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Procédé de Jaboulay.
Les différentes étapes du traitement chirurgical de l'hydrocèle avaient conduit, par l'incision simple, puis l'excision partielle, puis l’excision totale à ce qui pou-
vait paraitre le traitement définitif, puisque la viginale
supprimée, toute récidive cessait d’être possible.
\ Et cependant, un dernier perfectionnement restait possible, malgré ces apparences; c'était la suppression fonctionnelle de la vaginale, sans avoir recours à une suppression matérielle par la méthode du retournement que Jaboulay (1) de Lyon, pratiqua le premier, en 1895.
C'est au cours d’une intervention pour hernie inguinale congénitale que l'idée vint à ce chirurgien de supprimer la cavité vagino-péritonéale, sans recourir à la dissection, mais bien en retournant les feuillets de cette vaginale autour du cordon et du testicule.
C'est de cette observation qu'est venue l'idée d'appliquer ce traitement à la cure radicale de l’hydrocèle. |
Dès la même année, en effet, Dayer (2) de Reims, publia une note sur le traitement de l'hydrocèle par éversion de la vaginale mais sans aucune observation.
Enfin Delove(3) de Lyon, en novembre 1897, publia des
(1) JABOULAY. — Province médicale, 1895, p. 139. (2) Arch. provinciales de chirurgie, nov. 18%. (3) DELOvE. — Lyon médical, nov. 1897.
observations d’opérés suivant la méthode de Jaboulay alors que déjà, en 1896, Barral (1) avait publié une thèse sur ce sujet.
Voici comment M. Sébileau (2) résume le manuel opératoire de Jaboulay :
« a) Incision longitudinale du scrotum, aussi étendue que dans la cure radicale ordinaire ;
« b) Décortication du feuillet fibro-vaginal et de son contenu, comme si l’on voulait pratiquer une castration ;
« €) Incision dans toute la hauteur de la viginale décortiquée; évacuation du contenu et retournement de cette enveloppe autour de la partie inférieure du cordon et l'épididyme, fixation dans la nouvelle position, par une suture lâche et peu étendue au catgut ;
« d) Réintégration des organes dans la poche scrotale, sutures cutanées à la soie ou au fil métallique.
Drainage à volonté.
Procédé de M. F. Legueu (3)
Cet auteur a fait du procédé du retournement de la
(1) BaRRAL. — Jnversion de la vaginale dans le traitement de l’'hydrocèle (Thèse de Lyon, 189,6).
(2) Loc. cit.
(8) F. LEGUEU. — Du traitement de l'hydrocèle par l'inversion vaginale, XIIIe Congrès dè Chirurgie (Paris, 1899, p. 664; Chez P. Alcan).
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vaginale, un usage fréquent et une étude qui est publiée dans le compte rendu du 13° congrès de chirurgie de Paris, d'une part, et dans la thèse de son élève Houdé (1), d'autre part. Il décrit minutieusement le manuel opératoire de cette intervention brillante.
Manuel opératoire.
L'opération est rapide, aussi l'anesthésie générale peutelle être supprimée.
On ne cherchera que l’anesthésie locale. Pour cela faire avec une solution de cocaïne à 4 0/0 sur le trajet de l’incision future une injection dans le derme scrotal de deux à trois centimètres cubes de la solution.
On devra avoir soin, ici comme partout ailleurs,
d'attendre trois à quatre minutes après l'injection hypo-
dermique avant de porter l'instrument tranchant sur la zone à inciser, autrement l'anesthésie serait très aléatoire où même nulle.
La région scrotale devra être rasée avec soin puis lavée au savon, avec de l’eau tiède et enfin avec une solution de sublimé au 4/1000°. Le lavage à l'éther est douloureux, donc à rejeter. ‘
Le champ opératoire est limité Comme d'habitude, avec des compresses stérilisées.
Le scrotum est immobilisé de la main gauche.
(1)E. Houpé. — Thèse de Paris. 1899-1900, n° 457.
Premier temps.
Une incision de huit centimètres de longueur est pra-. tiquée lentement, couche par couche, jusqu’à la tunique vaginale que l'on reconnaitra à sa transparence et à son reflet bleuâtre.
A ce moment, les artérioles qui ont pu être sectionnées,
- sont pincées et liées.
Deuxième temps.
Laissant le bistouri de côté il faut commencer le décollement complet du testicule et de la vaginale distendue, les deux organes formant une seule masse confondue. Il faut libérer les adhérences celluleuses qui existent principalement à la partie postérieure du testicule, et pour cela insinuer le doigt entre la surface distendue et les autres tuniques du scrotum.
C'est ce temps qui est letemps véritablement important de l'intervention car c’est de lui que dépendent son succès où son insuccès futurs.
Les opérateurs qui ne c'écollent pas avec soin complétement le testicule et la vaginale distendue éprouvont de la difficulté dans leretournement de la vaginale ou bien même sont dans l'impossibilité de la pratiquer ou bien la réussissent incomplètement. On ne saurait trop insister
avec P. Legueu sur l'importance d'une libération complète et soigneusement poursuivie.
Troisième temps.
La vaginale est alors largement incisée. Doyen ne fait qu'une petite incision. Cette manière de faire présente l'inconvénient de rendre la sortie du testicule, hors de la séreuse, douloureuse, et quelquefois même difficile.
Le liquide est évacué et le testicule hernié à travers l'orifice vaginal; on procède à une inspection minutieuse de tous les organes contenus dans la vaginale, et les corps étrangers qui peuvent s'y trouver sont excisés.
Quatrième temps.
La vaginale est retournée au dessus de l'épididyme, comme on retournerait un doigt de gant, de façon à entourer la partie inférieure du cordon.
Il faut alors, pour éviter le retour de la vaginale dans sa position normale, la fixer dans sa nouvelle position par deux points de suture au catgut, l'unissant aux éléments du cordon. Ces deux sutures ayant pour but le maintien de la vaginale éversée, ne devront pas être trop serrées
pour éviter la compression du cordon au niveau des points de renversement des feuillets (1).
Ce dernier temps de sutures de la vaginale dans sa nouvelle situation, en éversion, est le second point de la dernière importance, sur lequel nous désirons fixer l'attention de la façon la plus catégorique. Il peut paraître secondaire, à première vue, une fois la vaginale bien éversée de compter qu'elle gardera sa nouvelle position, sans possibilité apparente de reprendre sa position normale, ou bien de la forcer à garder la position que lui a donnée l'opérateur par deux ou trois points de suture.
Et pourtant, loin d'être secondaire, cette nécessité de la suture, est primordiale; c’est en s’y conformant que l'on aura régulièrement des succès, et c'est en la négligeant que l'on s'exposera à des mécomptes. Les observations des auteurs qui ont pratiqué cette intervention un certain nombre de fois, ainsi que l’une de nos observations personnelles, sont là pour prouver que l'absence de sutures de la vaginale dans le retournement exposent très souvent, on pourrait presque dire, exposent toujours à des récidives plus où moins étendues, plus ou rnoins importantes, mais suffisantes pour obliger le malade à revenir consulter.
Cinquième temps.
Vaginale et testicule sont réintégrés dans les enveloppes
(4) HouDé. — Loc. cit.
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du scrotum. Une hémostase soigneuse sera faite par la ligature ou la torsion des artérioles, et par un léger tamponnement sur l'hémorragie en nappe pouréviter la formation d'un hématome secondaire.
La peau est suturée au cuir, sans drainage, un pansement antiseptique compressif sera appliqué sur le scrotum pour n'être retiré que huit jours plus tard, au moment de l'enlèvement des fils (L).
Le manuel opératoire que nous préconisons est donc celui de F. Leguen, en ayant soin de donnér, éomme lui, une grande importance à la libération attentive ét complète de la masse formée par l'hydrocèle et le testicule, et en insistant sur la nécessité absolue de né jamais se dispenser de fixer la vaginale dans sa situation nouvelle par quelques points de suture, sous peine d'avoir fait une intervention inutile, suivie à brève échéancé, au bout d'un mois, dans notre observation, d'une récidive qui obligera l'opérateur à faire, au cours d'une deuxième opération, ce qu'il avait négligé dé faire, au cours de la première.
(4) Houpé. — Loc. cit. LEGUEU. — Loc. cit.