LÉSIONS OSSEUSES
Dans un certain nombre de cas, on a trouvé d’anciens foyers de fracture cranienne. Chose remarquable, ces vieux foyers de fracture, non seulement sont parfaitement cicatrisés, mais encore sont habituellement le siège d’hy -
1 Kôppe, Deutsch. Archiv. für. klin. Med., 187.
2 Schüle, Zandbuch der Geisterkrankh., 1877, p. 289.
3 Wendt, Allgem. Zeit. f. Psych., XXXI, 1881.
4 Echeverria, De la trépanation dans l’épilepsie par traumatisme du crâne (Archiv. gén. de méd., 1878).
5 Féré, L'Épilepsie et les épileptiques.
dt — perostoses plus ou moins étendues, dont le maximum correspond au foyer de la fracture.
Les commémoratifs laissent souvent douteux le point de savoir s’il y à eu ou non fracture lors du traumatisme. Mais on observe si souvent de l’hyperostose localisée aux régions antérieurement frappées par le traumatisme que ce trouble trophique parait bien indépendant de l’existence d’une fracture antérieure. L’hyperostose localisée est en effet si fréquente dans les cas d’accidents nerveux tardifs des traumatismes craniens qu’elle y peut être considérée comme la règle. Souvent, Les chirurgiens ont signalé que les points où ils opéraient avaient subi un certain degré d’épaississement et de condensation ; à force d’être répé tée, cette assertion est devenue banale, Gette fréquence de l’ostéite condensante avait déjà frappé le D' Girard- Marchand qui, dans son rapport à la Société de Chirurgie de Paris sur les interventions dans les accidents tardifs des traumatismes céphaliques (rapport lu et approuvé dans la séance du 9 octobre 1892), fait observer que cette zone hyperostosée peut s'étendre en largeur de plusieurs centimètres et doubler ou tripler l’écart des deux tables.
Sur cette fréquence de l’hyperostose localisée, M. Pierret a édifié toute une théorie pathogénique des accidents nerveux tardifs des traumatismes craniens, qu’il a étendue aux cas d’idiotie microcéphalique des épileptiques dégé nérés,etc: Nous y reviendrons. Contentons--nous pour le moment de cette constatation : l’hyperostose localisée est une lésion vulgaire dans les cas d’accidents nerveux tardifs des traumatismes craniens.
Cette hyperostose peut d’ailleurs affecter toutes les formes. Elle peut même ne pas rester localisée : on l’a vue
DENT ÉARSLSSE
se diffuser et s'étendre sur un grand espace de la voûte cranienne, constituant ces hyperostoses diffases des os du crâne qui ont nécessité plusieurs opérations successives. Le plus souvent, elle reste localisée, tout en étant encore d'aspect variable. Réduite fréquemment à un simple épaississement de l’os avec condensation de sa substance, souvent effacement du diploé, et augmentation de la densité, elle peut alors être à peine signalée par le chirurgien. D’autres fois, elle affecte la forme de saillies osseuses déprimant plus ou moins profondément la dure-mere. Quelquefois, il s’est agi de véritables épines osseuses plongeant jusque dans le cortex. Dans tous les cas, celuici était supposé irrité directement par compression, lors même qu’il s'agissait d’une dépression à peine sensible de la dure-mére.
Si l’hyperostose localisée a été parfois la seule lésion macroscopique signalée, elle a été souvent aussi accompagnée d’autres lésions macroscopiques de nature différente. |
Après toutes les variétés d’hyperostose, citons parmi les lésions osseuses souvent signalées les esquilles d’importance variable, parfois fichées perpendiculairement sur les enveloppes du cerveau et pénétrant même dans celui-ci, d’autres fois inclinées sur la dure-mère, et n’entamant guère que la surface de cette membrane.
Citons encore des dépressions limitées de profondeur très différente suivant lesobservations, des enfoncements, des embarrures et nous en aurons fini avec les lésions osseuses. Remarquons en passant que ces lésions étaient souvent de nature à ne produire qu’une faible déforma -
tion de la dure-mere.
Rte
LÉSIONS SOUS-CRANIENNES
Dans certains cas, les lésions osseuses manquent complètement (si surtout on néglige comme peu important un léger degré d’épaississement de Ja paroï cranienne).
Les lésions incriminées étaient sous-jacentes au crâne et ici encore leur nature se trouve fort variable. Tantôt c’est un foyer purulent collecté entre la dure -mère et la voûte cranienne, ce que les Allemands nomment abcès de P. Pott, tantôt c’est un léger épaississement de la duremère avec adhérence à la paroi osseuse, ailleurs ce sont d'anciens foyers d’hémorragie extra-dure-mérienne, foyers cicatrisés et envahis par du tissu de sclérose, ou bien un épaississement de la dure-mère avec pincement de celle-ci entre les bords d’une solution de continuité osseuse.
Souvent le chirurgien est arrivé jusqu’à la dure-mère sans avoir rien trouvé et la dure-mère était absolument saine,
Certains indices : la suppression des battements de Ja dure-mère (signe de Roser), un changement de coloration de la dure-mère ont dans quelques cas fait supposer que l’espace sous-dure-mérien n’était pas libre et déterminé le chirurgien à inciser la dure--mère. D'autres fois c’est de propos délibéré que le chirurgien a incisé cette membrane pour faire une exploration de la surface corticale (craniectomie exploratrice) et on a pu trouver alors d’autres lésions.