INTRODUCTION
Le Métabolisme de l'Iode chez les animaux et plus particulièrement chez l’homme est d'une extrême importance physiologique en raison (le l'influence considérable et mystérieuse de la glande thyroïde sur le développement normal ou anormal de l'individu.
Il est absolument certain que le Métabolisme de l’Iode préside à la croissance de l'organisme. Bien des perturbations connues et sans doute inconnues n'ont chez les adolescents d'autres causes que la déficience ou l’altération de la sécrétion iodée.
L'iode et son métabolisme nous obligera ainsi, débordant du domaine de la Physiologie générale, à ajouter quelques considérations sur ses rapports avec la Physiologie Médicale, la question étant intimément liée.
De même, la présence de l’iode dans les corps organisés étant fonction, nous le verrons, de sa présence dans les corps telluriques, nous serons contraints de jeter un rapide coup d'œil sur ces derniers.
Les observateurs qui ont été sensibles à la présence de l’iode dans la nature, nous ont laissé des travaux aussi intéressants qu'importants, tant par leurs difficultés que par leurs résultats.
Tel CHATiN (1) qui, à la suite d'analyses longues et considéra-
bles, parvient, en 1850, à constater la présence de l’iode, en quantités minimes mais appréciables, dans les eaux de pluie et surtout de pluie d'orage, dans certaines: plantes terrestres et aquatiques, dans certains aliments.
Mais CnaTiN reconnaît que Canru (2), de Turin, est le premier qui ait signalé la présence de l’iode dans les eaux potables et que c’est à ce chimiste que revient l'honneur de cette découverte.
Toutefois, au point de vue historique, nous devons noter que vers 1832, (rappelons que Courrois (1) avait découvert l'iode dans les varechs en 1813), Lecog (2) signalait dans un mémoire à l'Académie du Gard les effets particuliers d'engrais salins iodés en agriculture et que vers 1835, en Espagne, on attribua à la présence d'iode contenu dans les engrais obtenus par la fermentation de plantes aquatiques et marines utilisés pour la culture de la vigne, l’immunité des plants de vigne envers l’oïdium. Le sol recevant par cet engrais une moyenne d'’iode évaluée à l'époque à 1
À côté de CrariN, CANTU, citons également les noms de MULLER, ANGELINI, River, BoussINGAULT, O. HENRY, etc.
Conseillé et encouragé par notre maître Enmoxn CouvreuRr, Professeur de Physiologie générale à la Faculté des Sciences de Lyon, nous avons effectué quelques recherches destinées à apporter notre contribution à la question si intéressante du Métabolisme de l’Iode.
À une certaine époque, on avait pensé que l’iode se rencontrait, dans la totalité des corps.
Il résulte cependant, quand on envisage les analyses qui ont été faites, que l’iode paraît distribué avec une certaine parcimonie chez les corps organisés et d'une façon relativement restreinte dans les corps telluriques.
Il semble que l'iode est nécessaire à l'accroissement de certains éléments qui puisent cet iode dans les milieux qui, cependant, n'en contiennent souvent que des doses extrêmement faibles.