‹ Contribution à l'étude du mégacôlon chez l'enfantChapitre 26 sur 55 · O7 RE · texte numérisé non relu

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12 juin. — L'enfant va régulièrement à la selle et toujours spontanément : selles molles, jaunes, normales. Aucune constipation. L'abdomen est très peu ballonné. Aucune masse nest sentie. Les autres organes sont normaux.

Enrésumé, il s'agit d'une enfant rachitique et tuberculeuse qui à présenté un tÿmpanisme abdominal avec une phase de constipation sérieuse se terminant par l'élimination d'un coprôme.

Pour M. Marfan, il s'agirait d'un eas limité pouvant évoluer ultérieurement, soit vers la dolicocolie simple, soit vers le syndrome de Hirschsprung.

Pour M. Barret, au point de vue radiologique, il ne s'agirait dans le cas particulier, ni d'un mégacôlon ni d’un dolicocôlon, mais «d’un allongement un peu exceptionnel du côlon recto-sigmoiïidien avec formation de plusieurs replis ».

Il nous à paru intéressant de publier cette observation comme exemple de faux mégacôlon. Nous pouvons donc conclure qu'il est important de savoir reconnaître les dilatations ou les allongements rachitiques du gros intestin chez l'enfant qu'un lavement opaque peut exagérer au point de faire faire un diagnostic de dolicocôlon ou de mégacôlon.

Observation II (Service de M. le Professeur MARFAN)

Due à l'obligeance du D' Lesrocquoy.

Cécile F..., née le 9 juin 19233. Entrée le 22 septembre 1923 à l'hospice des Enfants-Assistés dans le service du Professeur Marfan sans renseignements.

Examen à l'entrée : poids : 2 kg. 840. Taille : 52 centimètres.

Athrepsie : disparition du pannicule adipeux partout. Pas de ganglion sus-épitrochléen, ni de grosse rate.

Fontanelle postérieure encore ouverte. Hernie ombilicale.

Cuti-réaction : négative. Alimentation au lait de femme.

95 octobre 1993. — L'enfant maigrit malgré l'allaitement au sein ; alors on le met au lait d'ânesse.

ETés res

5 novembre. — Augmentation de poids. On complète le lait d'ànesse par du babeurre. 1ympanisme abdominal considérable.

Cuti-réaction deux fois négative.

15 novembre. Examen de M. Marfan. — En présence de l'énorme tympañisme abdominal que présente la petite malade, M. Marfan discute le diagnostic de maladie de Hirschsprung. Or il n'y a ici ni diarrhée, ni constipation, ni vomissements. M. Marfan, en présence de ce cas de tympanisme chronique, écarte d’abord la série des tympanismes avec diarrhée chronique qui relèvent d’ulcération intestinale.

Dans un deuxième ordre de faits se range le tympanisme chronique avec constipation chronique ; c'est la maladie de Hirschsprung dont on ne saurait porter ici le diagnostic.

Restent les tympanismes sans diarrhée et sans constipation chronique, qu'on peut observer dans la péritonite tuberculeuse, l'adénopathie mésentérique.

La cuti-réaction ayant été constatée négative à plusieurs reprises, on peut éliminer ce diagnostic. Enfin il faut rechercher les tumeurs congénitales. Avant de conclure, M. Marian demande une radio.

Radioscopie. — Pneumatose intestinale énorme ; étage abdominal démesurément agrandi aux dépens de l'étage pulmonaire dont la hauteur est infime. Ë

Estomac vide deux heures après la tétée. L'enfant ne peut absorber que quelques eme. de liquide opaque.

Examen méthodique de l'estomac impossible ; on note seulement que l'organe est dévié, écrasé contre la paroi dorsale du fait de la compression qu'il subit

20 novembre. — L'enfant boil lrès mal, mais ne vomit pas. Tympanisme abdominal considérable, Polyadénie axillaire, inguinale, sus-épitrochléenne. Cuti-réaction douteuse. Bordet-Wassermann négatif.

21 novembre. — Culi-réaction négative.

23 novembre. - Sérothérapie antidiphtérique pour essayer

de faire grossir l'enfant.

20 décembre — L'enfant continue à perdre du poids.

3 janvier (1924). —3 kg. 450.

24 janvier. — Faciès toxique. Pas de vomissements, ni de diarrhée. Température très élevée 400.

A l'auscultation des poumons on entend aux bases, en arrière, des râles crépitants, vraisemblablement d'atélectasie pulmonaire.

Pas de coryza, mais muco-pus dans le pharynx. On prescrit du sérum anti-pneumococcique.

Ü mars. — Pannicule adipeux du ventre très mince mais conservé aux membres et à la face. Erythème des fesses. Polyadénie cervicale, axillaire et inguinale.

Ventre tendu. Tympanisme abdominal modéré ; le ventre a déjà été beaucoup plus volumineux qu'actuellement. Mucopus dans le pharynx.

8 mars 1924. — Eramen de M. Marfan. Pas de constipation ni de diarrhée. Suture sagittale largement ouverte, suture métopique encore ouverte. Fontanelle postérieure largement béante. Chapelet costal net. Pas de bourrelet sus malléolaire ni de gonflement du poignet. Polyadénie. Erythème érosif des fesses. Pannicule adipeux du ventre très mince, presque disparu. Ventre trilobé paralytique. Le ventre est aujourd'hui peu distendu. Coryza purulent peu important ; on fait un ensemencement. L'enfant grossit très peu. A neuf mois elle ne pèse que #4 kg. 310. Sonorité normale en avant et en arrière du thorax. Cyphose réductible des rachitiques. Ramollissement des bords des sutures. Les deux astérions sont tout à. fait ramollis, pas de vrai cranio-tabès. Début d'hydrocéphalie. On prescrit le novarsénobenzol, sous-cutané à la dose de 1 centigramme deux fois la semaine.

Radioscopie. — Après lavement le bismuth pénètre facilement dans le rectum et s'engage dans l’anse sigmoïde. Mais l'examen est rendu difficile par le fait que l'enfant pousse et chasse le lavement opaque. Il n'y a aucune espèce de paralysie de l'intestin. Le bismuth pénètre enfin plus profondé-

Re

ment. L'anse sigmoïde est plus distendue, remonte presque jusqu’au diaphragme, dessinant une courbe allongée tout entière située dans le flanc droit.

Le bismuth s'engage ensuite dans une longue anse, puis

F6, 4. — Dolicocôolon sigmoïdien sans mégacolon

\Cliché Barker est expulsé sans qu'il soit possible de préciser la position des côlons.

12 mai. — Radiographie. — L'enfant est vu après avoir pris | la veille du bismuth par la bouche aux heures suivantes 2

2h., 16h, minuit, 6 h. du malin. Examen à midi par | M. Barret,

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Pas de bismuth dans l'intestin qui est transparent dessinant ses anses dans l'abdomen et refoulant très haut le diaphragme. Le bismuth de la dernière prise reste seul dans l'estomac.

Dans les dernières portions du gros intestin, quelques trainées restent adhérentes aux parois.

L'enfant a été passé à l'Isolement le 10 mars pour léger coryza séro-purulent avec présence de bacilles diphtériques moyens et longs constatés dans des examens successifs.

Le 11 mars, l'enfant fait une brusque poussée thermique jusqu'à 42°, Rien ne semble en apparence capable d’expliquer cette énorme hyperthermie.

M. Marfan émet l'hypothèse d'un choc anaphylactique dû à l'injection de sérum anti-diphtérique que l'enfant vient de recevoir, puis celle de septicémie.

Mort le 13 mars 1924.

Autopsie (M. Marfan, le 14 mars).

Ouverture de l'abdomen. — Le rectum, le côlon ilio-pelvien forment une anse remarquablement longue se dirigeant à droite. Sur cette anse une zone dilatée (putréfaction cadavérique).

Dans son ensemble cette anse est rétractée, mais considérablement allongée.

Cette première anse-ilio-sigmoïdienne est de faible calibre, logée toute entière dans la fosse iliaque et le flanc droit. L’anse redescend obliquement en bas et à gauche jusque dans la fosse iliaque gauche et elle se continue avec le côlon descendant de calibre beaucoup plus considérable.

Le côlon descendant dessine un véritable S colique soussplénique et se continue par son intermédiaire avec le côlon transverse allongé.

A l'union avec l'anse en S sous splénique le côlon transverse présente une zone rétrécie.

Le côlon ascendant est allongé et replié sur lui-même. Le cæcum est notablement distendu.

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