NÉE A LAN
et de gaz. Toutes ces dispositions entraînent une grande gêne à la progression des matières, une obstruction incomplète, ce qui amène un surcroît de travail du côlon, d’où son hypertrophie et sa dilatation.
2 Une dystonie nerveuse vago-sympathique, un mauvais fonctionnement neuro-musculaire peuvent créer des spasmes du sphincter recto-sigmoïdien, anal, ou l’achalasie du sphincter recto-sigmoïdien ; autant d'obstacles qui expliquent la formation de la dilatation hypertrophique du côlon.
3° Dans un autre ordre de faits, on constate l’existence du mégacôlon avec une encéphalite épidermique, une syphilis cérébro-spinale, un spina-bifida, avec des troubles endocriniens (myxœdème, acromégalie), avec une myopathie. Ces faits peuvent donner une certaine lumière sur la pathogénie du mégacôlon, mais nous montrent toute la complexité du mécanisme pathogénique.
4° L'existence de valvules muqueuses constatables au rectoscope et parfois au toucher rectal par le doigt qui les accroche souvent au retour, mais non retrouvées à l’autopsie ou après l’opération une fois
le côlon étalé, explique certains cas de mégacôlon.
On ne tient évidemment pas compte des cas de mégacôlon consécutif à un rétrécissement congénital, à une stricture par bride, à une valvule nette très sténosante formée de tissu rigide (cas de Delbet) où il est question de dilatation sus-stricturale commune et non de mégacôlon sans sténose évidente.
Tous ces faits montrent que le mégacôlon relève d’une pathogénie complexe, encore obscure malgré les moyens d'exploration dont nous disposons actuellement (radioscopie, radiographie, lavement opaque, rectoscopie).
C’est dans l'intention de nous faire une conception sur cette question difficile que selon l’idée qui nous a été suggérée par notre maître, Monsieur le Professeur Nobécourt dont nous sommes le très humble élèvé, nous avons étudié un certain nombre d’observations de mégacôlon. Nous tâcherons d’en dégager quelques idées relatives à la pathogénie, l’étiologie, la symptomatologie et le traitement de cette curieuse affection.
Nous avons abordé l’étude de ces observations sans aucun parti pris ; nous avons éliminé les observations peu complètes dont le diagnostic n’est pas fermement posé ou dont l’histoire ne relate pas suffisamment la succession des symptômes. Nous avons adopté, pour classer ces observations, une base clinique, car seule la clinique doit nous guider dans l'étude des maladies, et nous nous sommes appuyé sur les renseignements cliniques, anatomo-pathologiques et théra-
peutiques pour remonter à la pathogénie.