tissu nerveux.

La seconde variété est représentée par les tumeurs pures, que l’on peut diviser également en deux catégories : d’une part, celles qui se développent aux dépeus des éléments du feuillet moyen; d’autre part celles développées aux dépens du feuillet interne et des éléments qui en déri vent.

a. — Dans la première catégorie sont rangés les chondromes, les myxomes, les sarcômes embryonnaires, les

les angiomes, les lymphangiomes et les lymphadénômes.

Toutes ces tumeurs appartiennent originellement au feuillet moyen, elles sont donc de source mésodermique.

b . — Dans la seconde classe des tumeurs pures nous signalons les néoplasmes d’origine endodermique appartenant à un type épithélial.

Les tumeurs épithéliales se présentent sous deux formes: la forme typique rappelant la disposition du tissu glandulaire normal, et la forme atypique ou carcinôme. La forme typique est représentée par la maladie kystique du testicule qui n’est autre qu’un 'épithélioma mucoïde comme l’a si bien démontré Malassez.

Les tumeurs épithéliales atypiques appartenant à la seconde classe correspondent cliniquement au carcinôme qui se présente sous deux formes : Tantôt il revêt l’aspect d’une tumeur diffuse à stroma pen abondant, sujet, à des dégénérescences mucoïdes et colloïdes, à des gangrènes

partielles, à des hémorrhagies multiples réalisant ainsi le type encéphaloïde : tantôt il se présente avec un stroma dense avec éléments cellulaires peu abondants, c’est le squirrhe qui est plus rarement observé.

De toutes ces tumeurs, il en est une que nous étudierons spécialement, le lymphadénome, dont l’histoire anatomique et clinique est digne d’un grand intérêt.

Nous prendrons comme point de départ de cette étude une observation recueillie dans le service de M. Richelot, à l’hôpital Saint-Louis, et qui nous a été communiquée par le Dr Morestin dont les conseils nous ont été si précieux, ce dont nous l’en remercions vivement.

Nous avons dit précédemment que le lymphadénome du testicule appartenait à la catégorie des tumeurs pures, à la variété des néoplasmes qui se développent aux dépens du mésoderme, au même titre que les chondromes, les myxomes, les sarcomes, les angiomes et les lymphangiomes.

Toutefois, malgré cette communauté d’origine, il nous a semblé qu’il était possible d’établir une distinction entre ces différentes catégories de néoplasmes et d’assurer au lymphadénome testiculaire une place bien tranchée dans le cadre nosologique.

Nous allons nous attacher à démontrer que non-seulement il constitue une forme distincte et facile à reconnaître au point de vue structural, mais encore qu’il possède quelques caractères suffisamment marqués généralement pour permettre de les différencier des affections néoplasiques observées dans cette région.

Nous ne nous dissimulons pas les difficultés de notre

tâche ; toutefois nous espérons que si quelques-unes de nos conclusions paraissent prématurées, d’autres recevant plus t ard l’appui d’observations concordant avec les nôtres, seront un jour considérées comme définitives.

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