‹ Contribution à l'Étude du MégaduodénumChapitre 2 sur 14 · MONSIEUR LE PROFESSEUR AGRÈGE ROUX · texte numérisé non relu

MONSIEUR LE PROFESSEUR AGRÈGE ROUX

Introduction

La dilatation chronique du duodénum est une affection arement observée.

En Amérique Bloodgood, Ven Der Hoof et Roberts en publièrent successivement trois cas ; Bianchini en Italie en apporte un quatrième : enfin, Schmidt et Ohlv en Allemagne en présentèrent un cas d’origine congénitale avec diverticule.

En France, nous devons mentioner les observations de Victor Pauchet, Pierre Duval, J. Charles Roux, Ray mond Grégoire, Henri Béclère, J. Gatelier, Moutier et Pernet.

Plus récemment Raoul Marchioni d’Alger en publia deux cas.

Aussi, avons nous eru intéressant nous l’inspiration de notre maître M. le professeur Massabuau de faire connaître un cas nouveau de dilatation chronique du duodénum.

Nous essayerons d’en faire l’étude clinique et riadiologique et nous terminerons parun rapide aperçu thérapeu-

tique.

Rappel Anatomique

Le duodénum est la partie initiale de l’intestin grêle qu s'étend du pylore à l’angle duodéno-jéjunal. Il ceupe la partie postérieure et supérieure de la cavité abdominale. À son origine il est superficiel puis se rapproche de la colonne vertébrale et devient alors profond.

Il est fixé par le péritoine, par le canal cholédoque et les canaux exeréteurs du pancréas, par ses vaisseaux propres et ses nerfs, enfin par un faisceau musculaire spé cial : le musele de Treitz.

1 à le plus souvent la forme d’un anneau de courbe régulière ce qui permet de lui distinguer 4 portions : une première portion dirigée à droite en haut et en arrière jusqu'au col de la vésicule biliaire; une deuxième portion descendant verticalement le long du bord droit de la tête du pancréas ; une troisième portion dirigée horizontalement de droite à gauche, passant sous les vaisseaux mésentériques supérieurs :; enfin une quatrième portion ascendante remontant sur le côté gauche de la colonne vertébrale, jusqu’au niveau de la deuxième vertèbre lombaire, où elle se termine en se continuant avec le jéjunoiléon et formant l’angle duodéno-jéjunal,

Le duodénum a une longueur de 25 centimètres ; son cahbre est irrégulier ; son diamètre mesure environ, SUIvant la région, de 3 à 4 centimètres, Sa capacité est de 110 centimètres cubes en movenne.

Configuration intérieure.

La muqueuse du duodénum a les caractères généraux de la muqueuse de {out l'intestin grêle, Elle présente en effet des villosités, des valvules conniventes et des follicules clos.

En plus de ces éléments, la surface muqueuse du duodénum présente deux formations particulières, la grande

et la petite caroncule.

La grande caroncule est une saillie conique située sur la face interne de la deuxième portion du duodénum qui, dans la moitié des cas environ, est creusée d’une cavitc Pampoule de Vater au fond de laquelle s’abouchent le canal cholédoque et le canal de Wirsune.

La petite caroncule est une saillie également conique située au-dessus ef un peu eu avant de la grande caroncule. Le sommet en est occupé par l’orifice d’abouchement du canal de Santorini.

RAPPORTS DU DUODENUM

1) Avec le pancréas.— Le pancréas est un diverticule du duodénum primitif, il en représente une évagination, ce qui explique leur intimité. En effet les quatre portions du auodénum font le tour de la tête du paneréas et sont intimement unies à elle.

2) Avec le péritoine. — Dans son ensemble le péritoine duodénal est divisé en trois parties par les racines du mésocolon transverse et du mésentère.

Au-dessus du mésocolon la face antérieure des première et deuxième portions du duodénum ainsi que la face postérieure de la première portion sont revêtues par le péritoine.

3) Avec l'artère mésentérique supérieure. L’artère mésentérique supérieure passe en avant de la face antérieure de la troisième portion du duodénum.

Vaisseaux el nerfs. — Lie duodénum recoit ses artères de deux sources différentes: FL’artère gastro-duodénale, branche de l’hépatique et l’artère mésentérique supéric"ire.

La première portion recoit des rameaux nerveux qui proviennent des nerfs du foie, ce sont les nerfs duodénopyloriques ; les autres portions recoivent des filets nerveux qui viennent du plexus solaire et des ganglions mé: entériques supérieurs.

NE

Physiologie normale

et Pathologique du Duodénum

On peut décrire au duodénum deux grandes fonctions: la motricité et la sécrétion.

Le bulbe reçoit le chyme gastrique et le garde perdant un temps variable de quelques secondes à 2 ou 3 minutes suivant la position du sujet, ce temps sera plus long dans le décubitus horizontal.

Le tube duodéna!l proprement dit, a un transit plus rapide quelques secondes à peine.

Sur les radiographies, à l’état normal, le bulbe se dessine alors que le restant du duodénum est à peine indiqué par une image très fine dite en « barbe de plumes ».

Le bulbe se vide par des contractions d’ensemble, auxquelles s'ajoutent de temps en temps de petites ondes superficielles.

Le tube duodénal est le siège d’ondes péristalliques et antipéristalliques et de contractions massives qui tendent à vider son contenu dans le duodénum.

Dans le mésaduodénum, le transit intestinal est altéré. le contenu stagne pendant un temps parfois très prolon-

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